C'est ma tasse de teanager

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C'EST MA TASSE DE TEANAGER

N° dépôt S.A.C.D. : 148828


Court-Métrage
de
Franck Laisné

Genre :



Comédie sentimentale





PERSONNAGES :

TIPHANIE : la jeune femme amoureuse
CEDRIC : l'écrivain trentenaire
FLORENCE : la femme fantôme






Cédric boit son café, il est filmé en extérieur jour en fumant une cigarette à la terrasse d'un restaurant.


Tiphanie : Je peux m'asseoir à votre table ?
Cédric : Oui. Si tu veux.
Tiphanie : J'ai fini mon service, alors j'en profite pour vous voir.
Cédric : C'est gentil.



Tiphanie s'assoit à sa table.


Tiphanie : Vous écrivez quoi ? Un best-seller ou des mots d'amour ?
Cédric : Ça ne te regarde pas.
Tiphanie : Je parie que vous écrivez à votre petite amie.



Cédric se met à pleurer en sanglotant.


Tiphanie : Je suis désolée, Cédric. J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas dire.
Cédric : Ce n'est rien, Tiphanie. Ce n'est pas de ta faute.
Tiphanie : Je n'aime pas vous voir pleurer.
Cédric : Tu es adorable. Si seulement, j'avais 15 ans de moins...
Tiphanie : Vous voyez que vous m'aimez.
Cédric : Oui, mais je pourrais presque être ton père…
Tiphanie : Vous exagérez.
Cédric : Non, c'est la vérité.
Tiphanie : C'est vrai que vous êtes vieux. Vous pourriez même être mon grand-père.
Cédric : Ah, ah, ah. Tu ne manques pas d'air.
Tiphanie : Vous voyez qu'il vous arrive de rire ?
Cédric : Oui, ça m'arrive. Mais tu ne sais rien de moi. Je ne suis qu'un salaud.
Tiphanie : Ah, oui ? Vous êtes un tortionnaire de la guerre d'Indochine ?
Cédric : J'ai un bon alibi. Je n'étais pas né.
Tiphanie : Ça ne veut rien dire. Vous êtes peut-être la réincarnation d'un ancien criminel de guerre ?
Cédric : Ah, ah, ah. (Rire moqueur). Ce que j'ai fait ne te regarde pas.
Tiphanie : Pourquoi vous ne voulez pas me répondre ?
Cédric : C'est personnel. O.K ?
Tiphanie : Excusez-moi. Je suis pénible.
Cédric : Oh, oui. Beaucoup plus que tu ne le crois.
Tiphanie : Il ne faut pas m'en vouloir. Je m'intéresse à vous. C'est tout.
Cédric : Moi aussi. Je t'aime bien. Je voudrais mieux te connaître.
Tiphanie : Qu'est-ce que vous voulez savoir sur moi ?
Cédric : Je voudrais connaître ta vie.
Tiphanie : Elle est très banale. Il n'y a pas de quoi écrire un roman.
Cédric : Ça tombe bien. Je n'ai pas envie d'écrire.
Tiphanie : C'est génial ! Vous vous intéressez à moi.
Cédric : Bien sûr. Je t'aime beaucoup.
Tiphanie : Je ne suis qu'une petite serveuse et vous êtes un grand écrivain.
Cédric : Tu es complexée ?
Tiphanie : Oui. Vous m'impressionnez.
Cédric : Tu sais, Tiphanie, tu es une fille intelligente et je t'admire beaucoup.
Tiphanie : Je n'ai même pas été capable de faire des études.
Cédric : Moi, non plus. Je suis un pur autodidacte.
Tiphanie : Oui, mais vous êtes brillant...
Cédric : Et, toi, tu es loin d'être idiote.
Tiphanie : Si vous le dites.
Cédric : Pourquoi n'as-tu jamais travaillé à l'école ?
Tiphanie : Je passais mon temps à rêvasser.
Cédric : Tu t'ennuyais ?
Tiphanie : Oui. Les cours, c'était pas super.
Cédric : Tu préférais t'intéresser aux garçons ?
Tiphanie : Pas vraiment. Mes copains de classe étaient beaucoup trop gamins pour moi.
Cédric : Je l'aurais parié.
Tiphanie : Parié quoi ?
Cédric : Je suis sûr que tu es une surdouée, Tiphanie.
Tiphanie : Vous vous foutez de moi ?
Cédric : Non. Je ne plaisante pas.
Tiphanie : C'est gentil. Mais je suis toute surprise.
Cédric : C’est la pure vérité.
Tiphanie : Vous êtes la seule personne qui me respecte, avec ma mère.
Cédric : Tu me parles souvent d’elle. Tu dois beaucoup l’aimer ?
Tiphanie : Oui. Elle est géniale !
Cédric : Pourquoi tu ne me parles jamais de ton père ?
Tiphanie : Je ne le connais pas. ( Elle pleure). Il n’a jamais voulu me reconnaître.
Cédric : Je suis désolé. J’ai commis une maladresse.
Tiphanie : Ce n’est rien comparé au réconfort que vous m’apportez.
Cédric : Je crois que je viens de comprendre.
Tiphanie : Qu’est-ce que vous avez compris ?
Cédric : J’ai 35 ans et toi 19. Ça explique beaucoup de choses. Tu ne crois pas ?
Tiphanie : Vous n’êtes pas bête, même si souvent vous vous comportez comme un gros ours mal léché.
Cédric : A propos de nounours : pour moi, tu n’es encore qu’une gamine.
Tiphanie : Je suis majeure et vaccinée. Ma mère ne portera pas plainte pour détournement de mineure...
Cédric : Oui. Mais tu es beaucoup trop jeune pour moi.
Tiphanie : Peut-être... Mais vous, au moins, vous m’intéressez...
Cédric : Contrairement aux bébés de ton âge...
Tiphanie : Oui.
Cédric : Je suis trop vieux pour toi.
Tiphanie : Vous l’êtes pour tout.
Cédric : Pourquoi tu dis ça ?
Tiphanie : Vous êtes toujours célibataire.
Cédric : Et alors ?
Tiphanie : Vous refusez le bonheur et l’amour. Je me trompe ?
Cédric : Je n’en sais rien. Je vais régler ma note. Il faut que j’y aille.
Tiphanie : Vous voulez aller où ?
Cédric : Ça ne te regarde pas.
Tiphanie : S’il vous plait. Dîtes le moi.
Cédric : Je ne voulais pas que tu le saches, mais j’ai une copine.
Tiphanie : Je suis déçue. Je pensais que vous étiez célibataire. Elle est chez vous en ce moment ?
Cédric : Oui. Elle m’attend dans ma chambre.
Tiphanie : Je suis sûre que vous l’avez enfermée dans le placard.
Cédric : Je ne suis pas un bourreau.
Tiphanie : Je sais. Votre copine, c’est une poupée gonflable.
Cédric : Ah, ah, ah ! ( Rire vexé). Très drôle.
Tiphanie : Vous voulez bien me la présenter votre copine en latex ?
Cédric : Tu ne crois pas que j’ai une petite amie ?
Tiphanie : Je ne sais pas. Il y a longtemps que vous la fréquentez ?
Cédric : Depuis un peu plus de trois mois.
Tiphanie : Qu’est ce qu’elle est discrète...
Cédric : Ce n’est pas le genre de femme à se faire remarquer. C’est ce que j’aime chez elle.
Tiphanie : Ah, ça ! Pour être discrète, elle est discrète. Elle l’est tellement qu’elle en est même invisible.
Cédric : Pourquoi tu dis ça ?
Tiphanie : Vous déjeunez tous les jours ici. Non seulement je ne l’ai jamais vue, mais en plus, vous n’avez jamais fait la moindre allusion à cette femme.
Cédric : Tu ne me crois pas ?
Tiphanie : Non. Je ne peux pas être plus franche.
Cédric : Je ne sais pas mentir.
Tiphanie : On voit tout de suite que vous n’avez jamais suivi les cours Florent.
Cédric : Je suis un médiocre comédien. Il faut dire que le théâtre, ce n’est pas mon truc.
Tiphanie : Et le cinéma. Vous aimez ?
Cédric : J’adore regarder des bons films.
Tiphanie : Ça tombe bien. Ils passent cet après-midi « love me ». Vous m’offrez le ciné ?
Cédric : Avec plaisir, Tiphanie.
Tiphanie : C’est vraiment gentil.
Cédric : Non, c’est normal.


Cédric met la main dans sa poche et il en sort un billet.

Cédric : J’ai deux places gratuites.
Tiphanie : Si votre budget est dans le négatif ce mois-ci, il ne faudra pas dire que c’est de ma faute.
Cédric : Ça me fait penser qu’il faut que je règle ma note.


Cédric sort un billet de sa poche et il le donne à Tiphanie.

Cédric : Tiens.


Tiphanie prend son billet.

Tiphanie : Merci.


Tiphanie cherche de l’argent dans ses poches pour lui rendre la monnaie.

Cédric : Ne cherche pas. C’est le pourboire.
Tiphanie : Monsieur est généreux. Merci, Cédric.
Cédric : On va au ciné ?
Tiphanie : Ouais.


Cédric, accompagné de Tiphanie se dirige vers sa voiture.

Tiphanie : J’aime bien votre bolide. On dirait une voiture de star.
Cédric : Puisque ma bagnole te plait, tu seras ma Marilyn.


Cédric ouvre la portière du côté passager et il fait la révérence devant la jeune fille.

Cédric : La voiture de mademoiselle est avancée.
Tiphanie : Merci, chauffeur.


Tiphanie rentre dans la voiture, ensuite Cédric referme la portière juste derrière elle. On voit le visage de la jeune fille filmé en gros plan en intérieur jour en train de poser sa tête sur l’épaule de Cédric qui conduit l’automobile.

Tiphanie : Je suis contente d’être avec vous.
Cédric : Moi aussi.


On aperçoit l’automobile filmée en extérieur jour en train de se garer. Tiphanie descend ensuite la première de la voiture.

Tiphanie : Vite. Dépêchez-vous. La prochaine séance est à seize heure douze.


On aperçoit Cédric qui descend à son tour du véhicule.

Tiphanie : Vous venez ?
Cédric : Oui. Oui. J’arrive.


On aperçoit Cédric en compagnie de la jeune fille avancer jusqu’aux spectateurs qui font la queue pour assister à la séance.

Cédric : Ce film ne doit pas avoir un succès terrible. Ils ne sont pas nombreux à faire la queue.
Tiphanie : Bah, oui ! C’est normal ! C’est une comédie-sentimentale qu’on va voir.
Cédric : Qu’est ce que tu veux dire par là ?
Tiphanie : Je veux dire que si ça avait été du porno. Y’aurait une grande queue pour voir ce film. ( Elle étouffe son rire).


Une femme d’âge mûre se retourne en ayant l’air scandalisé.

Cédric : Excusez-là, madame. Ce n’est qu’une gamine.
La femme d’âge mur : C’est ça qui est choquant.
Tiphanie : Oh, la, la ! Ce qu’elle est susceptible celle-là.
Cédric : Calme-toi, Tiphanie. Tu vas finir par nous faire remarquer.
Tiphanie : Regardez.


On aperçoit une jolie trentenaire habillée dans une tenue des plus sexy. Cette femme avance dans leur direction pour aller voir le film.

Tiphanie : Elle vous plaît ?
Cédric : Oui. Oui. Elle est pas mal.
Tiphanie : Vous êtes bien difficile. Je me demande même si vous n’êtes pas un peu pédé.


On voit la jeune femme qui se positionne juste derrière eux pour faire la queue.

La jeune femme : Vous avez du feu ?
Cédric : Désolé. Je n’ai pas de briquet.
Tiphanie : Non, mais vous avez des allumettes. Je le sais. Je vous ai vu allumer une clope.
Cédric : Ah, oui ! C’est vrai.


Cédric sort les allumettes de sa poche et il allume la cigarette de la jeune femme.

La jeune femme : Merci.
Cédric : De rien.
La jeune femme : Vous avez déjà vu « love me » ?
Cédric : Non, sinon je ne serais pas là.
La jeune femme : Moi. J’adore ce film. Je l’ai déjà vu trois fois.
Tiphanie : Cela prouve qu’elle est romantique. Elle...


On aperçoit Tiphanie et Cédric rentrer tous les deux dans la salle obscure où la séance doit bientôt commencer.

Cédric : On n’a qu’à s’installer ici.
Tiphanie : Si vous voulez.


Cédric et Tiphanie s’assoient l’un à côté de l’autre.

Tiphanie : Regardez.


On aperçoit la femme brune qui cherche une place pour s’asseoir.

Tiphanie : Elle cherche une place. On pourrait lui demander de s’installer à côté de vous.
Cédric : Y’a de la place ailleurs...


Une vieille femme s’approche d’eux, car elle recherche aussi une place.

La vieille femme : Ça ne vous dérange pas si je m’installe ici.
Cédric : Non. Bien sûr que non, madame.


La vieille femme s’installe à côté de Cédric et on aperçoit ensuite Tiphanie qui est filmée en gros plan.

Tiphanie : Bien fait pour vous.
Cédric : Toi, ça va.
Tiphanie : Je suis sûre que vous trouvez la jolie brune super mignonne.
Cédric : Oui, elle est pas mal.
Tiphanie : Moi, je la trouve très canon. Si j’étais un mec...
Un spectateur : Chut. Taisez-vous.
Cédric : Tais-toi. Le film commence.


On aperçoit en gros plan le générique du film qui est projeté. On voit ensuite Tiphanie et Cédric qui sont filmés et l’on peut remarquer que l’écrivain baisse la tête, car il commence à s’endormir.

Tiphanie : J’aimerais bien savoir ce que vous regardez.
Cédric : Qu’est-ce qu’il y a ?
Tiphanie : Ce film n’a pas l’air de vous passionner.
Cédric : Ça manque d’action.
Tiphanie : C’est une histoire d’amour qui est trop romantique pour vous. Vous préférez regarder la culotte de madame... ( Elle parle fort pour dire ça).
Cédric : Tiphanie, ça suffit. Ce que tu peux être jalouse.
Tiphanie : J’aimerais bien...
Cédric : Comment ça ? T’aimerais bien ?
Tiphanie : L’amour virtuel au cinéma ne vous intéresse pas. C’est pareil dans le quotidien, vous ne regardez même pas les belles nanas.
Cédric : Qu’est ce que ça peut te faire ?
Tiphanie : Ne soyez pas aussi agressif. J’ai le droit de vous aimer, non ?
Un spectateur : Fermez-là !
Une spectatrice : Oui. On entend que ces deux-là.
Cédric : Je t’emmène au cimetière. Tu vas comprendre quelque chose.
Tiphanie : Avec plaisir ! C’est tellement romantique pour une jeune fille.
Cédric : Ah, ah, ah ! ( Rire vexé).


Cédric prend la main de Tiphanie et il l’emmène par la force.

Tiphanie : Mais, arrêtez ! Vous me faîtes mal.


Cédric marche en extérieur jour accompagné par la jeune fille. Après, on aperçoit en gros plan la porte d’entrée du cimetière. Cédric l’ouvre et il tient dans les mains un bouquet de chrysanthèmes. Il marche dans ce sanctuaire en compagnie de Tiphanie.

Cédric : Nous y voilà.
Tiphanie : C’est votre lieu de pèlerinage ?
Cédric : Oui. Je viens souvent ici pour me recueillir sur la tombe d’un être cher.
Tiphanie : Vous parlez de la femme que vous aimez ?
Cédric : Bien sûr. Je veux te prouver que dans mon cœur personne ne pourra jamais la remplacer.
Tiphanie : Je n’en ai pas l’intention. Je veux que vous m’aimiez. C’est tout.
Cédric : C’est ici.


Cédric pose son bouquet de chrysanthèmes sur la pierre tombale et il se recueille en pleurant.

Tiphanie : Ça va ?
Cédric : Ça peut aller.
Tiphanie : Vous lui apportez souvent des fleurs ?
Cédric : Tous les jours.
Tiphanie : Vous savez ? J’en ai plus besoin qu’elle. Je suis vivante. Vivante. Vous comprenez ?
Cédric : Calme-toi.


On aperçoit la tombe et ensuite on voit Cédric.

Tiphanie : Je me demande lequel de vous deux est décédé.
Cédric : Tu ne veux pas me foutre la paix ?
Tiphanie : J’accepte de vous laisser tranquille. Mais à une seule condition.
Cédric : Laquelle ?
Tiphanie : Que vous me parliez de la mort de cette femme.
Cédric : C’est dur.
Tiphanie : Courage !
Cédric : Je suis responsable de son décès.
Tiphanie : Pourquoi ? Vous l’avez tuée ?
Cédric : Non, c’est un accident.
Tiphanie : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Cédric : J’étais alpiniste. J’ai fait une erreur technique. Elle a dévissé et elle est morte sur le coup.


Cédric pleure en sanglotant dans les bras de Tiphanie qui le console.

Tiphanie : Allez. Allez. Ce n’est pas votre faute.
Cédric : Je suis devenu un lâche. J’ai même peur du vide. Pour un ancien alpiniste, c’est la honte !
Tiphanie : Vous seriez capable de sauter à l’élastique ?
Cédric : Je peux essayer.
Tiphanie : On fait le pari ?
Cédric : Oui.
Tiphanie : Si vous arrivez à dominer votre vertige, je suis sûre que vous vous sentirez moins coupable. Croyez-moi, Cédric. C’est votre seule chance de refaire votre vie.
Cédric : O.K. Florence était tellement jolie avec ses longs cheveux noirs. Je vois toujours la petite robe à fleurs qu’elle portait souvent. Sans oublier son regard envoûtant. Elle était belle, mais belle...


On aperçoit la femme qu’il décrit. Quand tout à coup, Tiphanie la remplace sur l’image.

Cédric : Oh !!!
Tiphanie : Qu’est-ce qui vous arrive ? On dirait que vous avez vu un fantôme.
Cédric : Non, ce n’est rien.
Tiphanie : Vous venez faire votre saut à l’élastique ?
Cédric : Bien sûr. Je vais te démontrer que je ne suis pas un lâche.
Tiphanie : Ce n’est pas à moi que vous devez le prouver.
Cédric : Alors ? A qui ?
Tiphanie : A vous. Rien qu’à vous.


On aperçoit Cédric en extérieur jour. Il est en haut d’un aqueduc en étant prêt à sauter dans le vide, Tiphanie le regarde, elle est en bas du pont.

Un spectateur : Vas-y, mon gars. Prouve nous que tu n’es pas une mauviette. Vas-y, saute. ( Il crie).
Tiphanie : Ecoutez les conseils de Monsieur. Il est très téméraire pour regarder les autres sauter… ( elle hurle).
Cédric : Ah, ah, ah.
Tiphanie : Vous voyez ? J’arrive à vous faire rire. ( Elle hurle).


La caméra filme le vide. On aperçoit ensuite Cédric qui saute en hurlant. Cet homme est seulement tenu par un élastique. Après on revoit Tiphanie.

Tiphanie : Je suis fière. Mais fière de lui.
Un spectateur : C’est ton papa ?
Tiphanie : Non, c’est mon futur mari.
Un spectateur : Vous avez une sacrée différence d’âge.
Tiphanie : Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Connard !
Cédric : Tiphanie.


On entend une voix, mais on n’aperçoit pas Cédric. Tiphanie se retourne et elle se jette dans ses bras.


Tiphanie : Je suis super contente et tellement fière de vous.
Cédric : Moi aussi. Je me suis prouvé quelque chose.
Tiphanie : Vous allez refaire votre vie ?
Cédric : Non, c’est impossible.
Tiphanie : Je coucherai avec vous.
Cédric : Pas question. Je ne le veux pas.


Tiphanie lui donne une violente gifle.

Tiphanie : Vous aimez ça ?
Cédric : Non ! Mais tu es complètement folle ?
Tiphanie : Puisque vous n’êtes pas maso, pourquoi vous vous faites souffrir ?
Cédric : Je n’ai pas le droit de refaire ma vie. J’aime Florence !
Tiphanie : Je vous aime. Vous savez qu’une fille amoureuse est prête à tout ? Même à violer un homme, si elle n’a pas le choix ?
Cédric : Tu n’es pas drôle. Je suis désolé de te dire ça, mais je suis encore amoureux de Florence.
Tiphanie : Ah, oui !


Tiphanie se met à courir à toute vitesse.

Cédric : Tiphanie ! Reviens !


La jeune fille court très vite. On la voit dans un premier temps en bas de l’aqueduc, ensuite Tiphanie traverse le petit pont en bois qui mène à l’aqueduc. Elle arrive très rapidement dessus, elle s’approche du vide et elle s’apprête à faire le grand saut. Mais au dernier moment, Cédric lui sauve la vie en lui sautant dessus pour l’empêcher de faire une bêtise.

Cédric : Je ne veux pas que tu meurs. Je t’aime, Tiphanie.
Tiphanie : Qu’est-ce que vous dites ?
Cédric : Je t’aime.
Tiphanie : Alléluia ! Vous êtes ressuscité !


Ils s’embrassent sur la bouche.

Tiphanie : Je vais essayer de remplacer Florence comme je peux. Ce ne sera pas facile.
Cédric : Non, t’es toi.
Tiphanie : Pourquoi vous me demandez de me taire ?
Cédric : Je ne t’ai pas demandé de te taire. J’ai dit « tu es toi » et non mon ex.
Tiphanie : Donc vous m’aimez pour ce que je suis ?
Cédric : Tu es très différente de Florence et c’est tant mieux.
Tiphanie : Pourquoi ?
Cédric : Sinon j’aurais l’impression d’aimer la même personne. Alors que là, je t’aime parce que tu es Tiphanie et rien que Tiphanie.
Tiphanie : Je suis très contente.
Cédric : Tais-toi !
Tiphanie : Oui. Je sais vous me l’avez déjà dit que je suis unique.
Cédric : Non ! Ne parle pas. Ta langue a beaucoup mieux à faire que de bavarder.


Cédric et Tiphanie s’embrassent sur la bouche.

Tiphanie : Ça fait bizarre d’embrasser un revenant.
Cédric : Le fantôme est mort.
Tiphanie : Si j’ai bien compris, nous sommes au paradis ?
Cédric : Oui, mon ange.
Tiphanie : Je vous ai volé à Florence. Elle est peut-être jalouse, si elle nous voit de là-haut ?
Cédric : Non. Elle m’a toujours dit que si, par malheur, il devait lui arriver quelque chose, elle voulait que je refasse ma vie.
Tiphanie : Alors, elle doit être supercontente !
Cédric : Cette gamine doit surtout être fière de toi.
Tiphanie : Je l’espère… Elle avait quel âge quand elle est morte ?
Cédric : Le même que le tien.
Tiphanie : C’est bien ce que je pensais…
Cédric : On devait se marier… maintenant je sais que cela ne m’arrivera jamais.
Tiphanie : Pourtant, je vais vous épouser.
Cédric : Ne te fais pas d’illusions, Tiphanie. C’est hors de question.
Tiphanie : On parie ?


On voit Tiphanie en robe de mariée en compagnie de Cédric et ils sont tous les deux en face du curé qui est en train de les marier.


Le curé : Mademoiselle Tiphanie Laubrin. Voulez-vous prendre pour époux Monsieur Cédric Pagès et jurer amour et fidélité.
Tiphanie : Ex Mademoiselle Laubrin. Je dis oui et je suis maintenant Madame Tiphanie Pagès.

Le curé : Monsieur Cédric Pagès, voulez-vous prendre pour épouse Mademoiselle Tiphanie Laubrin et jurer fidélité sur les textes sacrés de l’église.
Cédric : Oui, je le veux.

Le curé : Vous êtes mariés par les saintes lois de l’église pour le meilleur et pour le pire. Vous pouvez embrasser la mariée.
Cédric : Avant d’embrasser Tiphanie, je voudrais juste dire un mot.

Le curé : Allez-y, Cédric.
Cédric : Je voudrais juste dire à Florence, si de la haut elle m’entend que je l’aimerais toujours et qu’aucune femme ne pourra jamais prendre sa place, même pas une jeune fille aussi exceptionnelle que Tiphanie qui est pourtant beaucoup mieux qu’une remplaçante. Je t’aime, Florence. ( Il pleure en disant ça).
Le curé : Vous pouvez embrasser la mariée, je crois qu’elle n’attend que ça.


On entend des applaudissements venant des personnes qui assistent au mariage et on découvre le spectre de Florence qui est filmé en gros plan et elle applaudit également.


Florence : Ils sont trop mignons.


On aperçoit Tiphanie sortir de l’église en extérieur jour accompagné de Cédric, alors qu’une foule d’invités attend dehors. Le visage du marié est filmé en gros plan et tout-à-coup, il reste bouche bée de stupeur. On aperçoit juste après le spectre de Florence.


Florence : Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les deux.
Cédric : Merci, ma chérie.


Le fantôme disparaît.


Tiphanie : Qu’est-ce qui t’arrive ?
Cédric : Je t’aime, ma puce.


Cédric se jette sur son épouse et il l’embrasse avec violence.


Tiphanie : Tu ne vas quand même pas violer la mariée ?
Cédric : Non, je vais attendre la nuit de noce pour le faire.
Tiphanie : Je te promets que je ne porterai pas plainte pour viol conjugal.


Les invités jettent du riz sur les mariés qui sont toujours devant l’église.

Les invités : Vive la mariée. Vive la mariée.

FIN








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et la saga des connexions continue...