Pas besoin de couronne pour régner sur la vie de Mélody

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Pas besoin de couronne
pour régner sur la vie de Mélody

N° dépôt S.A.C.D. : 148828
Court-Métrage
de
Franck Laisné

Genre :

Comédie



PERSONNAGES :

MELODY : la jeune femme amoureuse
MARC-ANTOINE : le père de Mélody
HORTENSE : la mère de Mélody
HENRI : le fils du souverain de Belgique
GERARD : le compositeur amoureux de Mélody



Marc-Antoine et Mélody sont debout en intérieur jour dans le salon et ils discutent.

Marc-Antoine : Non, Mélody. Tu n'épouseras pas ce misérable gueux.
Mélody : Pourquoi ?
Marc-Antoine : Ce malotru n'est pas digne des membres de notre glorieuse descendance.
Mélody : Mais enfin, Papa…
Marc-Antoine : Non, n'insiste pas. J'ai examiné son curriculum vitae, figure-toi. Je ne veux surtout pas l'embaucher comme gendre.
Mélody : Moi, je veux l'embaucher comme mari.
Marc-Antoine : Et bien, il continuera à pointer dans les agences matrimoniales. Regarde-moi ce C.V. Ce fameux Gérard Turquin a travaillé deux ans en tant que commis boucher. Ridicule. Trois ans comme coursier. Grotesque. Il a même fréquenté une modeste caissière. Je ne mens pas. C'est marqué là…
Mélody : Y'a pas de sots métiers…
Marc-Antoine : Si ! Il faut que je te confesse que j'en ai exercé un.
Mélody : Toi, Papa ?
Marc-Antoine : Oui, j'ai été pendant six mois le modeste bras droit du directeur de la plus grande banque de France. J'espère que tu ne vas pas renier ton père…
Mélody : T'appelle ça un sot métier ?
Marc-Antoine : Pour quelqu'un de mon importance, oui.
Mélody : Ouaaaah !!! La modestie !
Marc-Antoine : Je sais bien que mon parcours n'a rien de comparable avec celui de ce misérable freluquet. Je préfère lire le très honorable C.V. de ce cher Henri qui est, lui, le fils légitime du roi de Belgique.
Mélody : Mouaaaaais ! Je l'aime bien aussi.
Marc-Antoine : Tu seras sa femme et tu auras une glorieuse descendance.
Mélody : Quelle fierté !
Marc-Antoine : Quand je pense que tes arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants seront des descendants de Mélody 1re, reine de Belgique. Ils seront fiers de toi dans quelques siècles.
Mélody : Youpi ! Mon squelette va être supercontent.
Marc-Antoine : Tu ne te rends pas compte, ma fille, que le nom de la Pécodière de la Ventoux du Médoc sera étudié dans les écoles d'ici quelques générations.
Mélody : Après on s'étonne qu'il y ait des cancres.
Marc-Antoine : Les intellectuels seront plus intelligents grâce à nous. Regarde-moi ce curriculum vitae. C'est quand même autre chose que celui de l'autre gueux.
Mélody : T'as une dent contre Gérard.
Marc-Antoine : Mais, pas du tout. Comprends-tu que ce cher Henri descend directement des rois mérovingiens ? Les noms de ses descendants directs seront illustres. Ses références sont l'équivalent de tous les diplômes de la terre. J'embauche avec enthousiasme ce gendre des plus majestueux.
Mélody : Bien, Papa.
Marc-Antoine : Je me demande quand nous aurons l'honneur de faire la connaissance de ce gentilhomme ?


On aperçoit Hortense en bas des escaliers qui arrive dans le salon.

Hortense : Tout de suite. Il vient de m'appeler pour nous prévenir de son arrivée immédiate.
Marc-Antoine : C'est vous, Hortense ?
Hortense : Non, je suis son fantôme.
Marc-Antoine : Ne tenez pas de tels propos devant Mélody. Vous savez bien qu'elle attend l'héritage avec impatience…
Hortense : J'espère que notre fille est patiente, car je refuse de me suicider pour lui faire plaisir.
Mélody : Pfffff ! N'importe quoi !
Marc-Antoine : Surveille ton langage devant le futur souverain. Je ne veux pas entendre de pfffff ! de grrrrrrr ! Et de smaaaaack ! C'est bien compris, ma fille ?
Mélody : Oui, Papa.
Marc-Antoine : Je l'espère pour toi… Sinon je n'hésiterai pas à t'envoyer au couvent.
Mélody : Je suis tellement catho que je fais ma prière pour ne pas y aller…
Marc-Antoine : Tu sais qu'à Sainte-Bernadette de Lucy le fouet sert de stylo et que le sang est l'encre des cancres.
Mélody : Je n'oublierai pas tes menaces même en cas d'amnésie aiguë.
Marc-Antoine : Donc je te conseille vivement de ne pas oublier mon sévère avertissement et j'espère que tu deviendras la femme du roi de Belgique.
Mélody : Très bien, Papa. J'ai compris.
Marc-Antoine : Tu es très intelligente pour une simple d'esprit.
Mélody : Il me prend pour qui, celui-là ?
Marc-Antoine : Je te complimente, et Mademoiselle joue les difficiles au lieu de me dire merci. Décidément ma fille, tu manques de modestie.
Hortense : Je crois savoir qui lui a légué ce défaut.
Marc-Antoine : C'est honnête d'avouer votre point faible et j'espère que vous en parlerez avec vigueur au curé quand vous y irez à confesse dimanche prochain.
Hortense : Ce n'est pas de moi que je cause. Mais de vous.
Marc-Antoine : Comment, Hortense ? Je vous signale que la modestie est l'une de mes innombrables qualités. Tenez-le vous pour dit.
Hortense : Oui, mon vénérable époux.
Marc-Antoine : Très bien. Je vous pardonne votre insolence.
Hortense : Merci, ma bonté divine.
Marc-Antoine : Votre réflexion est pardonnable. Ce n'est pas le cas de votre tenue. Vous ressemblez à une sorcière d'Halloween.
Hortense : Mais enfin, très cher. Je n'ai porté cette robe qu'une seule et unique fois lors de la soirée de charité organisée par le Duc de Blaskconville en sa faveur, car l'une de ses nombreuses multinationales a fait faillite.
Marc-Antoine : Quel déshonneur ! Sa ressemblance avec un clochard était flagrante dans son minuscule château. Quand je pense que sa modeste propriété ne fait même pas la moitié du château de Versailles. Ah, ah, ah…

Hortense : Ah, ah, ah... C'est ridicule, en effet. C'est à peine plus grand que notre Mercedes. Cette robe, je l'ai portée alors que nous étions en compagnie du Duc de Blaskconville, de son adorable épouse et aussi de sa maîtresse.. enfin je voulais dire… de sa dame de compagnie.
Marc-Antoine : Je vous interdis de commettre ce genre de maladresse en la présence de l'héritier et je vous prie de changer de robe. Le duc, sa femme et sa femme bis ne sont que des petites gens. Je vous signale que nous attendons l'arrivée du dauphin de Belgique.
Hortense : Et alors, Marc-Antoine de la Pécodière ?
Marc-Antoine : Il est inconcevable que vous me fassiez honte. Changez de robe immédiatement.
Hortense : Mais enfin, très cher ?
Marc-Antoine : Déshabillez-vous. Dans cette robe, vous ressemblez à un épouvantail.

On aperçoit les canaris filmés en gros plan dans la cage en train de voler, complètement paniqués.

Mélody : Papa a raison. Regarde comme les canaris ont la frousse.
Hortense : Très bien, j'ai compris.

Hortense enlève sa robe et elle se retrouve en tenue légère.

Marc-Antoine : Quand je pense que je vais présenter ma divine épouse avec dignité au futur souverain. Je veux être fier de votre tenue et je souhaite que l'héritier admire votre superbe et votre élégance.

Quelqu'un sonne à la porte.

Le bouffon : Le dauphin de Belgique.

Deux autres personnes tendent un tapis rouge qui se déplie dans la demeure et ils jouent tous les deux du clairon.

Marc-Antoine : Soyons dignes de notre Souveraine Majesté.
Henri : Salut, la compagnie ! C'est moi que voilà. Je suis Henri, dit Riton pour les intimes.
Hortense : Je suis confuse de me présenter devant vous en petite tenue. Mes hommages, Majesté.
Henri : C'est qui, cette pute ?
Marc-Antoine : C'est ma tendre compagne. (Il dit cela d'un air gêné).
Henri : Ah, parce que t'es un mac ?
Marc-Antoine : Non, je suis marié avec cette… enfin… avec ce machin.
Henri : Je ne sais pas combien tu l'as payée, mais je suis sûr que t'as pas fait une affaire. Je suis certain que dans les bas-fonds de Saint-Denis, t'en trouve des mieux pour moins cher. Surtout qu'en ce moment, c'est la saison des soldes. On liquide la vieille marchandise.
Marc-Antoine : Mon épouse me fait honte ! Quand je pense qu'elle devrait porter la magnifique tenue que je lui ai offerte. J'ai acheté ce frou-frou chez un grand couturier et cette petite gâterie m'a coûté la bagatelle de 13 503 €… et 23 centimes.
Henri : Tu dis le prix du cadeau ? Ça ne se fait pas.
Marc-Antoine : Avec un magnifique présent de ce prix-là, je crois qu'on peut se le permettre, surtout qu'elle ne l'a jamais porté.
Hortense : Bah, non ! Cette robe me fait des grosses fesses.
Henri : Ce mini slip de pute l'amincit, mais il a dû lui coûter 15 balles, et encore je parle en francs ! (On aperçoit, pendant qu'Henri prononce cette phrase, Hortense en gros plan et elle est habillée en petite tenue).
Mélody : Toi, au moins, tu n'es pas hypocrite.
Marc-Antoine : Hortense, vous me faites un affront des plus coriaces en ayant votre fessard presque nu.
Hortense : Ah, je vous fais honte. Tenez, pour la peine.

Elle enlève son slip.

Hortense : Comme ça, tout le monde va pouvoir admirer mes jolies fesses.
Henri : Après on s'étonne qu'il y ait des homos.
Marc-Antoine : Hortense de la Pécodière du Médoc. Je vous ordonne de vous rhabiller immédiatement.
Hortense : Très bien. Vous désirs sont des ordres.

Elle remet son slip sur les fesses.

Marc-Antoine : C'était beaucoup plus qu'un désir, en l'occurrence…
Henri : Je te comprends. Les nymphos devraient être mises à la retraite plus jeunes…
Mélody : Maman. Je vais aller chercher ma minijupe. Tu seras plus habillée.
Hortense : Merci, noble descendance.
Marc-Antoine : Pardonnez mon étourderie, mais je ne me suis même pas présenté. Je suis Marc-Antoine de la Pécodière de la Ventoux du Médoc. Appelez-moi Marc-Antoine de la Pécodière. Je sais bien que nous sommes entre gens de bonne compagnie, mais nous pouvons néanmoins nous permettre certaines fantaisies.
Henri : Je vais plutôt t'appeler Marc-Antoine.
Marc-Antoine : Et pourquoi pas Marco, pendant que vous y êtes !
Henri : Géniale idée ! T'es super cool, comme mec.

Mélody revient avec la jupe.

Mélody : Tiens, Maman. Tu vas avoir l'air d'une joueuse de tennis.

Hortense enfile la minijupe de tennis.

Marc-Antoine : Je ne doute pas un seul instant qu'elle ressemble à une sportive, mais à une sportive en chambre.
Mélody : Pourquoi tu dis ça, papa ?
Marc-Antoine : Je sous-entends, fille bien-aimée, que la jupe de tennis est bien plus courte qu'un slip. Même nue, elle ne serait pas aussi dénudée.
Hortense : Marc-Antoine de la Pécodière. Votre gracieux visage est rouge de colère.
Marc-Antoine : Flûte, crotte et zut.
Hortense : En voilà des façons. Surveillez votre langage. Surtout devant des jeunes gens.
Marc-Antoine : Veuillez pardonner ce petit moment d'égarement.
Hortense : Je ne dis pas ça pour vous culpabiliser Marc-Antoine de la Pécodière, mais ces jeunes bambins viennent d'éclore. Ils n'ont pas encore vingt-cinq ans.
Marc-Antoine : J'espère que je ne les ai pas trop traumatisés. Je veux ma punition.
Hortense : Et bien, soit. Je vais chercher le fouet qui n'est autre qu'un héritage des plus directs de notre glorieux aïeul, le marquis de Sade.

Hortense s'en va chercher le fouet.

Henri : Y'a pas n'importe qui comme ancêtre dans cette famille.
Mélody : Tu peux parler, toi ! Il paraît qu'une de tes ancêtres aurait eu une liaison avec un certain Dracula…
Henri : Laisse-moi rire ! On n'a jamais pu prouver qu'il existe, celui-là.
Mélody : Le marquis de Sade, non plus…

Hortense revient avec le fouet.

Hortense : Par contre, on ne peut pas remettre en cause l'existence du fouet. Marc-Antoine de la Pécodière, mettez-vous en position.
Marc-Antoine : Bien tendre et douce épouse.

Marc-Antoine enlève son pull, il a donc le dos dénudé. Le bourgeois met les mains sur une chaise et il attend sa punition.

Hortense : Je vais vous infliger un châtiment des plus mérités.
Marc-Antoine : Faites, très chère.
Hortense : Savez-vous, jeunes incultes, que le marquis de Sade en personne s'est servi de ce fouet pour violer une demoiselle pucelle? Des malotrus en ont profité pour le réexpédier en prison. C'est honteux ! Quand je pense que la pucelle était une nymphomane des plus dévergondées.
Marc-Antoine : Tendre épouse, il fait froid.
Hortense : Ne vous impatientez pas, Marc-Antoine de la Pécodière. Mais j'apprends l'histoire de France à ces jeunes gens.
Marc-Antoine : Et gna gna gna ! Et gna gna gna ! J'ai peut-être envie de rentrer dans les livres d'histoire dans quelques générations.
Hortense : Quelle hâte ! Je vais vous punir de votre impatience.
Marc-Antoine : Quand faut y aller, faut y aller !
Hortense : Oui ! Prouvez-moi, gentilhomme, que votre bravoure est digne de celle de vos ancêtres. Tenez, tenez et tenez…

On observe Hortense qui est filmée en gros plan en train de lui donner des coups de fouet.

Marc-Antoine : Ooooh ! Ouiiiiii ! Ooooh ! Ouiiiiii ! C'est boooon !
Henri : C'est assez gore comme spectacle.
Mélody : Tu sais, quand je veux regarder une cassette porno et que le vidéoclub est fermé, je les observe dans leur chambre. On dirai Vampirella et Sacher-Masoch.

Hortense arrête de lui donner des coups de fouet.

Hortense : La punition est levée.
Marc-Antoine : Ma conscience vous dit merci .
Hortense : De rien. Tout le plaisir a été pour moi.
Mélody : Papa. Je peux te parler deux secondes dans l'intimité ?
Marc-Antoine : Oui, ma douce progéniture. Je me rhabille et je suis à toi.

Marc-Antoine remet ses vêtements les uns après les autres sur son dos.

Marc-Antoine : Viens, belle enfant. Nous allons discuter dans l'intimité de choses profondément confidentielles.
Mélody : Allons par-là.

Marc-Antoine et Mélody se mettent à l'écart pour discuter loin des oreilles indiscrètes.

Mélody : Tu sais, Papa, je voulais t'en parler. T'es vraiment branché flagellation.
Marc-Antoine : Non, ma fille. Je ne suis pas masochiste. J'ai de la conscience chrétienne. C'est différent.
Mélody : Laisse-moi rire ! Tu crois que je ne t'ai pas vu l'autre jour avec la gouvernante. Elle te flagellait et t'avais l'air d'aimer ça. Gros cochon.
Marc-Antoine : Pas si fort ! Ta mère pourrait nous entendre. D'ailleurs, je ne comprends pas tes insinuations qui sont des plus grotesques.
Mélody : Ne te rends pas plus bête que tu en as l'air. Même en te déguisant en chien, tu n'y arriverais pas.
Hortense : Ce n'est pas bientôt fini ces messes basses, tous les deux.
Marc-Antoine : Oui, d'ailleurs nous discutions de choses qui sont sans grand intérêt.
Hortense : De quoi parliez-vous ?
Marc-Antoine : Disons… que je donnais de judicieux conseils du genre qu'un père veut transmettre à sa fille pour qu'elle apprenne certaines vérités de la vie.
Hortense : J'espère que vous ne parliez pas de choses répugnantes.
Marc-Antoine : Non, nous discutions des abeilles. Vous comprenez, très Chère, qu'il est spontané qu'à son âge, notre progéniture se renseigne sur des choses qui sont pour le moins naturelles.
Hortense : Ah, j'aime mieux ça ! Vous m'avez fait craindre le pire. Mélody est une jeune pucelle, vierge et innocente, elle ignore donc tout de la vie. Elle n'a pas encore vingt-cinq ans, il faut donc faire très attention à ne pas traumatiser cette jeune demoiselle.
Marc-Antoine : Je partage votre opinion, ma délicieuse Hortense.
Hortense : Tu vois qu'on partage le même avis au sujet de l'éducation de notre douce descendance. Toi et moi, on partage souvent la même opinion.
Marc-Antoine : Arrêtez de me tutoyer ! C'est humiliant !
Hortense : D'habitude, t'apprécie ce genre de familiarités, mon bichounou d'amour.
Marc-Antoine : Peut-être… Mais nous ne sommes pas seuls. Nous ne pouvons donc pas nous permettre ce genre d'égarement.
Hortense : Très bien. Cher et tendre époux, je vous présente mes plus vives excuses.
Marc-Antoine : Je suis comme Dieu, j'accorde la miséricorde.
Henri : Quel prétentieux ! Je m'ennuie chez les vieux cons. Je vais rentrer chez moi.
Marc-Antoine : Je suppose que vous avez élu domicile dans le magnifique appartement de standing de votre grand-père qui se situe avenue Foch.
Henri : Non, l'héritage sera pour plus tard… En attendant je squatte avec des potes dans un loft dans les bas-fonds de la Courneuve. On se saoule la gueule du matin jusqu'au soir et après on va voir les putes. Je peux le dire, je suis encore célibataire. Après, faudra être plus discret…
Marc-Antoine : Je décèle chez vous une infidélité maladive.
Henri : Et toi ! Tu ne vas pas me faire croire que tu sautes la vieille ?
Hortense : Oh !!!
Marc-Antoine : Je vous demande pardon ?
Henri : Si tu veux baiser, je te conseille un bon film de cul. Même la cassette est plus sexy que la mamie, même quand tu ne la passes pas dans le magnéto. Ça veut tout dire…
Hortense : Marc-Antoine de la Pécodière. Vengez mon honneur bafoué par ce jeune malotru.
Marc-Antoine : Que voulez-vous que je fasse, ma bien-aimée ? Ce petit merdeux… Non, ce gentilhomme aux si bonnes manières est le fils du roi de Belgique.
Hortense : Le monarque a dû fabriquer sa modeste progéniture avec une pucelle qui visiblement manquait d'expérience. Celui-là, je ne peux pas le voir.
Marc-Antoine : Pourquoi vos propos à son égard sont-ils aussi infâmes ?
Hortense : C'est le roi des cons. Il n'est pas devenu le roi des Belges par la bénédiction du Saint-Esprit…
Henri : Ne manque pas de respect à l'autre enculé. T'as compris, la vieille ?
Hortense : Ah, oui ! Vous l'insultez dans un langage des plus triviaux ! Vous n'êtes pas le dauphin et je peux en apporter la preuve.
Henri : T'es pas cap de le prouver. Connasse. Comment tu vas faire ?
Hortense : Avec ce couteau.

Hortense lui coupe le bout d'un doigt et il saigne un petit peu.

Hortense : J'ai la preuve que cet imposteur n'appartient pas à la famille royale. La preuve, son sang n'est pas bleu.
Marc-Antoine : Tu vas voir, misérable vermine. Tu n'es qu'un freluquet, un misérable chenapan et un pitoyable malotru.
Henri : Surveille ton langage ! Enculé de ta race.

Marc-Antoine le fait partir en lui donnant des coups de pieds dans les fesses, alors Henri ouvre ensuite la porte du hall.

Henri : Toi, par contre, t'es un vrai monarque. Pas besoin de sang bleu pour être le roi des cons…

Henri sort et il part sans fermer la porte.

Marc-Antoine : Tu sais, Mélody, j'ai de bonnes raisons de penser que tu as failli épouser un aigrefin.
Mélody : Non, Papa. C'est juste un acteur. J'ai voulu te donner une bonne leçon.
Marc-Antoine : Laquelle ?
Mélody : J'ai voulu te démontrer qu'un garçon au sang bleu n'est pas pour autant un mec super.
Marc-Antoine : Surtout quand son sang est rouge…

Gérard ouvre la porte, il rentre dans la demeure des bourgeois en ayant un bouquet à la main.

Gérard : Hello, ma chérie. Tiens, c'est pour toi.

Mélody se jette dans ses bras et ils s'embrassent sur la bouche.

Gérard : Mes hommages, madame Hortense. Je suis enchanté de faire votre connaissance.

Gérard lui fait un baise-main.

Hortense : Gentilhomme. Ce plaisir est partagé.
Gérard : Cher Monsieur. Je suis ravi de faire la connaissance du géniteur de Mélody.
Marc-Antoine : Vous en avez, du vocabulaire et des bonnes manières. Ce qui est pour le moins bien étonnant pour un vulgaire gueux.
Gérard : Je me présente. Je me prénomme Gérard et je travaille dans une usine où l'on fabrique des homards.
Hortense : Ah, bon. Ils sont réalisés artificiellement ?
Gérard : Oui, nos crustacés sont à base de pétrole et de divers produits chimiques.
Hortense : Sont-ils un régal même pour les palais les plus fins ?
Gérard : Evidemment. Ils sont 100 % naturels.
Hortense : C'est incroyable ! On n'arrête pas le progrès.
Gérard : Sortons, ma chérie. Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire…
Mélody : O.K., mon chou.
Marc-Antoine : Nous vous confions notre fille. Ce qui constitue un grand honneur, quand on sait qu'elle n'a pas encore vingt-cinq ans et que cette demoiselle est encore pucelle.
Hortense : Soyez sage et ne rentrez pas trop tard. Le souper sera prêt à 19 heures.
Gérard : Soyez sans crainte, Madame.

Gérard et Mélody sortent et ils arrivent dans le jardin en extérieur jour.

Mélody : Pourquoi tu as raconté aux vieux une histoire aussi minable comme quoi tu travailles dans une usine ? Alors que tu es un compositeur de musiques de films archiconnu.
Gérard : Tu ne manques pas d'air. C'est toi qui as eu cette idée !
Mélody : Mouais, peut-être… Je voulais que tu dises que tu travailles dans une usine, mais pas de homards… La honte !!!
Gérard : Bah, après tout. Ils ont gobé. Et puis comme ça, ils m'apprécieront pour ce que je suis réellement et non pas pour ma notoriété.
Mélody : Tu as raison. On est tous jugés sur des apparences, mais pas sur ce qu'on est vraiment.
Gérard : Pourquoi tu dis ça ?
Mélody : Mon vieux est maso et il se fait passer pour un bourge provincial, alors qu'il déteste la bourgeoisie.
Gérard : Il est communiste ?
Mélody : Sûrement pas. Mon père est masochiste, la lutte des classes, c'est pas vraiment son truc.
Gérard : Personne ne connaît ses tendances dans la famille ?
Mélody : Tout le monde le sait. Mon père fait croire qu'il a une sexualité normale, les autres font semblant de ne pas le savoir, alors qu'ils sont au courant, mais ils ignorent que mon vieux sait qu'ils ont de très forts soupçons sur son masochisme, mais lui, il fait le crédule. Toi, avoir compris ?
Gérard : Oui, enfin… Tu me réexpliqueras. Tu l'aimes, ton père ?
Mélody : Il est adorable. Mais je préfère l'homme à l'acteur.
Gérard : Tu voudrais qu'il joue son propre rôle…
Mélody : Oui, mais… la société oblige les gens à être hypocrites.
Gérard : Ta mère est la seule à être elle-même.
Mélody : Non, mon chou. Tu veux que je te dise son vrai prénom ?
Gérard : Oui.
Mélody : Hortensia.
Gérard : C'est joli. C'est le nom d'une fleur.
Mélody : C'est surtout le nom d'une ancienne femme de ménage qui a honte de ses origines portugaises qui sont du genre modeste.
Gérard : Personne n'est naturel. Y'a que toi.
Mélody : La sincérité, ça n'a pas de prix. Avec tout leur fric, ils ne pourront jamais se la payer dans la famille. C'est mon seul luxe.
Gérard : Je suis d'accord avec toi, Mélody.
Mélody : C'était une super idée d'avoir embauché un acteur jouant un roi ridicule. Sinon, ils ne t'auraient jamais accepté. Ils n'aiment pas les artistes.
Gérard : Oui. Surtout qu'on n'a pas d'avenir assuré…
Mélody : Ils ne sont pas du genre à l'avouer. Les bourges sont tous des hypocrites.
Gérard : Y'a pas qu'eux. Je viens d'un milieu modeste et c'est pas mieux.
Mélody : Tu crois ?
Gérard : J'en suis sûr.
Mélody : Dans notre milieu, tout se rapporte au pognon. Pourtant le fric ne fait pas la valeur d'un mec ou d'une nana.
Gérard : Je ne suis pas d'accord avec toi. L'argent fait la valeur d'une fille.
Mélody : Pourquoi tu dis ça ?
Gérard : Regarde.

Gérard sort de sa poche un écrin qu'il donne à sa copine. Elle l'ouvre et elle en sort un diamant qu'elle met aussitôt à son doigt.

Mélody : Ouaaais ! Elle est super canon cette bague.
Gérard : Ma puce ! Tu veux bien devenir ma femme ?
Mélody : T'as vu ?
Gérard : Quoi ?
Mélody : Cette émeraude est aussi verte que la couleur de ton regard.
Gérard : Et alors ?
Mélody : J'accepte de me marier avec toi. Seulement parce que j'ai de la valeur à tes yeux.
Gérard : Je suis un compositeur qui a été bien inspiré de demander à sa petite Mélody de l'épouser. T'es complètement différente des autres filles. Avec toi, ce ne sera pas la même musique…


Gérard et Mélody s'embrassent sur la bouche et on entend la musique traditionnelle du mariage.


FIN


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et la saga des connexions continue...