L'ombre et la lumière

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L'ombre et la lumière

N° dépôt S.A.C.D. : 154385
Court-Métrage
de
Franck Laisné

Genre :

Film policier



PERSONNAGES :

ARMAND : l'inspecteur de police
JENNIFER : l'inspectrice stagiaire
GUTIVER : le criminel
LE PERE BIGNARD : le 1er curé
LE PERE DUVENOUX : le 2e curé
LE PERE PHILISTER : le 3e curé






Un prêtre est filmé en intérieur nuit en train de tourner la clé dans la serrure de la porte d’entrée de son presbytère. Quand tout à coup, le téléphone se met à sonner. Le Père Bignard s’approche du l’appareil et il décroche.


Le Père Bignard : Allô ! Ah ! C’est toi Philippe ! Non, ne crains rien. Ce sont des menaces en l’air... J’ai une porte blindée, des volets en fer et un système d’alarme très sophistiqué. Que veux-tu qu’il m’arrive ?


On entend la voix d’un homme, mais on ne l’aperçoit pas.


Gutiver : Mon Père... Mon Père.


Le Père Bignard : J’entends des voix....


Une porte qui grince s’ouvre doucement et l’on voit un homme devant la porte complètement dénudé.


Le Père Bignard : Qui êtes-vous ?


Gutiver : Ça te fait bander ou tu préfères les petits garçons ?


Le Père Bignard : Vous êtes diabolique.


Gutiver : Pas plus que toi.


Gutiver avance vers lui en sortant de son blouson un instrument de torture.


Le Père Bignard : Qui êtes-vous ?


Gutiver : Je suis ton pire cauchemar.


On aperçoit en extérieur nuit le presbytère qui est situé au milieu d’un village et l’on entend de terribles cris de douleur. Ensuite, on aperçoit un coq qui chante et l’on voit le ciel filmé en extérieur jour.


Jennifer : Il paraît que ce n’est pas très beau à voir.


Armand : Ce n’est pas un problème. J’ai l’habitude...


Un policier est installé devant l’entrée du presbytère.


Le policier : Mademoiselle. Vous êtes stagiaire ?


Jennifer : Oui et alors ?


Le policier : Ne rentrez pas. Vous êtes trop jeune.


Jennifer : J’ai le droit d’aller au cinéma pour voir des films d’horreurs. (Elle sort sa carte d’identité qu’elle montre au gendarme.)


Armand : Ne soyez pas insolente. Il a raison. Je préfère y aller seul.


Jennifer : Allez-y ! Puisque vous êtes un dur….


Armand rentre à l’intérieur presbytère, la maison est filmée en extérieur jour pendant quelques instants.


Le policier : Je suis désolé, mais ce n’est pas un spectacle pour une stagiaire.


Jennifer : Quand j’étais petite, je voyais souvent mon beau-père frapper ma mère. La pauvre… elle avait souvent le visage recouvert de sang. Vous voyez ? J’en ai vu d’autres...


Le policier : Non, mademoiselle. Ce n’est pas la même chose !


Jennifer : Croyez-moi ! Rien ne peut plus m’impressionner.


Le policier : Vous manquez d’expérience…


Jennifer : Ce n’est pas le cas d’Armand ?


Le policier : Oh, non ! Vous auriez vu le quart de ce qu’il a vu. Vous seriez insomniaque…


On entend Armand pousser un terrible cri de terreur.


Jennifer : Maintenant. Il va en prendre des somnifères…


Armand : Venez, Jennifer. (Il hurle.)


Jennifer : Je peux rentrer ?


Le policier : Allez-y !


Jennifer rentre en intérieur jour dans le presbytère.


Jennifer : Qu’est-ce qui se passe ?


Armand : Regardez !


On aperçoit le corps mutilé du prêtre qui a été violemment torturé avant de mourir.


Armand : Je n’ai jamais vu ça en vingt ans de carrière.


Jennifer : Les atrocités que j’ai vue… C’était autre chose…


Armand : C’était quoi ?

Jennifer : « L’exorciste ». Le film est passé à la télé la semaine dernière.


Armand : Vous aimez les films d’horreur ?


Jennifer : Oui, mais seulement au cinéma...


On revoit le corps atrocement mutilé du curé.


Jennifer : Il paraît qu’il a reçu des menaces ?


Armand : Oui.


Jennifer : A quelle date ?


Armand : Le 9 juillet. Pourquoi ?


Jennifer : Non, comme ça...


Armand : On va mener notre enquête sur ce crime. C’est sûrement une vengeance ?


Jennifer : Oui, c’est possible...


Armand : Je vais me renseigner sur un truc.


Armand sort son portable et il compose un numéro de téléphone.


Armand : Allô, Philippe. Consulte les fichiers et rappelle-moi. Je veux savoir si d’autres curés ont été assassinés ces derniers mois. Merci. A plus tard.


Jennifer : Vous avez déjà entendu parler d’affaires similaires ?


Armand : Non, pas dans la région. Mais ailleurs, peut-être...


Jennifer : Les schizo tuent souvent dans le même secteur.


Armand : Ce n’est peut-être pas un schizophrène.


Jennifer : Ce serait quoi, alors ?


Armand : Je n’en sais rien, mais il ne faut négliger aucune piste.


Le portable d’Armand se met à sonner.


Armand : Excusez-moi.


Jennifer : Ce n’est rien.


Armand : Ça y est ? Tu as consulté les fichiers sur l’ordinateur. Et alors ? Deux prêtres ont été tués sur la Côte d’Azur et un autre en Savoie. Je te remercie. A plus tard, Philippe.


Jennifer : Vous pensez à quoi ?


Armand : Je pense que l’habit ne fait pas le moine. Même pour les curés…


Jennifer : Et alors ?


Armand : Je voudrais connaître son passé.


Jennifer : Vous pensez que ce n’est pas un saint ?


Armand : Je ne pense pas…


Jennifer : Regardez !


On aperçoit un miroir accroché au plafond.


Armand : Oui. J’avais remarqué. Ça confirme mon hypothèse.


Jennifer : A quoi pensez-vous ?


Armand : Le tueur a voulu lui dire : « Regarde-toi en face pour voir ce que tu as fait ».


Jennifer : Le schizo a laissé la croix, il n’a rien contre la religion.


Armand : Non, il est contre les curés. Du moins contre certains...


Jennifer : Vous pensez qu’enfant, il aurait subi des gestes déplacés ?


Armand : Si ce n’était que des gestes... On va le savoir tout de suite. Vous venez, Jennifer ?


Jennifer : J’arrive !


Armand conduit sa voiture et Jennifer est assise du côté passager.


Jennifer : Vous pensez que le prêtre était pédophile ?


Armand : J’en ai la certitude et maintenant je voudrais en avoir la preuve.


Jennifer : Comment ?


Armand : En interrogeant les ecclésiastiques de Saint-Ménard où notre curé a enseigné quelques années.


Jennifer : Vous pensez qu’ils vont avouer leurs crimes sexuels ?


Armand : Ce sera difficile, mais on va essayer.


Jennifer : Bon courage, Armand ! C’est encore loin ?


Armand : Non, c’est ici.

La voiture est filmée en extérieur jour et le véhicule tourne dans un chemin qui mène à l’établissement religieux.


Jennifer : Vous pensez que vous allez pouvoir prouver vos soupçons ?


Armand : Je l’espère...


On aperçoit l’école catholique de Saint-Ménard.


Jennifer : Ce bâtiment est austère. Pour ne pas dire sinistre.


Armand : Quand je vois ça, je suis fier d’être athée.


La voiture s’arrête au milieu de la cour de l’école religieuse. Deux curés discutent entre eux à côté de l’automobile.


Armand : Bonjour.


Les deux curés : Bonjour, mon fils.


Armand : Police.


Armand sort sa carte de police.


Armand : Qui est le responsable de cet établissement ?


Un curé : C’est le Père Duvenoux. Vous le trouverez dans son bureau qui se situe au 2e étage.


Armand : Merci. Vous venez, Jennifer ?


Jennifer : Avec plaisir !


Les deux inspecteurs descendent de la voiture.


Armand : Vous pensez qu’il est dans son bureau ?


Un curé : Bien sûr. Je l’ai vu, il y a cinq minutes.


Armand : Merci. On y va ?


Jennifer : Oui.


Les deux inspecteurs rentrent en intérieur jour dans le hall où se situe le bureau du prêtre et ils montent aussitôt les étages. Quand soudain, on entend les cris de douleur d’un enfant.


Armand : Vite ! Dépêchons-nous !




Armand et Jennifer se mettent à courir dans les escaliers, ils arrivent rapidement en face du bureau du Père Duvenoux. Armand ouvre la porte sans frapper, les deux inspecteurs rentrent dans son bureau et ils surprennent le curé en train de battre les mains d’un enfant à l’aide d’une règle en fer. Ce dernier est à genoux et il récite le « Je vous salue Marie ».


Le Père Duvenoux : Vous pourriez frapper avant d’entrer. Qui êtes-vous ?


Armand : Police.


Le Père Duvenoux : Oh, pardon !


Jennifer : Viens, mon bonhomme.


Jennifer se met à genoux et l’enfant vient dans ses bras. Ensuite, elle l’embrasse et la jeune femme le sert contre elle.


Armand : Que faisiez-vous ?


Le Père Duvenoux : Je punissais cet enfant. Ça ne se voit pas ?


Armand : Vous n’êtes qu’un salaud. Je déteste vos méthodes.


On aperçoit le petit garçon pleurer dans les bras de Jennifer qui le console.


Armand : Regardez-le ! Vous traumatisez ce pauvre môme.


Le Père Duvenoux : Mais, pas du tout. La sévérité est la meilleure méthode pour que nos élèves aient de brillants résultats.


Armand : Il a mal travaillé, je suppose…


Le Père Duvenoux : Oui. C’est pour ça qu’il est puni. Qui aime bien, châtie bien. Et moi, j’aime beaucoup les enfants.


Armand : Vous aimez peut-être un peu trop les petits garçons…


Le Père Duvenoux : Je ne comprends pas vos insinuations.


Armand : Moi, je me comprends… Vous connaissez le Père Bignard ?


Le Père Duvenoux : Oui, malheureusement… Il a été révoqué de Saint-Ménard.


Armand : Pourquoi ?


Le Père Duvenoux : Il était pédophile, lui… J’ai pris l’initiative de l’exclure, car je suis contre ce genre de perversité. Vous ne me croyez pas ?


Armand : Si. Mais vous êtes sadique. Ce n’est pas mieux…


Le Père Duvenoux : Ne confondez pas tout. La sévérité n’a rien à voir avec la cruauté.

Armand : Bien sûr…


Le Père Duvenoux : Pourquoi me parlez-vous de lui ? Il a fait quelque chose de mal ?


Armand : Il est mort sous la torture. Vous connaissez peut-être l’auteur de cet acte ?


Le Père Duvenoux : Oh ! Mon Dieu ! Pas lui…


Armand : Vous pensez à quelqu’un en particulier ?


Le Père Duvenoux : Oh, oui ! Je pense à Gutiver.


Armand : C’est son surnom ?


Le Père Duvenoux : Non, c’est son nom de famille. Son surnom c’est « l’ombre de la lumière ».


Armand : Pourquoi pensez-vous à lui ?


Le Père Duvenoux : Je vais vous montrer quelque chose.


Le curé avance jusqu’à une commode, il ouvre l’un des tiroirs du meuble pour en sortir une photo et il avance ensuite vers Armand.


Le Père Duvenoux : Regardez, inspecteur.


Le religieux lui passe la photo.


Armand : Je suppose que « l’ombre de la lumière » est dessus. Mais pourquoi porte-t-il ce surnom ?


Le Père Duvenoux : Je vais vous expliquer.


La photo est montrée en gros plan.


Le Père Duvenoux : Vous voyez le petit garçon avec les cheveux roux ?


Armand : C’est « l’ombre de la lumière » ?


Le Père Duvenoux : Non, cet enfant s’appelait André Jasmin et c’était un honneur de l’avoir parmi nous.


Armand : Où est Gutiver ?


Le Père Duvenoux : Un peu plus haut. Il lui fait de l’ombre.


Armand : Ça explique son surnom.


Le Père Duvenoux : Oui. Ce cancre était très indiscipliné.


Armand : Vous deviez souvent le corriger ?

Le Père Duvenoux : Cet enfant avait plus besoin d’être maté que tous nos autres pensionnaires.


Armand : Vous le martyrisiez ?


Le Père Duvenoux : Je n’irai pas jusque-là… Mais nos châtiments étaient exemplaires.


Armand : Qu’est devenu le petit rouquin ?


Le Père Duvenoux : Il a fini ses études prématurément… Il est décédé.


Armand : A la suite de quoi ?


Le Père Duvenoux : « L’ombre de la lumière » l’a tué avec la sauvagerie qui le caractérise.


Armand : Expliquez-moi.


Le Père Duvenoux : Gutiver jalousait énormément « le rouquin » pour ses brillants résultats scolaires et aussi parce qu’il était très apprécié de ses professeurs. André n’était jamais puni, cela n’était pas nécessaire.


Armand : Et après ?


Le Père Duvenoux : « Le rouquin » était son confident, Gutiver lui confiait souvent des secrets, jusqu’au jour où il lui a avoué avoir commis un pêché mortel. André en a parlé au Père Mathieu qui était le seul prêtre à être au courant de son méfait.


Armand : Il a été sévèrement puni ?


Le Père Duvenoux : Bien sûr. Son châtiment a été exemplaire. Gutiver avait deviné que « le rouquin » l’avait dénoncé et cet enfant est mort sous la torture. « L’ombre de la lumière » s’est sauvé et on ne l’a plus jamais revu.


Armand : La punition du Père Mathieu a dû être ignoble pour que Gutiver se soit vengé de la sorte…


Le Père Duvenoux : Le pire châtiment que puisse subir un élève. « L’ombre de la lumière » était complètement nu devant toute la classe pour être sévèrement puni.


Armand : Il lui a sûrement donné la fessée de sa vie.


Le Père Duvenoux : Si ce n’était que ça... Le Père Mathieu l’a violé devant ses copains qui riaient aux éclats.


Armand : Oh ! Noooon !


Jennifer : C’est monstrueux !


Le Père Duvenoux : C’était sa punition.


Jennifer : Qu’est-il arrivé au prêtre ?

Le Père Duvenoux : Il a très mal fini. Gutiver m’a expédié son corps par colis postal trois ans après avoir fugué et je n’avais plus jamais entendu parler de lui jusqu’à aujourd’hui.


Jennifer est filmée en gros plan avec l’enfant qu’elle tient dans ses bras pour le consoler.


Jennifer : Regardez comme il est adorable. Vous osez faire du mal à un enfant.


Le Père Duvenoux : Je n’ai pas puni Gutiver, c’est le Père Mathieu... Je n’y peux rien, si c’était une brebis galleuse.


Jennifer : Et les coups de règles que vous lui donniez, c’est encore de la faute du Père Mathieu ? (Elle dit cela d’un ton ironique.)


Le Père Duvenoux : Ça n’a rien à voir. C’est de la sévérité. C’est tout.


Jennifer : Partons…


Armand : Je vous suis Jennifer. Si jamais une plainte est portée, je n’hésiterai pas à témoigner contre vous.


Armand et Jennifer sortent de la pièce et ils se retrouvent dans les escaliers.


Jennifer : Quel salaud !


Armand : Ce n’est rien de le dire…


On aperçoit en extérieur jour des enfants debout en rang dans la cour, prêts à rentrer en classe en attendant les ordres d’un prêtre qui est placé en face d’eux.


Le curé : Je ne veux plus entendre un bruit et tenez-vous en rang. Sinon…


Jennifer et Armand marchent dehors en extérieur jour pour rejoindre leur voiture.


Jennifer : Sinon quoi…


Le curé : Je sévirais.


Jennifer allonge un crochet du droit au curé qui se retrouve par terre sous les rires des enfants.


Jennifer : Ça soulage.


Armand : Je ne connaissais pas votre sadisme.


Jennifer : Je dois être le Diable.


Armand : On y va ?


Jennifer : O.K.


Les deux inspecteurs rentrent en intérieur jour dans leur voiture et Armand monte côté conducteur. Ils roulent en extérieur jour pendant un très court instant et juste après l’automobile est filmée en intérieur jour.


Jennifer : C’est étonnant que des curés puissent être aussi pervers.


Armand : Vous manquez d’expérience. Vous ne connaissez pas la nature humaine.


Jennifer : Il me reste beaucoup à apprendre…


Le portable d’Armand retentit, il le sort de sa poche.


Armand : Allô. Ce n’est pas possible ! Encore un curé ! Où ça ? On y va.


Armand range son portable dans la poche de son blouson.


Jennifer : Qu’est-ce qui se passe ?


Armand : Un autre prêtre vient de se faire mutiler à deux pas d’ici. Il paraît que son corps n’est pas très beau à voir…


On aperçoit la voiture filmée en extérieur jour et les deux inspecteurs descendent du véhicule.


Jennifer : Bonjour.


Le policier : Bonjour, mademoiselle. Bonjour, inspecteur. Vous allez voir, c’est ignoble.


Armand : C’est ce que j’avais cru comprendre.


Jennifer : Oui, mais… On commence à s’habituer.


Jennifer et Armand rentrent dans le presbytère.


Armand : Ça doit-être le même tueur qui a commis ce délit.


Jennifer : Vous avez raison les tortures sont similaires. A quelle heure a eu lieu ce crime ?


Le policier : A 21 heures.


Jennifer : Regardez ! Un miroir est accroché au plafond pour que cette ordure de curé puisse se regarder en face.


Armand : Oui, le serial-killer voulait sûrement qu’il puisse ainsi voir sa conscience.


Jennifer : Je doute que ce salaud en avait...


Le policier : Vous n’avez pas le droit de dire ça.


Jennifer : C’est un blasphème, je suppose...


Le policier : J’avais énormément d’estime pour le Père Rogenard.


Jennifer : Vous le connaissiez ?


Le policier : Oui et je l’aimais beaucoup. C’était quelqu’un d’exceptionnel.


Jennifer : Pourquoi ?


Le policier : Quand j’étais enfant, mes parents étaient très pauvres et le Père Rogenard était l’ami de la famille. Je me souviens qu’il passait des soirées entières pour m’apprendre mes leçons.


Jennifer : Ce n’était pas un pédophile ?


Le policier : Non, ce n’était pas son genre. Tous les enfants l’adoraient. Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi gentil que lui.


Jennifer : Pourquoi selon vous, le criminel l’a tué en le faisant souffrir ?


Le policier : Je n’en sais rien. Je ne comprends pas pourquoi quelqu’un pouvait lui en vouloir, surtout à ce point-là.


Jennifer : Vous pensez qu’il ne pouvait pas faire de mal à un enfant ?


Le policier : S’il l’avait voulu, cela lui aurait été facile de s’en prendre à moi.


Armand : Gutiver déteste tous les prêtres mêmes ceux qui ont une bonne moralité. Il ne cherche qu’à se venger.


Le policier : Pourquoi ? (Il pleure.)


Armand : Est-ce que le schizophrène a laissé une trace derrière lui ?


Le policier sort une lettre de sa poche.


Le policier : Oui ! On a découvert une lettre. Ce sont des menaces de mort.


Armand : Montrez-moi.


Le policier lui donne la lettre.


Jennifer : Vous voyez quelque chose de particulier ?


Armand : Non, rien. Mais on va quand même la faire expertiser.


Jennifer : Je peux jeter un œil ?


Armand : Bien sûr.


Armand tend la lettre et Jennifer.


Jennifer : C’est quoi ? Vous avez une loupe ?


Un autre policier : Tenez, mademoiselle.


Jennifer : Merci.


La jeune femme regarde à l’aide de la loupe attentivement les indices qu’elle peut trouver sur la lettre.


Armand : Vous trouver un indice ?


Jennifer : Je cherche. Vous ne trouvez pas qu’il y a beaucoup de similitude entre les crimes ?


Armand : Oui, tous les prêtres sont morts sous la torture en ayant un miroir au-dessus de la tête pour qu’ils puissent voir leur mort.


Jennifer : Non, ce n’est pas ça.


Armand : C’est quoi ?


Jennifer : Tous les crimes ont un rapport avec le chiffre 9.


Armand : Et alors ?


Jennifer : C’est le chiffre du Diable et vous ne trouvez pas ça étonnant qu’un miroir soit placé en face des croix que les curés portent au coup.


Armand : Ce qui revient à dire ?


Jennifer : Qu’une croix placée sous un miroir est forcément retournée.


Armand : Vous pensez que le schizo est Satanique ?


Jennifer : Ce n’est pas un schizophrène... c’est une secte.


Armand : Pour vous « l’ombre de la lumière » est devenu un adepte du Diable ?


Jennifer : Ça marche la télépathie.


Armand : Oh, non ! Ce n’est pas possible.


Un policier rentre en courant dans le salon où a été commis le crime.


Le policier : Venez, vite. Un prêtre vient d’avoir des menaces de mort, on vient d’intercepter l’appel.


Jennifer : On y va. A quelle heure l’appel a eu lieu ?


Le policier : A 22 h 16. Le criminel avait l’air déterminé à passer à l’acte.


Armand : Ça ne m’étonne pas. Mais on est le 17 février. Il n’y a aucun rapport avec le chiffre 9.


Jennifer : Réfléchissez. Pensez au miroir.


Armand : Oui et après ?


Jennifer : Il suffit de retourner le 6 de 22 h 16 est obtient le chiffre 9.


Armand : Le chiffre du Diable. Le doute n’est plus permis. Il s’agit bien d’une secte satanique.


Jennifer : Vite ! Dépêchons-nous !


On aperçoit Jennifer et Armand courir en extérieur mi-nuit, mi-jour jusqu’à leur voiture. Il rentre à l’intérieur de leur véhicule en quatrième vitesse. Armand est au volant et il démarre très rapidement son automobile.


Le Père Philister est filmé en intérieur nuit en train d’allumer une bougie, alors que les autres lumières sont éteintes.


On entend des voix, mais on ne voit personne.


Les Sataniques : Gloire à toi Satan. Gloire à toi Satan.


Le Père Philister : Je vous attendais avec impatience.


Gutiver : Pourquoi tu ne t’éclaires qu’à la bougie ?


Le Père Philister : Je cherchais l’ombre de la lumière et je t’ai trouvé. Tu es moins sombre qu’il n’y parait.


Gutiver : Qu’est-ce que tu veux dire par là ?


Le Père Philister : Je pense que tu es un ange déguisé en démon. Tu n’as pas le fond méchant. Que tu le veuilles ou non.


Gutiver : N’essaye pas de m’amadouer.


Un Satanique : Je vous maudis, sales prêtres.


Gutiver : Moi aussi. Je vous déteste tous.


Le Père Philister : Tu en es sûr ?

Gutiver : Je ne respecte qu’un seul curé, mais un seul…


Le Père Philister : On ne le dirait pas. Quand je pense que ta sœur a réussi à faire des études grâce à lui, alors qu’elle était orpheline et que ce prêtre s’est sacrifié pour qu’elle réussisse sa vie.


Gutiver : Comment savez-vous ça ?


Le Père Philister : Je suis le Père Philister. Chloé t’a sûrement parlé de moi.

Gutiver : Ma sœur vous adore. Elle refuse même de me voir depuis que je suis devenu Satanique.


Le Père Philister : Je sais qu’elle t’aime beaucoup. Et il n’est pas trop tard pour vous revoir.


Gutiver : Oh, que si ! J’adore Satan. C’est mon Dieu.


Le Père Philister : Ce Dieu n’a fait de toi qu’un criminel. Si ce n’est pas malheureux de voir ça.


Gutiver : Ce n’est pas votre problème ?


Le Père Philister : Tu es quelqu’un de bien Gutiver. Si ta sœur t’aime autant, c’est qu’il y a une raison.


Un Satanique : Ne laisse pas ce curé t’émouvoir.


Gutiver : Il n’y a pas de danger…


Le curé tend une croix chrétienne à Gutiver.


Le Père Philister : Tu as peur ?


Gutiver : Ah, ah, ah. Bah, non !


Le Père Philister : Les vampires sont assoiffés de sang et ils ont peur des croix. Toi, tu n’es assoiffé que de justice.


Gutiver : Ferme ta gueule !


Le Père Philister : Elle serait contente ta sœur si elle t’entendait...


Gutiver : Je déteste les curés. Ils sont du côté du mal, mais eux, ils ne l’assument pas.


Le Père Philister : C’est vrai que les prêtres qui font souffrir les enfants sont des gens détestables. Ils n’ont même pas le courage de prendre conscience de leurs méchancetés. Vous autres, les adorateurs du Diable, vous n’êtes pas des lâches, c’est votre seule qualité.


Gutiver : Ne nous insulte pas. Des qualités... on en a pas.


Le Père Philister : Tu en as plus que tu ne le penses. Mais tu es comme certains prêtres, tu es en pure contradiction avec toi-même…


Gutiver : Ça m’étonnerait.


Le Père Philister : Tu appartiens au bien sans le savoir. Tu es un ange rebelle, mais pas un démon. Pas vrai, « l’ombre de la lumière » ?


Gutiver : Je ne comprends pas.


Le Père Philister : Tu ne peux pas être une ombre puisque tu es un être de lumière.


Gutiver : Ah, ah, ah. C’est ridicule. Vous êtes le seul à le penser.


Le Père Philister : Non, ta sœur est de mon avis. C’est pour ça qu’elle t’aime et qu’elle t’en veut d’adorer Satan. Tu ne crois pas, Gutiver ?


Gutiver sort une mitraillette qui était cachée sous sa robe noire qu’il pointe en direction du Père Philister.


Gutiver : Avant, j’aimais tuer les curés.


Un Satanique : Maintenant il adore ça.


Gutiver : Non, j’aimais…


Gutiver retourne sa mitraillette contre les Sataniques et il tire à bout portant sur les autres membres de la secte. On en aperçoit un tomber sous les balles, puis un deuxième. Un autre se cache derrière un meuble et ce dernier tire sur le Satanique repentit.


Gutiver : Couchez-vous mon Père.


Gutiver se jette sur le Père Philister pour le couvrir. On aperçoit un Satanique tomber sous les balles, puis un deuxième, et enfin le troisième qui était caché derrière le meuble. Les autres membres de la secte sortent dehors (en extérieur nuit) et ils sont aussitôt arrêtés par la police qui vient d’arriver.


Le Père Philister : Sauve-toi, mon fils. Je ne veux pas que tu ailles en prison. Mais attends quand même une seconde.


Le curé note quelque chose sur un bout de papier.


Le Père Philister : Retrouve Chloé au plus vite.


Le prêtre lui tend le bout de papier.


Gutiver : Merci. Comptez sur moi.


Le Père Philister enlève la croix chrétienne qu’il a autour du cou.


Gutiver : Tiens. Mais ne la retourne plus jamais.


Le Père Philister : Promis.


Voix d’un policier : Gutiver ! On sait que tu es là. Sors et mets les mains en l’air.


Le Père Philister : Dépêche-toi. Un sous-terrain te conduira à trois kilomètres d’ici. Tu verras… Tu ne peux pas te tromper.


Gutiver : Merci, mon Père.


Les deux hommes se font une accolade.


Le Père Philister : Tu embrasseras bien Chloé de ma part.


Gutiver : Comptez sur moi.


Voix d’un policier : Sort et plus vite que ça.


Le Père Philister : Sauve-toi. Vite !


Gutiver passe par une trappe et il rentre dans la cave.


Gutiver : Adieu, mon Père.


Le Père Philister : Oui, adieu. Pas « à Satan ».


Le curé referme la porte de la trappe. Les flics rentrent (en intérieur nuit) dans le presbytère quelques instants plus tard.


Armand : Gutiver. On sait que tu es là.


Jennifer : Rends-toi. Tu es cerné.


Le Père Philister : « L’ombre de la lumière » est parti. Il est devenu beaucoup trop lumineux pour rester une ombre ténébreuse.


Jennifer : Je ne comprends pas ?


Le Père Philister : Il est devenu un être de lumière.


On aperçoit en gros plan la bougie que le curé tient dans ses mains. Le Père Philister souffle dessus, alors la chandelle s’éteint et l’on est plongé dans le noir le plus total.





FIN


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