Œuvres de l’auteur

sommaire saga retour



Marine Love



l'opportuniste : AXEL
La jeune femme amoureuse : EMILIE
Le retardataire : MARC

Une jeune femme est assise en train de pleurer sur un banc dans un port quand soudain un jeune homme arrive vers elle.


Axel : Mademoiselle pourquoi pleurez-vous ?
Emilie : Je pleure à cause d'un salaud, ce qu'il m'a fait est ignoble. C'est un minable, un abruti, un connard.
Axel : Je crois savoir le nom de la personne qui vous fait pleurer.
Emilie : Vous avez des dons de voyance ?
Axel : Pas du tout. Mais pour qu'un homme fasse du mal à une charmante jeune femme comme vous. Il ne peut s'agir que de Dracula pour être aussi monstrueux.
Emilie : C'est gentil ce que vous me dîtes. Vous avez l'air d'aimer les femmes ce que visiblement n'est pas le cas de tout le monde...
Axel : Qu'a t'il commit d'aussi monstrueux pour vous avoir mis dans un pareil état ?
Emilie : Vous me paraissez sympathique et comme j'ai besoin de parler, je vais vous le dire. Figurez vous que j'ai rencontré l'autre jour dans une boîte de nuit un jeune homme qui s'appelle Marc et nous avons dansé toute la nuit. Le lendemain il m'a téléphoné pour me fixer un rendez vous et il devrait être arrivé depuis une demi-heure.
Axel : Le salaud, il n'est pas venu à son rendez vous galant. Il est excusable à une seule condition.
Emilie : Ah oui, laquelle ?
Axel : C'est que ce soit l'homme invisible, sinon il n'a aucune excuse.
Emilie : L'autre jour dans la boîte de nuit, je le trouvais mignon, donc je doute qu'il soit invisible.
Axel : Dans ce cas il n'a aucune excuse, d'autant plus que pour oublier un rendez vous avec une belle femme comme vous, il faut être soit amnésique ou ne pas avoir de coeur.
Emilie : S'il n'a pas de coeur, moi j'en ai un et je peux vous assurer qu'il saigne en ce moment.
Axel : Pour blesser une femme, il faut être ignoble, séchez vos larmes, car il ne vaut pas la peine que vous pleuriez pour lui.
Emilie : Je sais mais c'est plus fort que moi. Il était si séduisant dans la boîte de nuit et il avait l'air si gentil que je suis affreusement déçue.
Axel : Vous savez il ne faut jamais se fier aux apparences, les pédophiles et les sadiques eux aussi ont l'air gentil et au dessus de tout soupçon.
Emilie : C'est bien possible, mais quand même je ne m'attendais pas à cette réaction venant de sa part d'autant plus que c'est lui qui m'a appelé pour fixer se rendez-vous galant.
Axel : Si vous voulez mon avis c'est un coureur de jupons et il est fort possible qu'il aie rencontré quelqu'un d'autre entre temps.
Emilie : Pourtant quand nous étions ensemble, je n'avais pas l'impression qu'il regardait les autres filles.
Axel : Vous savez un pêcheur ne pêche jamais plusieurs sirènes à la fois.
Emilie : Vous avez sans doute raison. Mais je n'ai pas de chance, car Marc est un marin et j'ai toujours été très attirée par les navigateurs.
Axel : Justement en partant au large il aurait pu rencontrer une sirène...
Emilie : Vous croyez à cette légende ?
Axel : Je n'y croyais pas avant de vous avoir rencontrée, mais vous êtes tellement séduisante et mystérieuse que je vous soupçonne fortement d'être une femme poisson.
Emilie : Dois je considérer cela comme un compliment ?
Axel : Oui, car c'est la première fois que je vois une femme qui me fait tellement rêver que je la soupçonne d'être une sirène.
Emilie : C'est très gentil ce que vous me dîtes, vous me réconciliez avec les hommes. Heureusement que ce ne sont pas tous des salauds. Parlez-moi de vous j'aimerais vous connaître davantage, cela fait quelques minutes que nous discutons et je ne connais même pas votre prénom.
Axel : C'est vrai nous ne nous sommes même pas présentés, je m'appelle Axel et quel est votre prénom mademoiselle ?
Emilie : Je m'appelle Emilie.
Axel : Ce n'est pas étonnant.
Emilie : Pourquoi dîtes-vous ça ?
Axel : Parce qu'Emilie rime avec jolie et je doute fort que ce soit une coïncidence.
Emilie : Je commence à ne pas regretter que Marc ne soit pas venu au rendez-vous. Je ne connais que votre prénom mais je ne sais même pas ce que vous faîtes dans la vie.
Axel : Je gagne de l'argent en participant à des courses sur des catamarans, j'ai d'ailleurs très envie de vous emmener sur mon voilier pour vous offrir une croisière en amoureux.
Emilie : Vous êtes amoureux de moi ?
Axel : Evidemment.
Emilie : Pourquoi vous dîtes cela Axel ?
Axel : Pour qu'un homme ne tombe pas amoureux d'une jeune femme aussi belle et séduisante que vous, faudrait vraiment qu'il soit homosexuel.
Emilie : Merci. C'est le plus beau compliment que l'on ne m'a jamais fait.
Axel : Pourtant vous avez dû en avoir souvent des propos flatteurs.
Emilie : Oui, bien sûr que cela m'est déjà arrivé. Vous êtes célibataire en ce moment ?
Axel : Je l'étais avant de vous avoir rencontrée.
Emilie : Vous êtes sûr de vous.
Axel : Non, c'est en vous que j'ai confiance.
Emilie : Dans le passé vous avez dû avoir énormément de petites amies.
Axel : Pourquoi dîtes-vous ça ?
Emilie : Parce que physiquement vous êtes plutôt mignon et vous êtes un excellent séducteur.
Axel : Je vais vous surprendre mais je n'ai eu que deux copines dans ma vie, car je tombe difficilement amoureux et je ne fais pas l'amour sans faire de sentiments.
Emilie : Je vous crois et je vous trouve très romantique. Cela ne m'étonnerait pas si j'apprends que vous écrivez des poèmes, car je vous trouve très poète dans vos déclarations.
Axel : Je n'ai jamais écrit de poésie mais c'est très curieux que vous disiez cela, car lorsque je vous ai vu pleurer tout à l'heure, vous m'aviez donné l'envie d'écrire un poème sur les malheurs d'une belle femme.
Emilie : Vous l'écrirez ce chef d'oeuvre ?
Axel : Je vous le promet, car vous m'inspirez les vers les plus harmonieux. Mais en dehors du fait que vous portez le superbe prénom d'Emilie, je ne sais rien de vous, je voudrais vous connaître davantage.
Emilie : Vous savez Axel, j'ai une vie banale, je travaille comme serveuse au café qui s'appelle " Au bon port ", vous le connaissez ce bistrot ?
Axel : Bien sûr que non, sinon je serais tombé amoureux de vous avant. J'ai l'habitude d'aller " Chez Mario " avec les amis lorsque je vais au café.
Emilie : Vous buvez beaucoup.
Axel : Non, négatif. Je ne bois que pour arroser mes victoires lors de mes courses à la voile.
Emilie : Donc vous êtes alcoolique.
Axel : Vous me trouvez aussi brillant que ça Emilie ? C'est sûrement l'étincelle qui brille au fond de vos yeux qui m'illumine.
Emilie : Vous devriez vraiment l'écrire ce poème.
Axel : Oui, positif. Je vous l'ai promis.
Emilie : Chose promise, chose due. Mais pour en revenir à votre métier, cela doit être passionnant de partir au large pour gagner des courses.
Axel : C'est vrai, j'aime mon métier et le fait d'être un navigateur me plaît beaucoup. Mais avant je partais en mer quelques semaines pour faire des courses en solitaire et lorsque je rentrais, je me trouvais toujours aussi seul, car je n'avais pas de petites amies. J'ai énormément souffert de la solitude, mais grâce à vous, j'ai l'impression que ma vie va changer.
Emilie : Je ne vous connaît pas beaucoup mais vous me plaisez énormément et je ne demande qu'à vous aimer. Mais je ne sais pas si j'ai le droit de le faire maintenant.
Axel : Qu'est-ce qui vous en empêche ? Sûrement pas cet abruti qui n'est même pas venu au rendez-vous.
Emilie : Bien sûr que non. Mais ce n'est pas la première fois que je suis déçue par un homme, alors j'attends de mieux vous connaître avant de m'engager dans une histoire d'amour. Vous m'avez avoué tout à l'heure que les rapports amoureux sont liés aux sentiments chez vous, c'est pareil pour moi.
Axel : J'ai toutes les raisons de penser que nous sommes faits pour nous entendre. Vous me paraissez être aussi belle physiquement que vous êtes belle de l'intérieur, vous avez décidément toutes les beautés.
Emilie : Merci. Ce compliment me fait plaisir d'autant plus que vous avez l'air sincère.
Axel : Croyez-moi je le suis.
Emilie : Mais je vous crois. C'est curieux la vie, j'étais très malheureuse tout à l'heure et depuis que je vous parle j'ai retrouvé toute ma gaieté. Heureusement que tous les hommes ne sont pas pareils.
Axel : Vous avez raison de dire cela, mais les femmes ne sont pas toutes pareilles également. Vous par exemple, je vous trouve très différente des autres filles.
Emilie : Différente en quoi ?
Axel : Votre visage ressemble plus à celui d'un ange qu'à celui d'une autre femme. Le peu que je sache sur votre personnalité me plaît beaucoup. Vous me paraissez extraordinaire à tous les points de vue.
Emilie : Donc je ne vous parais pas banale.
Axel : Loin de là. Je vais vous faire une confidence. Tout à l'heure je détestais ce fameux Marc qui vous a donné un rendez-vous et qui n'est jamais venu. Maintenant je lui suis reconnaissant, car grâce à lui, j'ai pu faire votre connaissance et croyez moi, je ne le regrette pas.
Emilie : A mon tour de vous faire une confidence, je ne regrette pas non plus le fait que Marc ne soit jamais venu au rendez-vous, car vous me paraissez mieux que lui à tous les points de vue.
Axel : Donc je ne vous laisse pas indifférent.
Emilie : C'est le moindre que l'on puisse dire, car je vous trouve très séduisant.
Axel : Les compliments me font toujours plaisir, mais ceux qui viennent de la part d'une belle femme me touchent plus que les autres.

Emilie regarde sa montre.


Axel : Vous n'êtes pas sincère, vous vous ennuyez en ma compagnie, la preuve vous regardez votre montre.
Emilie : Non, ce n'est pas pour ça. C'est parce que cet abruti a maintenant plus de trois quarts d'heure de retard et je ne vais pas l'attendre éternellement. J'ai plutôt envie de me promener en votre compagnie si vous êtes d'accord et que vous n'avez rien d'autre à faire.
Axel : J'ai énormément de choses à faire, mais rien d'aussi passionnant que d'aller faire un tour en votre charmante compagnie. Vous avez raison de ne pas l'attendre, car je crois que vous avez mieux à faire.
Emilie : Comme vous avez raison.

Emilie se lève.


Emilie : Je veux bien faire un tour avec vous mais à une seule condition.
Axel : Ah oui, laquelle ?
Emilie : C'est que vous m'embrassiez sur la bouche pour me consoler du rendez-vous fantôme de tout à l'heure.
Axel : J'accepte mais c'est uniquement pour vous consoler.
Emilie : Menteur.

Ils s'embrassent sur la bouche.


Axel : Ah, ce que c'est agréable. Je suppose que vous n'avez plus de peine à présent. Je suis persuadé que vous avez oublié le rendez-vous loupé avec cet abruti.
Emilie : Quel rendez-vous ? Quel abruti ? Votre baiser m'a rendu amnésique de mes douleurs au coeur.
Axel : Allons nous promener pour mieux faire connaissance et dès demain je vous amènerais sur mon catamaran, car je sais que les sirènes préfèrent faire l'amour en mer c'est bien connu.
Emilie : Je ne vous l'avais pas dit mais je suis effectivement une sirène qui vivait sur une île déserte mais maintenant je ne me sens plus seule.
Axel : Moi non plus, car je suis le marin qui a chaviré sur votre île déserte. Que diriez vous d'aller maintenant sur les falaises ? La nuit va tomber et c'est très romantique de voir les étoiles du haut de cet endroit merveilleux.
Emilie : J'accepte bien sûr avec la plus grande joie. Allons nous promener.
Axel : Bien sûr mon amour.

Ils s'en vont en se tenant par la main. Le décor est vide pendant de très courts instants.


Marc : Emilie, Emilie excuse-moi de mon retard, mais je n'ai pas trouvé de fleuriste à moins de cinquante kilomètres. J'espère que ces roses me feront pardonner de cette longue attente. Emilie n'est pas là, j'étais tellement persuadé qu'elle serait là que je lui parlais, je n'avais même pas remarqué son absence, car j'étais convaincu qu'elle allait m'attendre. Si elle ne m'a pas attendu, c'est qu'elle n'est pas vraiment amoureuse. Faut pas rêver, je suis certain qu'elle n'est même pas venue au rendez-vous. Les femmes ne sont pas aussi romantiques que les hommes. Je suis sûr qu'elle m'a oublié le soir même de notre rencontre. J'ai vraiment d'excellentes raisons de devenir misogyne. Heureusement que toutes les femmes ne sont pas comme elle. Au lieu de lui avoir apporté des roses, j'aurai mieux fait de lui acheter un cactus.

Marc jette les fleurs par terre tellement il est en colère.


Marc : Je suis certain qu'elle ne mérite même pas que j'ai les larmes aux yeux pour elle, cette femme n'en vaut même pas la peine. Puisque c'est comme ça, je pars et je jure de l'oublier le plus rapidement possible. Au revoir la femme invisible.

Marc s'en va et une fois qu'il est parti, la saynète est terminée.



233379 visiteurs depuis le 20 septembre 2003

et la saga des connexions continue...