Les étoiles illuminent la noirceur d'un drapeau

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Les étoiles illuminent la noirceur d'un drapeau

N° dépôt S.A.C.D. : 154385
Court-Métrage
de
Franck Laisné

Genre :

Film Western



PERSONNAGES :

La classe de primaire:

Melle HETWALL : l'institutrice
SONIA : une élève
BRAD : un élève
JULIA : une élève
JIMMY : un élève
TOM : un élève

Les bandits:

HARRY : le shérif
JOHN : l'adjoint du shérif
STEVE : le 1er bandit
JACK : le 2e bandit
GEORGE : le 3e bandit

Les autres personnages:

PLUME DE SERPENT : le chef indien
FLEUR DE CACTUS : l'épouse de Plume de Serpent
ŒIL DE LYNX : un indien
CHUCK : le propriétaire du ranch
SHARON : la femme de Chuck
CAPITAINE WATFORD : le capitaine des Yankees



Les élèves sont assis en intérieur jour. Quand tout à coup, mademoiselle Hetwall franchit la porte d'entrée pour rejoindre sa classe.


Les élèves : Bonjour, mademoiselle Hetwall.
Mademoiselle Hetwall : Bonjour, les enfants. Je vais aujourd'hui vous parler d'une bataille qui a eu lieu dans notre charmante bourgade de Sémilliac City.
Mademoiselle Hetwall s'assoit à son bureau face à ses élèves.
Brad : Je connais ce récit par cœur.
Mademoiselle Hetwall : Je vais vous la raconter dans la version que connaît Brad. Il était une fois, les gentils cow-boys et les méchants indiens...
Julia : Vous nous parlez comme à des débiles profonds.
Mademoiselle Hetwall : Puisque vous savez réfléchir, je vais vous dévoiler cette bataille dans une version que vous ne connaissez pas.
Brad : Pourquoi ?
Mademoiselle Hetwall : Cette version méconnue est certainement plus proche de la réalité que celle que nous racontent habituellement les historiens.
Sonia : Ça a l'air intéressant. Je suis impatiente de la connaître.
Mademoiselle Hetwall : Très bien. Je commence. Nous sommes en 1857 dans les plaines du Far West...


On aperçoit en extérieur jour cinq cow-boys qui galopent sur leurs chevaux dans les plaines du Far West.

Jack : On ne va tout de même pas faire ça ?
John : Pourquoi ?
Jack : Tout le monde saura que c'est nous.
John : Ah, ah, ah. T'entends ça, Harry ?
Harry : Personne ne va le saura. Fais-moi confiance.
John : Le coup a été bien préparé. Pas vrai, shérif ?
Harry : Ma tête ne sert pas seulement à porter un chapeau.


On aperçoit un ranch en extérieur jour et l'on peut remarquer une fumée sortir du trou de la cheminée.

Harry : On va faire un carnage.
Steve : Tu es sûr que l'oncle de Chuck a trouvé de l'or ?
Harry : Ouais ! Il m'a même montré ses nombreuses pépites. (Il se met à crier.) Chuck, tu es là ? Chuck. Chuck.


Chuck et Sharon sortent de leur ranch et ils se retrouvent en extérieur jour.

Chuck : Harry. Vieux coyote. Y'a longtemps qu'on ne s'est pas vu.
Sharon : On commençait à croire que tu nous avais oublié.
Harry : Ça me fait plaisir de vous voir. Vous êtes seuls ?
Sharon : Oui et puis même. Tu sais bien que tu ne nous déranges jamais.
Chuck : Allez. Descends de ton cheval et viens boire un coup.
Harry : Oui, j'ai soif, mais je ne bois plus d'alcool.
Chuck : Tu ne vas pas prendre un petit whisky comme d'habitude ?
Harry : Non.
Chuck : Alors qu'est-ce que tu veux boire ?
Harry : Du sang...


Harry et ses quatre hommes tirent sur Chuck et Sharon et ils les abattent froidement.

Harry : Aaaaaah ! Ça fait du bien de se désaltérer.
John : J'ai soif d'or. On y va ?


Harry et John descendent de leurs chevaux.

Harry : Attendez-nous là. On revient avec le butin.

Harry et John rentrent dans le ranch et ils se retrouvent en intérieur jour.

John : T'es sûr que tu connais la planque ?
Harry : Ouais ! Tu me prends pour un idiot ?
John : Non, je te connais trop bien.
Harry : John. Aide-moi.
John : D'accord.

Harry et John sont chacun placés à une extrémité du lit et ils le déplacent.

Harry : Tu vois la petite fissure ?
John : Ouais ! Je ne suis pas bigleux.
Harry : Et bien, regarde !

Harry se baisse, il retire une planche du sol, puis les quatre et cinq planches suivantes, les unes après les autres. Il sort une mallette en bois qu'il dépose sur le plancher.

John : Je ne crois pas que Sharon a mis là-dedans sa collection de boîtes d'allumettes. Ah, ah, ah.
Harry : Ah, ah, ah. Elle est bien bonne celle-là.

Harry ouvre la mallette en bois, il prend des pièces d'or qu'il lance en l'air en les rattrapant dans ses mains avant de les faire retomber dans le coffre.

Harry : Des comme ça, y'en a plein la malle.
John : Fais voir !

John s'approche de la malle et il s'accroupit.

John : Je n'en reviens pas ! Cette caisse en est remplie.
Harry : Tu veux que je te dise un truc, John ?
John : Ouais.
Harry : Partager de l'or à deux, c'est bien. Mais à cinq, il ne reste plus grand-chose...
John : Tu veux que...
Harry : Ouais... Appelle-les. Fais-les descendre de leurs chevaux. Je m'occupe du reste.
John : A tes ordres, shérif.

Harry sort son colt et il va ensuite au bord de la fenêtre. On voit John qui sort juste après au pied de la porte en extérieur jour.

John : Venez, les gars. J'ai quelque chose à vous montrer.
Steve : C'est quoi ?
John : Une surprise…
Jack : Je crois avoir deviné ce que c'est... On descend, les gars ?
Steve : Ouais ! J'ai envie de palper mes pépites.

Les trois cow-boys descendent de leurs chevaux.

George : J'aime bien les surprises.
John : Celle-là. J'en doute...
George : Pourquoi ?

On aperçoit Harry en intérieur jour qui se met à tirer sur ses trois complices avec un revolver dans chaque main. On voit Steve, Jack et George succomber les uns après les autres sous les coups de feu.

John : J'ai répondu à ta question ?

John s'approche du cadavre de Steve et il donne ensuite un grand coup de pied dedans.

Harry : Je crois qu'il a compris.
John : J'explique bien. Ah, ah, ah.
Harry : Ah, ah, ah.

Le ranch est filmé en extérieur jour pendant quelques instants et l'on aperçoit Harry sortir de la vieille baraque en portant dans les mains la fameuse mallette.

John : Je vois que t'as pas oublié les pépites.
Harry : Tu me connais.

Harry pose la mallette en bois par terre et John est filmé en gros plan avec des flèches appartenant aux indiens dans les mains.

Harry : Le plan a bien fonctionné. J'ai dit aux habitants de Sémilliac City que trois de nos hommes allaient protéger un couple de riches fermiers.
John : Ils vont en vouloir aux Apaches...
Harry : C'est une bonne idée d'avoir parlé au vieil indien dans le saloon. Tout le monde croira qu'il en a touché deux mots à ces amis.

John enfonce les flèches dans le corps des trois bandits et aussi sur ceux du couple de jeunes fermiers. Il met aussi des plumes sur le sol, pendant qu'Harry continue à faire deux gros tas avec les pièces d'or.

John : Quelle bande de sauvages.
Harry : Les crapules ! Ah, ah, ah.
John : Ah, ah, ah.
Harry : Ecoute, John. J'ai fait deux tas qui sont identiques. Ça te convient ?
John : C'est parfait. T'es honnête, toi !

On aperçoit les trois cadavres et l'on entend la voix de Harry.

Harry : Je doute qu'ils soient de ton avis. Ah, ah, ah.

On revoit en gros plan les deux cow-boys.

John : Ah, ah, ah. Je viens chercher mon or.
Harry : Mets-le dans ta sacoche.
John : A tes ordres, shérif.

John va chercher son sac.

John : Cet argent ne demande qu'à être ramassé...
Harry : Et comment.

Harry et John s'accroupissent et ils remplissent chacun leurs sacoches avant de les déposer sur leurs chevaux.

Harry : On y va ?
John : Ouais, mais je n'ai pas la conscience tranquille.
Harry : Pourquoi ?
John : Tu vas comprendre.

John s'approche des macchabées et il jette une pièce d'or sur le corps de chacun des complices.

John : Ces trois idiots ont participé au pillage. Ils méritent aussi leur part. Ah, ah, ah.
Harry : Ah, ah, ah ! T'es trop honnête, John. Ta bonté te perdra.
John : On y va ?
Harry : Ouais. On se tire d'ici.

John et Harry remontent sur leurs chevaux et ils partent au trot. On aperçoit ensuite les deux cow-boys qui galopent. On voit au loin une jeune indienne en train de cueillir des fleurs.

Harry : Oh ! Descends de ton cheval.
John : A tes ordres.

Harry et John descendent chacun de leur monture et ils attachent les chevaux.

Harry : Viens ! Mais surtout sois discret.
John : Compte sur moi.

Harry et John se cachent derrière un buisson.

Harry : Regarde ! Elle s'appelle Fleur de Cactus.
John : Tu la connais ?
Harry : Ouais. C'est la femme de leur chef.
John : Tu veux la tuer ?
Harry : Ca fait partie de mon plan.
John : Harry ! Je peux te poser une question ?
Harry : Si tu veux.
John : Comment tu savais qu'on allait la trouver ici ?
Harry : Ce n'est pas compliqué. Elle consacre tous ses vendredis à la cueillette.
John : Ça lui sert à quoi ?
Harry : A fabriquer les potions du sorcier.
John : Elle fait ça tous les vendredis ?
Harry : Ouais. C'est une sorte de rituel.
John : T'as bien calculé ton coup !
Harry : Je ne suis pas shérif pour rien. (Il montre son crâne du doigt.)
John : Tu crois que c'est le moment d'agir ?
Harry : Elle est seule. Profitons-en !
John : Tu me dis quand tu es prêt.
Harry : Allez ! On y va !

John et Harry se mettent à courir à toute vitesse. On voit à nouveau Fleur de Cactus en train de cueillir des fleurs puis de les mettre dans son sac. La jeune Apache se retourne et elle remarque la présence des deux individus qui l'ont pratiquement rejointe.

Fleur de Cactus : Noooon ! (Le visage de l'indienne est filmé en gros plan pendant qu'elle pousse un cri de terreur.)

La jeune femme jette son sac et elle se met à courir à vive allure alors qu'elle est poursuivie par les deux cow-boys. Au bout d'un moment, Harry la rattrape et il la plaque à terre.

Harry : Je te tiens ! Espèce de sauvage !
Fleur de Cactus : Lachez-moi ! (La jeune femme se débat.)
John : Elle a du caractère...
Harry : Je vais te dresser, moi ! Tu vas voir...

Harry la gifle violemment.

Harry : Ce n'est pas une indienne qui va faire la loi.

Il arrête alors de la gifler.

Fleur de Cactus : Plume de Serpent me vengera !
Harry : Peut-être… Mais tu n'assisteras pas à cette tuerie.
Fleur de Cactus : Pourquoi ?
Harry : Tu vas mourir avant nous.
Fleur de Cactus : Je ne comprends pas.
John : Avec un trou dans la cervelle. Tu comprendras mieux.

John s'approche de la jeune femme, il se baisse et il colle ensuite son colt près de son visage.

John : Tu as envie de mourir ?
Fleur de Cactus : Noooon ! (On aperçoit le visage apeuré de l'indienne en gros plan.)
John : Ne sois pas égoïste, petite. Pense au croque-mort.

John l'abat froidement.

Harry : Que Dieu est son âme. (Le shérif fait le signe de croix.)

On aperçoit ensuite le ciel, ainsi que les collines et l'on remarque la présence d'une fumée très épaisse qui monte dans l'atmosphère.

Plume de Serpent : : Ce n'est pas normal que Fleur de Cactus ne soit pas encore rentrée.
Œil de Lynx : Ne t'inquiète pas. Tu sais bien qu'elle aime flâner.
Plume de Serpent : : Oui, mais le sorcier avait l'air inquiet. C'est curieux !
Œil de Lynx : On va aller le voir...
Plume de Serpent : : C'est une bonne idée.

On aperçoit Fleur de Cactus qui est allongée sur le sol en ayant le visage recouvert de sang, alors que les deux cow-boys sont debout en train d'admirer le macchabée.

John : Maintenant qu'on a fait ce qu'on avait à faire. On se tire ?
Harry : Pas encore. Il ne faut pas que j'oublie un petit détail.
John : Lequel ?

Harry enlève son étoile de shérif et il la dépose à côté du cadavre.

John : Qu'est-ce que tu fais ?
Harry : Je signe mon crime.
John : Je ne te comprends pas.
Harry : C'est pourtant pas compliqué. Tu sais bien qu'il manque une étoile sur mon insigne ?
John : Oui et alors ?
Harry : Il y a bien longtemps, je me suis battu contre Plume de Serpent. Ce sauvage me l'a cassé en voulant me poignarder.
John : La crapule ! C'est pour ça que tu lui tends un piège ?
Harry : T'as tout compris.
John : Il va vouloir nous tuer.
Harry : Ouais ! Crois-moi, John ! Je n'ai pas envie de mourir.
John : Si tu ne veux pas crever. Il faut se tirer vite fait.
Harry : Ouais. Allons-nous en.

On aperçoit les cow-boys en train de marcher rapidement et une fois qu'ils sont arrivés à proximité de leurs chevaux, ils montent sur leur monture et ils partent au galop. On distingue juste après Plume de Serpent qui est dans un premier temps filmé en gros plan sur son cheval. Ensuite, on a une vue d'ensemble d'où l'on peut remarquer la présence de nombreux indiens derrière-lui.

Œil de Lynx : Regarde ! (Il montre du doigt la jeune femme qui est au loin allongée sur le sol.)

Le cadavre de Fleur de Cactus est ensuite filmé en gros plan.

Plume de Serpent : : Noooon ! Ce n'est pas possible. (Le chef Apache est filmé en gros plan sur son cheval.)

L'indien part au galop en direction de la jeune femme.

Plume de Serpent : : Fleur de Cactus ! Fleur de Cactus !

Le chef Apache descend de son cheval et il court vers sa femme qu'il prend ensuite dans ses bras.

Plume de Serpent : : Je t'aime Fleur de Cactus. Je t'aime, je t'aime, je t'aime... (Il pleure.) Qui t'as fait ça ? (Il crie.)
Œil de Lynx : Ce sont sûrement des visages pâles.
Plume de Serpent : : Si on était arrivé plus tôt, on aurait pu éviter ce crime.
Œil de Lynx : On ne le saura jamais. Pas plus qu'on ne saura qui a fait ça.
Plume de Serpent : : C'e n'est pas sûr.
Œil de Lynx : Pourquoi ?

Plume de Serpent ramasse l'étoile du shérif.

Plume de Serpent : : Regarde !
Œil de Lynx : C'est quoi ?
Plume de Serpent : : C'est l'étoile du shérif de Sémilliac City.
Œil de Lynx : Comment le sais-tu ?
Plume de Serpent : : Il manque une branche.
Œil de Lynx : Et alors ?
Plume de Serpent : : Cette marque, je la reconnais...
Œil de Lynx : Tu t'es battu contre lui ?
Plume de Serpent : : Oui, il y a bien longtemps. Et je me suis juré que tôt ou tard j'aurai sa peau. Pourquoi je ne l'ai pas tué ce jour-là, mais pourquooooi ? (Le chef indien se met à crier.)
Œil de Lynx : Parce que les dieux en ont décidé autrement. Ce visage pâle a beaucoup de chance.
Plume de Serpent : : Non ! Il en avait...
Œil de Lynx : Tu viens ? On y va ?
Plume de Serpent : : Oui. Il ne sait pas ce qui l'attend...

On aperçoit les deux cow-boys galopés sur leurs chevaux. Ils s'approchent d'un fort de l'armée des Yankees, alors que deux militaires montent la garde.

Un garde yankees : Bonjour, shérif. Bonjour, John.
Harry : Bonjour, messieurs. Le capitaine Watford est-il parmi vous ?
Un garde yankees : Il doit être dans son bureau.
Harry : On peut rentrer ?
Un garde yankees : Allez-y, messieurs.
Harry : Merci.

Les deux cow-boys rentrent à l'intérieur du fort. Ils descendent ensuite de leurs chevaux qu'ils attachent à un emplacement prévu à cet effet.

John : Tu es prêt ?
Harry : Ouais. Allons le voir.

Les deux hommes avancent jusqu'à la porte du bureau du capitaine Watford et Harry frappe.

Le capitaine Watford : Entrez.

Le shérif et son adjoint rentrent dans le bureau du capitaine des Yankees, ils se retrouvent en intérieur jour.

Harry : Bonjour, capitaine Watford.
Le capitaine Watford : Bonjour, shérif.

Les deux hommes se serrent la main.

John : Enchanté, capitaine. Mon nom est John. Je suis l'adjoint du shérif.
Le capitaine Watford : Harry m'a beaucoup parlé de vous. Enchanté de vous connaître.

John et le capitaine se serrent également la main.

Le capitaine Watford : Asseyez-vous, messieurs.
Harry : On n'a pas le temps. Il se passe quelque chose de grave.
Le capitaine Watford : Que se passe-t'il ?
Harry : Sémilliac City va être attaqué d'un moment à l'autre par les Apaches.
Le capitaine Watford : Pourquoi feraient-ils cela ?
Harry : On a retrouvé les cadavres de trois de nos hommes que j'avais envoyés pour protéger de riches fermiers.
Le capitaine Watford : Ils possédaient de l'or ?
Harry : Ouais. Chuck et Sharon étaient deux vieux amis que... (Il fait semblant de pleurer et il ne peut même pas terminer sa phrase.)
Le capitaine Watford : Remettez-vous, mon vieux. Ce n'est pas le moment de se laisser abattre.
Harry : Quand je pense que l'oncle de ce bon vieux Chuck avait trouvé de l'or. Ça a été leur malheur.
Le capitaine Watford : Les indiens les auraient tués pour voler leurs pépites.
Harry : Je le crains. Il paraît qu'ils étaient devenus très riches.
Le capitaine Watford : Ah, les sauvages ! Ça ne m'étonne pas d'eux… Mais pourquoi ils s'en prendraient à votre ville.
Harry : Un couple de Sémilliac City a également trouvé de l'or. Les indiens le savent et l'attaque risque d'être imminente.
Le capitaine Watford : Vous pensez que le danger est proche ?
Harry : J'en ai bien peur. Protéger notre ville. Je vous en supplie ! Pensez aux femmes et aux enfants.
Le capitaine Watford : Je vais emmener avec moi une partie de mes hommes. Les Apaches ont intérêts à bien se tenir…
Harry : Merci, capitaine Watford. Je n'en attendais pas moins de vous.

On aperçoit en extérieur jour de nombreux Apaches chevauchant leurs montures au galop.

Voix off : Les indiens s'apprêtent à venir assiéger les habitants de Sémilliac City. Plume de Serpent a regroupé rapidement une bonne partie de ses hommes pour attaquer cette petite ville du Texas.

On aperçoit en intérieur jour la ville et l'on peut remarquer la présence de Yankees aux fenêtres de plusieurs maisons avec une arme à la main.

Voix off : Mais ils ont sûrement réagi trop tard, car les hommes du capitaine Watford sont fins prêts pour cet affrontement.

On découvre les indiens pénétrer à l'intérieur de la petite bourgade. Ensuite, on voit un Yankee qui tire sur un indien qui s'écroule puis, un deuxième tunique bleue fait la même chose et un autre indien succombe à son tour, suivit d'un troisième.

Voix off : Un massacre d'indiens a eu lieu dans cette sinistre bataille et des dizaines et des dizaines d'entre eux sont tombés sous les coups des fusils des Yankees.

On voit des indiens se sauver à toute vitesse et l'on peut remarquer que quelques-uns d'entre eux tombent de leur cheval. Les survivants partent sans demander leurs restes…

Voix off : Les Apaches ont connu ce jour-là une défaite des plus cuisantes. Les Américains ont été tellement fiers de leur triomphe que celui-ci est encore considéré aujourd'hui comme un merveilleux modèle d'héroïsme dans la mémoire de la population.

On aperçoit en gros plan le cadavre de Plume de Serpent qui est mort sous les balles des Yankees.

Voix off : Plume de Serpent a succombé lui aussi sous les cartouches des Yankees dans ce jour des plus sinistres. Ce qui rend le triomphe encore plus savoureux pour les Américains, car même le chef Indien est mort dans cette bataille qui fût un désastre pour le peuple Apache.

On aperçoit des vautours voler dans le ciel.

Voix off : Plume de Serpent restera pour toujours aux yeux des Américains un vulgaire criminel mort dans la défaite.

On découvre un cercueil indien.

Voix off : Le malheureux chef Apache a été victime d'une machination de deux crapules de la pire espèce qui resteront pourtant des héros pour l'éternité.

On revient à l'époque actuelle en apercevant, en intérieur jour, mademoiselle Hetwall qui finit de lire à voix haute cet ouvrage sur l'histoire des Etats-Unis.

Mademoiselle Hetwall : Voilà comment se termine cette sinistre histoire.
Brad : C'est vraiment injuste.
Julia : Je croyais que c'était les Apaches les méchants.
Mademoiselle Hetwall : Je peux te poser une question, ma petite Julia ?
Julia : Oui, madame.
Mademoiselle Hetwall : D'après-toi, qui a gagné la guerre ? Les cow-boys et les indiens ?
Julia : Fastoche. Ce sont les cow-boys.
Mademoiselle Hetwall : C'est pour ça que nous avons toujours le rôle des gentils et que les Apaches sont représentés comme des sauvages.
Jimmy : Je ne comprends pas.
Mademoiselle Hetwall : Je vais vous expliquer quelque chose les enfants. Dans toutes les guerres, ce sont toujours les vainqueurs qui ont le beau rôle, alors que les perdants sont toujours traînés dans la boue.
Brad : Pourquoi ?
Mademoiselle Hetwall : Les vainqueurs arrangent toujours les choses à leurs façons. Ils vont jusqu'à mentir pour salir leurs ennemis et pour embellir les crimes de leurs soldats.
Julia : Vous croyez vraiment que si les indiens avaient gagné, les rôles auraient été inversés ?
Mademoiselle Hetwall : C'est évident.
Jimmy : Ce n'est pas bien. Les historiens sont tous des menteurs.
Mademoiselle Hetwall : Tu as raison, Jimmy. Mais c'est comme ça.
Tom : Si j'ai bien compris, le méchant shérif et son adjoint n'ont jamais été punis et tout le monde croit que ce sont des héros.
Mademoiselle Hetwall : Détrompe-toi. Il y a quand même eu une justice.
Julia : Laquelle ?
Mademoiselle Hetwall : Ces deux cow-boys se sont comportés comme les derniers des ivrognes pour célébrer leur victoire dans le saloon de Sémilliac City.
Julia : Et alors ?
Mademoiselle Hetwall : Un vieil indien qui vivait chez les cow-boys a entendu ces deux hommes se vanter de leur machination pour dénoncer, à tort, les indiens responsables de l'assassinat des deux fermiers.
Brad : Est-ce qu'il a puni les méchants ?
Mademoiselle Hetwall : Oui. Il a profité d'un instant où il s'est retrouvé seul avec eux dans le saloon pour assassiner froidement ces deux crapules. Et personne n'a su que c'est lui qui avait vengé ses frères de sang.
Julia : Je peux vous poser une question mademoiselle Hetwall ?
Mademoiselle Hetwall : Bien sûr, Julia.
Julia : Vous dites que vous connaissez la vérité sur cette bataille, alors pourquoi dans les livres d'histoires, on ne lit jamais votre version ?
Mademoiselle Hetwall : Peut-être que je mens… moi aussi ?
Julia : Pardon ?
Mademoiselle Hetwall : Les historiens n'étaient pas là le jour du drame, mais moi non plus. On peut raconter n'importe quoi. On ne pourra jamais prouver la mauvaise foi de certaines personnes.
Tom : Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Mademoiselle Hetwall : Un proverbe prétend la chose suivante : " Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son. "
Jimmy : Et alors ?
Mademoiselle Hetwall : Il faut connaître les deux versions pour se faire sa propre opinion.
Julia : Oui, mais. Nous aussi, on peut se tromper.
Mademoiselle Hetwall : Personne n'est infaillible. Croyez-moi les enfants, c'est encore en entendant des avis différents et en faisant sa propre analyse que l'on a le plus de chance de tendre vers la vérité.

On entend la sonnerie de la classe retentir pour annoncer la fin du cours.

Mademoiselle Hetwall : C'est déjà l'heure. Au revoir, les enfants. A demain.
Les élèves : Au revoir, mademoiselle Hetwall.

On aperçoit les élèves sortir de la classe les uns après les autres et il ne reste pour finir qu'une petite fille qui arrive en face du bureau de son institutrice.

Sonia : Merci, mademoiselle.
Mademoiselle Hetwall : Pourquoi tu me remercies, Sonia ?
Sonia : Vous venez de rendre justice aux indiens. Je suis contente parce que j'ai des origines Apaches.
Mademoiselle Hetwall : Tu as dû apprécier ma leçon d'histoire.
Sonia : Oh, oui ! Vous êtes une bonne institutrice. Si les élèves pouvaient noter leur maîtresse, je vous mettrais un 18 sur 20 avec la mention " très bien ".

La petite Sonia sort de la classe en faisant un clin d'œil complice à son institutrice et cela reste en image fixe.


FIN


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et la saga des connexions continue...