La camion-stoppeuse

sommaire saga retour


La camion-stoppeuse

N° dépôt S.A.C.D. : 148828
Court-Métrage
de
Franck Laisné

Genre :

Fiction



PERSONNAGES :

JACQUES : le chauffeur routier
AURÉLIE : la camion-stoppeuse






On aperçoit, alors qu’il fait extérieur nuit, une jeune fille faire du stop. On voit juste après un camion rouler. Le camion est ensuite filmé intérieur nuit et le chauffeur prend une bouteille de whisky presque vide, il enlève le bouchon et il boit à la bouteille, il la finit et il la jette par terre, il s’essuie la bouche avec sa main et il continue à rouler. En extérieur nuit, on revoit l’adolescente continuer à faire du stop, le camion passe devant la jeune fille et il s’arrête brusquement. La jeune fille avance et elle ouvre la portière du véhicule.


Aurélie : Est-ce que je peux monter ?


Jacques : Ca dépend. Où veux-tu aller ?


Aurélie : Je vais au cimetière de Crosac.


Jacques : C’est sinistre pour une jeune fille d’aller dans un endroit pareil à une heure aussi tardive.


Aurélie : Je sais. Mais ma grand-mère est décédée la semaine dernière et je suis inconsolable depuis qu’elle est morte.


Jacques : Monte petite.


Aurélie : Merci, Jacques.


Aurélie monte dans le camion et elle ferme la portière.


Jacques : C’est incroyable ! Tu connais mon prénom ?


Aurélie : Bien sûr. J’ai des dons de voyance.


Le camion est filmé à l’arrêt. Extérieur nuit pendant un court instant et l’on peut s’apercevoir qu’il se remet à rouler. Et il est de nouveau filmé intérieur nuit.


Jacques : Tu as des dons de voyance petite. Qu’est-ce que tu peux dire sur moi ?


Aurélie : Je connais votre prénom et je sais aussi que vous êtes un alcoolique invétéré.


Jacques : Pour l’instant tu fais un sans faute avec tes prédictions.


Aurélie : Celle-là n’était pas difficile. Il suffit de voir la bouteille vide qui est à vos pieds et vous empestez l’alcool. Vous devriez arrêter.


Jacques : C’est vrai que je bois, mais cela ne te regarde pas.

Aurélie : Je ne suis pas d’accord et je sais que depuis de longues années, votre vie a été foutue en l’air et vous avez sombré dans l’alcoolisme. Vous êtes insupportable avec votre entourage et ils n’ont pas à subir votre mauvaise humeur. Ils n’y sont pour rien et ils n’ont donc pas à en subir les conséquences.


Jacques : Qu’est-ce que cela peut te faire ?


Aurélie : Je ne suis pas contente de votre comportement. Vous savez Jacques, ils ne sont pas responsables du fait que vous soyez malheureux.


Jacques : J’ai besoin de boire et j’en ai rien à faire si cela te déplaît.


Aurélie : Je vais être franche avec vous en vous avouant que je vous trouve lamentable. Vous n’êtes qu’un poivrot.


On aperçoit pendant un court instant le camion filmé extérieur nuit et il s’arrête tout-à-coup sur la chaussée. Ensuite c’est de nouveau filmé intérieur nuit.


Jacques : Je te prends en voiture et mademoiselle se permet de me juger. Si tu n’es pas contente, tu peux descendre là, petite. Personne ne te retient.


Aurélie : Excusez-moi. Ne me laissez pas dehors. Supposez que je me fasse violer et assassiner par un pervers et que vous appreniez la nouvelle dans les journaux. Vous ne vous le pardonnerez jamais. Pas vrai, Jacques ?


Jacques : Il y a peu de chance que cela t’arrive.


Aurélie : Détrompez-vous. Je possède des dons de voyance et je peux vous assurer que si je reste ici, je cours un très gros danger.


Jacques : T’en es sûre ?


Aurélie : Sûre et certaine.


Jacques : Bon, très bien. Je te crois.


On aperçoit le camion filmé extérieur nuit et il repart au bout d’un très court instant. Ensuite c’est de nouveau filmé intérieur nuit.


Jacques : Je sais que tu vas voir ta grand-mère, mais je doute vraiment que c’est seulement pour cette raison, si tu es dehors à une heure aussi tardive.


Aurélie : Oui, j’ai été danser avec des copines dans une boîte de nuit.


Jacques : Et personne ne t’a raccompagnée ?


Aurélie : Normalement mon amie Christelle devait me ramener en voiture, mais j’ai préféré faire du « stop ». C’est plus prudent.

Jacques : Pourquoi tu dis ça ?


Aurélie : Parce qu’elle n’était pas en état de conduire. Elle avait beaucoup trop bu, si vous voulez mon avis.


Jacques : Et tu l’as laissée conduire toute seule ?


Aurélie : Non, rassurez-vous. C’est son petit ami qui l’a raccompagnée chez elle.


Jacques : Ah, j’aime mieux ça. Je me disais aussi. Je comprends maintenant pourquoi tu me faisais la morale au sujet de l’alcool.


Aurélie : Vous êtes perspicace.


Jacques : Mais dis-moi. Tes parents te laissent souvent sortir le soir ?


Aurélie : Mes parents sont divorcés. Je vois très rarement mon père et ma mère me donne beaucoup de libertés.


Jacques : Si j’ai bien compris. Tu fais ce que tu veux ?


Aurélie : Je suis complètement libre.


Jacques : Et bien, ils ont tort. Moi, si j’avais une fille comme toi, je ne la laisserais pas sortir aussi tard.


Aurélie : Pourquoi ?


Jacques : J’aurais trop peur qu’il t’arrive quelque chose.


Aurélie : Donc vous m’aimez bien. Sinon vous en auriez rien à faire de moi.


Jacques : Je trouve que tu es une jeune fille adorable. J’apprécie énormément ta compagnie.


Aurélie : Moi aussi. Je vous aime bien.


Jacques : Ca me touche beaucoup. Tu ne peux pas savoir jusqu’à quel point je regrette de ne pas avoir eu d’enfants.


Aurélie : Et pourquoi vous n’en avez jamais eu ?


Jacques : Tu sais, je n’en mérite pas. Tu commences vraiment à m’énerver avec tes questions indiscrètes.


Aurélie : Excusez-moi. Ce que vous pouvez être susceptible.


Jacques : Je suis désolé. Je suis trop nerveux. Je n’aime pas parler des enfants.


Aurélie : Puis-je quand même vous poser une question ?


Jacques : Pose-la.


Aurélie : J’espère que vous n’êtes pas pédophile.


Jacques : Ah, ah, ah. Rassure-toi. Je te promets que tu n’as rien à craindre de moi.


Aurélie : Tant mieux !


Jacques : Mais je croyais que tu étais voyante ?


Aurélie : C’est vrai. J’étais sûre et certaine que vous n’étiez pas un pervers.


Jacques : Alors pourquoi tu m’as posé cette question ?


Aurélie : Je voulais vous faire marcher et je vous ai fait courir.


Jacques : Que vois-tu concernant mon avenir madame Irma ?


Aurélie : Je sais que vous allez bientôt arrêter de boire.


Jacques : Ah, ah, ah.


Aurélie : Pourquoi vous riez ?


Jacques : C’est impossible. J’ai suivi plusieurs sevrages dans des hôpitaux et cela n’a servi à rien.


Aurélie : Et bien, je suis prête à parier une fortune avec vous que vous arrêtez l’alcool dès ce soir.


Jacques : Ah, ah, ah. J’espère que tes parents sont milliardaires.


Aurélie : Non, mais si je parie avec vous. Je vais le devenir.


Jacques : T’es vraiment marrante, petite.


Aurélie : Je peux vous demander quelque chose, mais promettez-moi à l’avance que vous allez dire « oui ».


Jacques : Je ne fais jamais de promesses à la légère. j’aurais trop peur de me faire avoir. Que veux-tu me demander ?


Aurélie : Je vous supplie de ne pas tourner à droite pour m’emmener à Crosac.


Jacques : Et pourquoi s’il te plaît ?


Aurélie : Si vous tournez à droite, vous allez avoir un accident mortel et vous allez mourir.


Jacques : Mais si je passe par Cormeilles, cela me rallonge énormément.




Aurélie : Vous préférez peut être prendre le raccourci pour aller au cimetière ?


Jacques : Je déteste passer par Cormeilles. Sur cette route, je conserve un très mauvais souvenir.


Aurélie : Vous savez Jacques. Je possède vraiment des dons de voyance et je veux vous sauver la vie.


Jacques : Peux-tu me prouver que tu es une vraie voyante ?


Aurélie : Bien sûr.


Jacques : Quel est le prénom de ma première petite amie ?


Aurélie se met la tête dans les mains pendant quelques secondes.


Jacques : Qu’est-ce que tu fais ?


Aurélie : Je me concentre.


Aurélie enlève la tête de ses mains.


Aurélie : Le prénom de votre première copine est celui de « Florence ».


Jacques : T’es très forte. Que peux-tu me dire de plus la concernant ?


Aurélie : Elle est blonde avec de magnifiques yeux verts. Elle est très belle et vous vous êtes rencontrés un jour où vous avez été au cinéma. Vous l’avez draguée juste après la séance.


Jacques : Tu es incroyable ! Et pourquoi avons nous rompu ?


Aurélie : A cause d’un drame qui vous a détruit et qui vous a rendu agressif à son égard. Ne laissez pas une deuxième catastrophe achever votre existence. Je vous en supplie. Ne passez pas par Crosac.


Jacques : Je te crois.


On voit le camion filmé extérieur nuit qui fait marche arrière pour reprendre la route qui mène tout droit et il continue à rouler en direction de Cormeilles.


Aurélie : Il était moins une. Nous avons échappé de peu à l’accident.


Jacques : Il aura lieu quand ?


Aurélie : Bientôt.


Intérieur nuit : on aperçoit un conducteur fumant un joint et sa copine et à ses côtés. Extérieur nuit : On voit la voiture rouler en zigzag puis elle reste à gauche, ensuite on voit une autre voiture prendre un virage et on voit les deux voitures rentrer l’une dans l’autre.


Intérieur nuit dans le camion où se trouvent Jacques et Aurélie.

Aurélie : Quelle horreur ! Ca y est. L’accident vient d’avoir lieu.


Jacques : Y’a t’il des morts ?


Aurélie : Non, des blessés seulement. Tout ça à cause du conducteur qui fumait du cannabis.


Jacques : Il n’y a rien de pire que la drogue. C’est un vrai fléau.


Aurélie : C’est un peu comme l’alcool. Si vous voyez ce que je veux dire...


Jacques est filmé en gros plan et il est tout blanc.


Aurélie : Jacques. Vous ne vous sentez pas bien ? Qu’est-ce que vous êtes pâle. Vous êtes malade ?


Jacques : Non, mais c’est la première fois depuis longtemps que je repasse sur cette route et j’en ai la chair de poule.


Jacques est de nouveau filmé en gros plan, mais cette fois-ci il pleure.


Aurélie : Mais vous pleurez.


Jacques : Est ce que tu aurais un kleenex ? Je n’en ai pas.


Aurélie : Je suis désolée, mais je n’ai pas de mouchoir. Mais je peux faire ça pour vous consoler.


Aurélie embrasse Jacques sur la joue.


Jacques : Tu es une adorable petite jeune fille. Tu tiens vraiment à aller te recueillir sur la tombe de ta grand-mère ?


Aurélie : Oui. Nous sommes presque arrivés. Courage.


Jacques : Tu sais que je manque à tous mes devoirs. Tu es dans ma voiture depuis un bon quart d’heure et je ne t’ai même pas demandé ton prénom. Comment tu t’appelles ?


Aurélie : Je m’appelle Aurélie.


Jacques : Ne prends pas mal ce que je vais te dire. Tu as un très joli prénom, mais je ne l’aime pas.


Aurélie : Pourquoi ?


Jacques : Il y a quelques années, j’ai eu un terrible accident et j’ai tué une jeune étudiante qui portait le même prénom que toi. (Il panique en l’appelant par son prénom ) : Aurélie ! Aurélie !


On aperçoit le siège de la petite jeune fille qui est vide.


Jacques : Elle a disparu. Pourtant il n’existe aucun moyen de sortir. Je l’aurais vue si elle avait sauté et je mets toujours la sécurité, on ne peut pas ouvrir la portière de l’intérieur du camion.


On aperçoit le camion filmé extérieur nuit s’arrêter devant le cimetière. Jacques descend de son véhicule et il ferme la portière juste après être descendu du camion en tenant dans ses mains une bouteille de whisky. Il rentre à l’intérieur du cimetière et il s’arrête devant la tombe d’Aurélie.


Jacques : Je comprends maintenant pourquoi Aurélie voulait aller au cimetière. Elle voulait rentrer chez elle. A moins que j’ai des hallucinations à cause de l’alcool et de ma mauvaise conscience qui me joue peut être des mauvais tours…


Jacques casse la bouteille de whisky en la cognant contre la tombe.


Jacques : J’ai tué Aurélie et ce soir son fantôme me sauve la vie. Elle est vraiment adorable…


NORATEUR : Dans ce cimetière un homme nouveau vient de naître oubliant le zombie qu’il était.



FIN







233379 visiteurs depuis le 20 septembre 2003

et la saga des connexions continue...