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Les bijoux de famille

Les bijoux de famille

COMEDIE



Astrid : L’adolescente illuminée

Jean-Paul : Le père d’Astrid

Sophie : La mère d’Astrid

Flemming : Le prétendant d’Astrid

Le gendarme

Le vieillard



Astrid se prosterne devant la statue d’un Dieu Viking.

Astrid : J’implore ta révérence. Oh toi, Freyja ! Déesse de l’amour et de la beauté. Je t’adore beauté divine et que ma vénérable prière traverse le ciel pour que tu puisses l’écouter.

Les parents arrivent dans le salon.

Sophie : Astrid ! As tu pris les médicaments du docteur Herbert ?

Astrid : Ouais, maman.

Jean-Paul : Il faudrait peut-être que ta fille retourne à l’hôpital ?

Sophie : Pourquoi, ma fille ? C’est la tienne…

Jean-Paul : Sophie, ne l’a renie pas ! On voit bien que tu es sa mère…

Sophie : Ah, tu crois ? Regarde moi cette malade qui se prosterne devant Freyja.

Astrid : Bah quoi, je prie ! Tu ne fais pas mieux, je te signale…

Jean-Paul : Ce n’est pas la même chose… Je vais à l’église prier la Sainte Vierge et non des dieux inexistants !

Astrid : T’es sûr qu’elle existe ? Tu l’as déjà rencontrée ?

Jean-Paul : Assez d’insolence ! Je comprends que la religion Catholique ne t’intéresse pas. Ce culte n’est pas fait pour les illuminés de ton espèce…

Astrid : Bah ! Chacun ses croyances… La religion « Spirit Viking Scandi » est une religion comme une autre !

Jean-Paul : Elle a beaucoup d’adeptes ?

Astrid : Ouay ! Y’a même un site sur Internet…

Jean-Paul : J’espère qu’il n’est pas payant...

Astrid : Bah, non ! C’est gratuit, sauf que...

Jean-Paul : Sauf, que quoi ?

Astrid : J’y suis restée longtemps et j’ai dépassé le forfait. Ce sera la surprise…

Sophie : Quand je te disais que ta fille est aussi dépensière que tante Zoé, je n’avais pas tort… T’es restée combien de temps sur Internet ?

Astrid : Je ne sais pas. J’ai médité des nuits entières devant mon ordi. Et bien, quoi ? Tu payes bien la quête à l’église…

Jean-Paul : Ne compares pas ce qui n’est pas comparable !

Sophie : Tu sais bien que ton père ne donne que de malheureux centimes ?

Jean-Paul : Tu vas payer la facture ! Ce sera ton châtiment…

Astrid : C’est sévère ! Je vais être surendettée pendant de longues euros années...

Jean-Paul : Heureusement que l’on ne t’a pas acheté de portable…

Astrid : T’aurais du prendre la D.S.L. Tout le monde l’a, sauf toi…

Jean-Paul : Ce n’est pas plus utile qu’un portable…

Astrid : Je suis du genre amnésique. Tu m’y fais penser. J’ai oublié de te dire mon petit papa adoré…

Jean-Paul : Tu as oublié de me dire quoi ?

Astrid : Je t’ai emprunté ton portable... Ce n’est pas de la faute de my, mais j’avais deux ou trois coups de téléphone super importants à donner…

Sophie : J’espère que tu n’es pas restée longtemps au téléphone… Je te signale que ton père est cardiaque, ma chérie…

Astrid : Je ne dirai rien par peur de t’achever papa ! Tu sais comment sont les copines ? On voit bien que ce ne sont pas elles qui payent les communications…

Jean-Paul : Ah ! Parce que tu as l’intention de payer ?

Astrid : Bah, non ! Je n’ai pas les dollars…

Sophie : Malgré tout l’argent que t’a donné tante Louise pour ton anniversaire !

Astrid : Tu l’a connais celle-là... Tu sais bien qu’elle est radine ! Avec l’argent qu’elle m’a donné, j’ai seulement pu m’acheter trois statues de Dieux Vikings, un ordi, un lecteur D.V.D. et encore… c’est une sous-marque !

Sophie : Pourquoi tu n’as pas acheté de portable ?

Astrid : Je préfère emprunter le tien, c’est plus économique…

Jean-Paul : Bah, voyons…

Astrid : Ne te plains pas en ce moment, il y a de super réducs pour l’Australie ! Ce serait bête de ne pas en profiter…

Jean-Paul : Oui, surtout que ce sont les autres qui payent…

Astrid : T’as de la chance ! Grâce à ta fille, tu fais des économies…

Jean-Paul : Qui c’est que tu appelles en Australie ?

Astrid : Je téléphone à Marine. Tu sais, la pauvre girl, elle se retrouve seule chez les koalas, elle ne connaît même pas un mec, elle déprime un peu. Tu sais ce que c’est… Elle a besoin de parler, mais elle a une super copine ! Sans moi, elle se serait peut être suicidée ? Tu devrais être hyper content, je fais une bonne action…

Jean-Paul : Oui, mais avec mon argent… Ah, celle-là ! Elle ferait mieux de se suicider, ce serait plus économique…

Astrid : Vous ne comprenez rien à rien…

Sophie : Dis tout de suite qu’on est bête !

Astrid : Bah, non ! Je respecte les animaux…

Jean-Paul : Viens Sophie, partons… Quand à toi Astrid, je te laisse méditer sur ce que tu as fait. Nous allons appeler le docteur Herbert. Lui au moins, il pourra nous donner des conseils. T’es vraiment la fille de ta mère…

Jean-Paul s’en va.

Sophie : Rassure-toi, ma chérie ! Tu n’es pas non plus la fille du facteur…

Sophie s’en va à son tour.

Astrid : Qu’est ce qu’ils ont tous ? Je ne voudrais pas jouer les paranos, mais j’ai l’impression qu’ils m’en veulent. Comme si… (Elle lève les yeux au ciel). Ils ne savent pas la chance qu’ils ont d’avoir une girl comme my...

Elle avance jusqu’à la statue d’Odin.

Astrid : T’entends ça, Odin ? L’Alzheimer n’est pas loin…

Astrid fait semblant d’écouter la statue lui parler.

Astrid : Je suis d’accord avec toi. Mais tu sais à leurs âges, ils sont gâteux. Je crois même qu’ils parlent tout seul. Si, si. Je te jure ! (Elle met sa main devant la bouche pour étouffer son rire).

Astrid fait semblant d’écouter la statue lui parler.

Astrid : Je vais te dire un truc, je suis la seule personne équilibrée dans cette famille.

Astrid fait semblant d’écouter la statue lui parler.

Astrid : Je m’ennuie ici. (Elle fait la moue). O.K., je suis dac…

Astrid s’agenouille devant le miroir et elle se maquille en se mettant des symboles Vikings sur le visage.

Astrid : (Elle chantonne).

Les parents arrivent.

Sophie : Ma pauvre fille…

Jean-Paul : Mais qu’est-ce qu’elle a encore été inventer ?

La mère lui retire son rouge à lèvres.

Astrid : Mais, heu…

Sophie : Mais ! T’es complètement folle ?

Astrid : Ben, quoi ? C’est mon corps et je fais ce que je veux ! Tu ne comprends rien à la pureté de l’existence…

Jean-Paul : Nous y voilà…

Astrid : Vous ne comprenez jamais rien ! Vous êtes vieux, vous êtes bourgeois, vous êtes matérialiste. Il n’y a que votre petit confort qui est hyper important for you...

Sophie : Si on n’était pas là, comment tu ferais ? Qui t’as élevée ? Un peu de respect pour ta mère…

Jean-Paul : Et moi ? Je ne compte pas ?

Sophie : Tu vois bien que ce n’est pas le moment et puis, on ne peut jamais compter sur toi…

Jean-Paul : Qu’est-ce que tu insinues ?

Sophie : Je n’insinue rien. Je constate…

Astrid : Et c’est reparti !

Jean-Paul : T’es bien comme ta fille énigmatique et irrationnelle…

Les deux femmes se retournent et elles se jettent un regard complice.

Astrid : Ecoutez-le ! (Elles se regardent et ensuite elles rigolent).

Jean-Paul : Puisque tout le monde est contre moi… Ma chérie, t’es très jolie comme ça ! (En chuchotant : il parle à Astrid). T’es bien partie pour ressembler à ta mère…

Astrid : Salaud !

Sophie : Pourquoi elle ne s’améliorerait pas en vieillissant ?

Astrid : Pfff ! Oh, les parents ! Au secours !

Jean-Paul : Tous les vins jeunes ne donnent pas de grandes cuvées, certains se transforment en vinaigre… (Il regarde sa femme avec un sourire ironique). T’as l’intention de laisser la vendeuse toute seule…

Sophie : Les bijoux ne risquent pas de s’envoler…

Jean-Paul : L’avoine fait le cheval, le babillage la femme et l’or le gentilhomme.

Sophie reste interdite et la fille enchaîne.

Astrid : (Sifflotant). Heureusement qu’il y a quelqu’un de sensé dans cette maison… Pas vrai, papa ?

Jean-Paul : Assez d’insolence ou alors, je vais te montrer qui est l’homme dans cette maison !

Sophie : Tu as raison de faire preuve d’autorité envers cette gamine…

Astrid : Si maman aime les mecs du genre macho, c’est son droit, mais je ne suis pas adepte de la flagellation, moi… (Elle regarde sa mère).

Sophie : C’est quoi, la flagellation ?

Astrid : Tu regarderas dans le dico que je t’ai payé pour la fête des mothers. Pour une fois, il ne servira pas seulement à décorer l’étagère…

Jean-Paul : Tu oses prétendre que ta mère n’a aucune culture et qu’en plus de ça, elle pratique le masochisme. Et bien, bravo…

Astrid : Bah, ouais ! Ça fait longtemps qu’elle s’est mariée avec toi et il faut être maso pour te supporter autant d’années…

Jean-Paul : Ça fait longtemps que tu résides dans cette maison, tu ne vas pas en cours et tu ne cherches même pas à te marier. T’es donc mal placée pour faire la morale à ta mère ! J’étais bien parti pour te supporter encore quelques années, mais heureusement, j’ai trouvé la solution…

Astrid : C’est quoi ?

Jean-Paul : Je vais te présenter ton futur mari.

Astrid : Et si j’étais lesbienne… comment tu ferais ?

Sophie : Tu sais, ma chérie ? C’est un homme merveilleux et nous avons eu beaucoup de mal à trouver quelqu’un qui soit digne de notre famille…

Jean-Paul : Il a un physique radieux qui correspond à tes critères de beauté. C’est quelqu’un qui a une excellente éducation, il vient d’une bonne famille, il a fait des longues études et en option… il est très intelligent !

Sophie : Même moi, je ne comprends rien à ce qu’il raconte…

Astrid : Excuse ! Prononciation anglaise. T’es pas une référence…

Jean-Paul : Oui, mais pour une fois ta mère avait une bonne excuse…

Astrid : Ah, ouais ! Laquelle ?

Jean-Paul : Il discutait en danois. Ta mère ne risquait pas de le comprendre. Déjà qu’elle ne connaît pas l’anglais…

Astrid : Elle a aussi beaucoup de problèmes pour comprendre le français…

Jean-Paul : Je t’interdis de manquer de respect à ta mère !

Astrid : Y’a rien d’étonnant à ce que tu sois vexé. Qui se ressemble, s’assemble…

Jean-Paul : Et bien toi, tu nous ressembles pas…

Astrid : Encore heureux ! Sinon, je ne pourrais même plus m’admirer devant un miroir...

Jean-Paul : Ce n’est pas le moment de la ramener ou alors, tu vas payer la facture d’Internet et aussi celle du portable…

Astrid : Je te promets que je ferai un effort… La prochaine fois, je ne me servirai même pas de ton téléphone pourri !

Jean-Paul : Te connaissant, c’est impossible…

Astrid prend le portable, elle le jette par terre et elle le casse.

Astrid : Tu me crois maintenant ? Salut les notes de teleph avec plein de zéros derrière...

Jean-Paul : Tu parles d’une économie… Ce téléphone m’a coûté 1500 €. Merci, Astrid !

Astrid : De rien… Quand on peut rendre service !

Sophie : Je ne te conseille pas de casser le portable une deuxième fois ou alors, tu auras une paire de claques…

Astrid : Ah bah, non ! Je préfèrerais casser autre chose. Ce serait plus utile…

Sophie : Et que je ne t’y reprenne pas ! Déjà que tu es une feignante de première et je sais que Mademoiselle Astrid préfère passer ses journées à s’amuser plutôt que de bosser, alors qu’il y a du travail dans cette maison…

Jean-Paul : Tu l’as bien remise à sa place. Oh fait, ma chérie ! Va donc voir si la vendeuse ne souffre pas trop de solitude…

Sophie : J’allais descendre, figures-toi !

Jean-Paul : Tu dois avoir de l’arthrose...

Astrid : Tu devrais l’a pousser dans les escaliers. Ça irait plus vite…

Sophie : Bon, ça va ! J’ai compris…

Astrid : Allez zou, maman ! Descends !

Sophie : Tu n’as pas d’ordre à me donner ! Tu n’es que ma fille…

Jean-Paul : Et moi, je suis ton mari… Allez ouste !

Sophie : Oui, mon chéri !

Sophie descend les escaliers et elle sort du décor théâtral.

Astrid : Quelle autorité, papa ! Tu m’impressionnes…

Jean-Paul : Tu verras quand tu seras une femme… mariée !

Astrid : Je ne suis pas du genre à laisser un mec faire sa loi. Je ne suis pas une cruche comme maman…

Jean-Paul : Tu feras sa connaissance dans quelques semaines, il est actuellement en voyage d’affaires en Thaïlande.

Astrid : J’espère que ce n’est pas un pédophile…

Jean-Paul : Non, excuses-moi. Il est dans un pays voisin, il est à Madagascar.

Astrid : T’as dû avaler une mappemonde pour être aussi big costaud en géo…

Jean-Paul : J’ai une petite surprise à t’apprendre pour te faire patienter avant de faire sa connaissance. Quelqu’un doit venir d’une seconde à l’autre et je ne te dis pas qui c’est... Surprise !

Astrid : Je ne suis pas une demeurée ! Je ne m’appelle pas maman...

Jean-Paul : Ah ! Je n’ai pas été très discret…

Astrid : Bah, noaw ! A t’il a un look du genre glamour à la Odin ?

Jean-Paul : Physiquement, il sera à ton goût. Il me ressemble un peu…

Astrid : Quelle horreur ! C’est Frankenstein !

Jean-Paul : Tu vas voir… Tu seras conquise par son charme dévastateur…

Astrid : On verra…

Quelqu’un sonne à la porte.

Jean-Paul : Ouvrons la porte du donjon au prince charmant !

Jean-Paul ouvre la porte de son appartement, un vieillard est derrière la porte en tenant dans ses mains une boite de bonbons.

Le vieillard : Bonjour, Monsieur. Je viens voir votre fille.

Astrid : Hoaw ! Tu confonds un conte de fées avec un film d’épouvante…

Jean-Paul : Je suis désolé Monsieur, mais il doit y avoir une petite erreur…

Astrid : Une petite, une petite. Oh non ! Une grosse, tu veux dire…

Le vieillard : Comment ça ? Je ne suis pas au 2 rue des Marbiers ?

Jean-Paul : Non, vous êtes au 3…

Le vieillard : Autant pour moi ! Je venais voir une petite jeune fille pour un rendez-vous galant.

Astrid : Une petite jeune fille de quel âge ?

Le vieillard : Oh ! Elle est toute jeune et toute petite.

Astrid : Quelle horreur ! Un pédophile !

Le vieillard : Elle est toute jeune, mais n’exagérons rien ! Mademoiselle Claudine est quand même majeure depuis une bonne trentaine d’années. Elle ne mesure que quatre-vingt dix centimètres et il paraît qu’elle est encore pucelle à 49 ans…

Astrid : Vive le célibat !

Le vieillard : Je vous abandonne... Excusez-moi, encore ! Au revoir !

Jean-Paul : Il n’y a pas de mal… Au revoir, Monsieur !

Jean-Paul referme la porte.

Jean-Paul : Il y a un petit malentendu…

Astrid : Je suis hyper contente de ne pas être cardiaque... Sinon, zou !

Quelqu’un sonne à la porte.

Jean-Paul : J’ouvre peut-être la porte au Prince Charmant ?

Astrid : J’ai compris… Tu sais quel jour on est aujourd’hui ?

Jean-Paul : Je ne retiens jamais les dates…

Astrid : On est le 1er avril et je ne suis pas la dernière des mongols. Ouvre la porte que je rigole…

Jean-Paul : Je t’assure ! Ce n’est pas une plaisanterie…

Astrid : Encore heureux que tu ne joues pas au théâtre. T’es tellement nul comme acteur qu’ils ne voudraient même pas de toi comme rideau…

Jean-Paul ouvre la porte.

Flemming : Bonjour. Je viens faire la connaissance de votre fille qui est croquignolette, paraît-il…

Jean-Paul : Bonjour, mon petit Flemming ! Astrid, vous attend...

Flemming pénètre dans l’appartement.

Flemming : Bonjour, Astrid ! Que tu es splendide ! Ton père a du goût…

Astrid : Crois-moi ! Quand le vieux me fait des compliments, c’est pour se débarrasser de moi… Mais Flemming ! Tu me plais toi ! Tu sais à qui tu ressembles ?

Flemming : Ma petite sirène, je sors d’un conte d’Andersen…

Astrid : Un romantique ! Comme les mecs qui ont le tic d’écrire des romans !

Flemming : Oh, oui ! Je prendrais ma plume d’oie pour t’écrire une lettre d’amour…

Astrid : Quel rêve ! Tu as les yeux bleus océaniques à la Odin, la bouche pulpeuse de Thor, le nez de Njörd et les cheveux blonds platine de Freyr. Tu es beau comme un Dieu !

Flemming : Votre fille a t’elle des problèmes psychologiques ?

Jean-Paul : Ah, ah, ah ! (Rire hypocrite). Elle plaisante…

Flemming : Tant mieux !

Jean-Paul : Oui, elle tient ça de sa mère…

Astrid : Ah, ah ! (Rire vexé).

Flemming : Mais, Astrid ! Pourquoi tu te vexes ?

Astrid : Tu la verrais, la pauvre ! Elle est limite mongole…

Flemming : Hein !

Sophie arrive à l’improviste dans le salon.

Sophie : De quoi, vous parliez ?

Astrid : Maman. On n’a pas dit hein, mais Huns, les Huns !

Flemming : Oui, on parlait des plaines de Mongolie.

Astrid : Flemming est drôlement fort en géo ! Il pourrait même être mon prof…

Sophie : Si tu progresses en cours d’éducation sexuelle, ce ne serait déjà pas si mal…

Astrid : Oh, la honte ! Quelle conne !

Flemming : Astrid ! C’est quand même ta maman…

Sophie : Je te rappelle que je t’ai conçu avec ton père…

Jean-Paul : S’être mis à deux pour avoir fait un truc pareil, ce n’est pas un exploit…

Astrid : Ha ! Ha ! (Rire vexé).

Jean-Paul : Et, toc ! Sa seule qualité, c’est sa beauté…

Sophie : Elle a de qui tenir… Vous savez que mon mari était très beau étant jeune ?

Flemming : Vous avez des photos de lui à 20 ans ?

Astrid : Oui, mais elles sont en noir et blanc…

Jean-Paul : Pardon ?

Astrid : Excuses-me, father ! Les photos ont juste délavé avec les années…

Sophie : Oui, je me souviens. Qu’est-ce qu’il était beau !

Astrid : C’est génial ! T’es pas du genre amnésique… T’as une super mémoire !

Jean-Paul : Toi, ça va ! Je vous donne un conseil Flemming : restez célibataire...

Sophie : Écoutez-le ! Il est gonflé mon mari !

Jean-Paul : Sophie, ma chérie ! Laissons-les ! Je suis sûr qu’ils ont envie de se parler dans l’intimité…

Sophie : A quatre, la discussion serait plus intéressante…

Jean-Paul : Mais, non ! Ils ont envie d’être seuls pour parler. (Il tire la langue derrière les amoureux pour mimer les baisers sur la bouche).

Sophie : Je ne comprends pas !

Jean-Paul continue à tirer la langue pour que sa femme comprenne le message.

Sophie : Mais ! Tu joues à Louis de Funès ?

Les deux amoureux se retournent et ils voient Jean-Paul tirer la langue.

Flemming : Je suis tombé dans une dépendance de Charcot…

Astrid : Vivement le retour à l’asile pour que je vois des gens plus normaux…

Jean-Paul : On va vous laisser… Bon courage, Flemming ! Et surtout, bonne chance…

Astrid : Vieux débile !

Sophie : Oh, le pauvre ! Pour supporter ma fille, il vous en faut ! Croyez-moi…

Astrid : Vieille conne !

Sophie : A tout à l’heure les enfants et soyez sages…

Astrid : Bah oui, mother ! On va jouer à la marchande ! (Elle lève les yeux au ciel). Elle rêve, celle-là…

Jean-Paul et Sophie s’en vont en laissant les amoureux faire plus ample connaissance.

Flemming : C’est vrai ce que disaient tes parents ? T’es toujours pucelle ?

Astrid : Bah, ouay ! J’ai des idéos religieuses…

Flemming : C’est beau la foi…. Es-tu Protestante ?

Astrid : T’es vraiment nul ! Je crois en la religion de « Spirit Viking Scandi » et toi qui es Danois, tu ne la pratiques pas ! La honte…

Flemming : Je te signale Astrid que depuis le début du Moyen-âge, plus personne ne la pratique au Danemark. Je ne connais qu’une illuminée qui semble y croire et encore, elle n’est pas Danoise…

Astrid : Je suis peut être parano, mais je me sens visée…

Flemming : Je suis désolé de te l’apprendre, mais cela ne pourra jamais marcher entre nous…

Astrid : T’es comme les autres ! C’est à cause de mes croyances religieuses.

Flemming : Chacun sa religion et je respecte les fidèles d’une croyance que je croyais disparu depuis la nuit des temps. Ce n’est pas ça le problème…

Astrid : Alors ! C’est quoi ?

Flemming : Ce qui m’ennuie, c’est ta mère…

Astrid : Bah ! Qu’est-ce qu’elle a voir là-dedans celle-là ?

Flemming : Je ne voudrais pas dire, mais elle a l’air un peu nunuche…

Astrid : Elle n’en a pas seulement l’air ! Je te l’avais dit…

Flemming : On ne peut pas être difficile avec les belles-mères, mais je ne pourrai jamais la supporter. Oh non, je peux pas !

Astrid : Bah, quoi ! Tu pourrais avoir pire…

Flemming : Ah, bon ? Tu crois que ça existe ?

Astrid : Bah, ouais ! Peut-être ?

Flemming : Je sais que les conjoints de nos enfants auront une belle-mère géniale... Pas vrai, Astrid ?

Astrid : Ouah ! C’est drôlement sympa ! Viens ici que je te bécote la langue…

Flemming : J’arrive, Astrid !

Astrid et Flemming s’embrassent longuement sur la bouche.

Astrid : C’est génial comme sensation !

Flemming : Ce baiser est digne de Roméo et Juliette…

Astrid : Whaah ! Ne dis pas ça ! Ça porte malheur…

Flemming : T’es superstitieuse ?

Astrid : C’est vrai ! C’est pas super génial comme défaut. Je suis hyper impatiente de faire une petite sieste... mais à deux !

Flemming : Essayons le matelas pour voir s’il est confortable…

Flemming prend Astrid dans ses bras et il l’a pose sur le lit.

Flemming : Je te rejoins tout de suite…

Flemming enlève sa chemise.

Astrid : Au viol ! (Astrid se met à crier).

Flemming : T’es gonflée toi ! Arrête d’hurler ! Tu risques d’alerter tes parents, alors que tu étais consentante…

Astrid se relève du lit et elle s’approche de Flemming.

Astrid : Sadique ! Violeur ! Tortionnaire ! (Elle lui frappe sur la poitrine).

Flemming : Mais, enfin ! Qu’est-ce que je t’ai fais ?

Astrid : Je n’oublie jamais de prier Thor, avant de faire l’amour. Je suis du genre pratiquante…

Flemming : Je te laisse faire ta prière…

Astrid : T’y couperas pas ! Il faut la faire à deux, sinon ça ne marche pas…

Flemming : Mais ! Ce n’est pas ma religion !

Astrid : Non, c’est la mienne ! Si tu veux faire crac-crac, t’as intérêt à adhérer à ma philo religieuse…

Flemming : Comment on prie ?

Astrid : Tu mets tes bras en parallèle, t’avances et tu pousses de mignonnets petits cris où tu dis : “ Ha ”.

Flemming : Ça dure longtemps ?

Astrid : Le temps qu’il faut… Allons-y !

Astrid avance devant Flemming en ayant les bras en parallèle et ils prient tous les deux en marchant.

Astrid et Flemming : Haaaaa ! Haaaaaa ! Haaaaaa ! haaaaaa !

Flemming : Oh, la honte ! J’espère que tes parents ne viendront pas à l’improviste…

Astrid : Tais-toi et pries !

Astrid et Flemming : Haaaaa ! Haaaaaa ! Haaaaaa ! haaaaaa !

Astrid : Hoaw ! Les meilleures choses ont une fin...

Flemming : Si c’est le rituel avant de faire l’amour, j’ai intérêt à avoir une maîtresse…

Astrid : Hey, l’autre ! Même pas capable d’être fidèle…

Flemming : Quand je vois les prières Vikings, je suis fier d’être Protestant…

Astrid : Je croyais que t’étais du genre tolérant question religion !

Flemming : Oui, mais il y a des limites…

Astrid : J’enlève le superflu ! C’est ta récompense…

Astrid enlève le haut, elle se retrouve en soutien-gorge et elle s’assoit.

Flemming : Après la prière… Le miracle !!!

Astrid : Maintenant purifions nos corps impurs… Viens, mon chéri !

Flemming : Tes désirs sont des ordres…

Astrid se couche dans le lit, alors Flemming monte sur elle et juste après, Jean-Paul ouvre la porte.

Jean-Paul : Je vous dérange les amoureux ?

Astrid : Non, tu penses !

Jean-Paul : Qu’est-ce que vous faîtes ?

Astrid : Je montre ma super collec de soutiens-gorge à Flemming…

Jean-Paul : Ma collection de voitures miniatures, c’est autre chose... C’est bien plus passionnant que tes vulgaires frous-frous…

Sophie pénètre à son tour dans le salon.

Sophie : Moi, j’aime bien la couture et les bouts de chiffon…

Jean-Paul : Pour une femme, c’est normal… Mais nous, on n’est pas des pédés ! Pas vrai, Flemming ?

Flemming : Oui, oui. (Il est gêné).

Astrid : Tu ne vas quand même pas lui montrer tes joujoux ?

Jean-Paul : T’y connais rien ! Ce sont de magnifiques pièces de collections... Je reviens vous les montrer ! Connaisseur… (Clin d’œil complice).

Jean-Paul s’en va chercher ses voitures miniatures.

Astrid : J’ai la honte ! Maman fait quelque chose…

Sophie : Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je ne vais quand même pas le tuer…

Astrid : Wooaaah ! Je suis sûr que t’aurais tellement de circonstances atténuantes que tu aurais les félicitations des jurés et en prime, tu deviendrais la superstar du tribunal… Ce serait génialissime !

Sophie : Ne raconte pas n’importe quoi ! Je ne tiens pas à faire 10 ans de prison pour de malheureuses petites voitures…

Jean-Paul revient en tenant dans ses mains la boite qui contient sa collection.

Jean-Paul : Dans cette boite, j’ai rangé ma sublime collection et je vais vous la montrer, mon petit Flemming…

Astrid : C’est malin, ça ! Du coup, c’est moi qui suis morte de honte ! Je te signale que ta collec débile n’intéresse pas mon Viking d’amour…

Flemming : Mais non, Astrid ! Les modèles réduits, c’est ma passion…

Astrid : Traître !

Jean-Paul : Mais de quoi je me mêle, Astrid ! Venez les voir…

Jean-Paul pose la boite par terre et il sort une voiture.

Jean-Paul : Vous savez à qui appartenait cette voiture ?

Flemming : Whaaaah ! Génial ! C’est la Ferrari de Fangio ! Je peux la prendre ?

Jean-Paul : Bien sûr…

Flemming s’allonge à son tour sur le sol.

Jean-Paul : Et celle-là ! Vous savez à qui elle a appartenu ?

Flemming : C’est supeeeer !!! C’est celle de Prost, quand il a gagné le grand prix de Hongrie.

Jean-Paul : Et en plus, elles roulent bien mes voitures...

Flemming : J’ai envie de les essayer…

Jean-Paul et Flemming jouent aux petites voitures.

Astrid : Oh, la honte ! Les gamins ! Ils ne sont pas mûrs pour leurs âges... surtout papa !

Sophie : Ils sont complètement immatures ! Heureusement que nous sommes des femmes, des vraies… Viens, ma chérie ! Je vais te montrer ma collection de poupées anciennes….

Astrid : Waaaah ! C’est super génial ! Laissons les pitchounets faire mumusent…

Sophie et Astrid s’en vont du décor théâtral.

Jean-Paul et Flemming : Vrooooom ! Vrooooom !

Jean-Paul : Je suis content de savoir que les autos, c’est pour vous, une passion…

Flemming : J’adore ça depuis que j’ai 3 ans…

Jean-Paul : Et, en plus… vous êtes précoce !

Flemming : Oui. Vrooooom !

Jean-Paul : Vous êtes un jeune conducteur, mais votre conduite est sûr et fiable. Êtes-vous prêt à affronter un vieux briscard ?

Flemming : Je relève le défi…

Jean-Paul et Flemming : Vrooooom ! Vrooooom !

Jean-Paul : Wahoooouuu ! J’ai gagné ! Je suis le meilleur…

Flemming : Oui, mais… Je suis tombé en panne d’essence !

Jean-Paul : Ne cherchez pas d’excuses…

Flemming : Je me demande ce que fait Astrid ?

Jean-Paul : Les femmes, ce sont de vraies gamines ! Je suis sûr qu’elles profitent de notre absence pour faire des bêtises…

Flemming : Vous avez raison. Allons les voir…

Jean-Paul et Flemming se lèvent, ils sortent du décor théâtral pour chercher les femmes et ils reviennent tous les quatre.

Jean-Paul : Ah, bravo ! Je vous y prends… Vous n’avez pas honte de jouer à la poupée à votre âge ?

Flemming : Heureusement qu’on est là pour remonter le niveau ! Ah, s’il n’y avait que des femmes...

Astrid : Ils m’énervent, ils m’énervent...

Sophie : Laisse les dire… C’est difficile à entendre, mais dis-toi que tu pourrais être sourde…

Astrid : Je te dis que c’est l’hôpital qui se fout de la charité... Oh, nooaaan ! C’est la crèche qui se moque des nourrissons…

Sophie : Pour faire la paix, je vous offre un petit calva…

Astrid : T’es trop bonne maman ! Mais Thor va te donner raison…

Sophie s’en va du décor théâtral.

Jean-Paul : Et c’est du 15 ans d’âge…

Flemming : Il est si vieux que ça ! Qu’elle est la date limite de consommation ?

Jean-Paul : Ne vous inquiétez pas, les bouteilles ne sont pas périmées. Avec moi, il n’y a aucun risque…

Flemming : Ce serait bête de les jeter…

Sophie : Ne soyez pas inquiet ! La poubelle n’est pas alcoolique, c’est la seule à être raisonnable dans cette maison...

Astrid : Et, zou ! En attendant que la folle dingue revienne, mettez vos petites fesses sur le gros fauteuil.

Jean-Paul : Heureusement que ce n’est pas le contraire, sinon on se retrouverait par terre…

Flemming : J’imagine la tête du voisin, si on arrivait chez lui…

Astrid : Oui, surtout qu’il est hyper jaloux, depuis qu’il est marié avec la plus canon des mannequins...

Flemming : Elle est aussi belle que ça ?

Astrid : Oh, ouay ! Mais son copain est aussi costaud qu'elle est mignonnette. Si, j’étais toi…

Flemming : Passons… Je n'aime pas les histoires de voisinage.

Jean-Paul : Oui, il faut rester en bon terme avec ses voisins…

Sophie revient avec la bouteille de calva et les verres.

Sophie : Vous allez y goûter et vous m'en direz des nouvelles…

Jean-Paul : Je vous préviens. C'est du bon !

Sophie remplit les verres.

Flemming : Merci bien.

Jean-Paul : Je te remercie, ma chérie.

Astrid : Et le mien, il se remplit tout seul…

Sophie : Tu n'as pas encore l'âge pour boire du calva !

Astrid : Elle va où celle-là ? Je ne suis plus une gamine…

Sophie : Non, mais c'est tout comme ! N’oublie pas que l'alcool t’est interdit à cause des médicaments du docteur Herbert…

Astrid : Celui-là, c'est un vieux fou…

Jean-Paul : Oui, mais… il est psychiatre !

Sophie : Vous le trouvez comment notre petit calva ?

Flemming : Ça se laisse boire, mais je préfère la bière…

Jean-Paul : Vous ne savez pas apprécier ce qui est bon, mais je suis certain que question bijoux, vous avez plus de goûts...

Flemming : Que voulez-vous dire ?

Jean-Paul : Pour moi, l'essentiel c'est que vous appréciez notre perle rare qui est notre petite Astrid…

Astrid : C'est vrai. Je suis le bijou de Flemming qui va lui faire des bisous…

Jean-Paul : Mais nous avons d'autres trésors et je vous avoue que j’ai hérité de splendides bijoux. Je ne peux pas vous dire où ils sont cachés, tellement nous y tenons…

Sophie : Il ne faut pas qu'il sache que la clé du coffre se trouve dans le vase bleu qui est posé sur la table basse et que le coffre-fort est caché derrière le tableau. Sinon…

Jean-Paul : Mais, tais-toi ! Qu'elle est gourde celle-là ! Ce sont des bijoux de fantaisie... Des babioles, quoi !

Sophie : Souviens-toi de l’avis de l'expert. Ces bijoux ont une valeur inestimable…

Jean-Paul : Ne l'écoutez pas, Flemming ! En réalité, ces modestes pierres n’ont qu’une valeur sentimentale qu’aux yeux de Sophie, car ils ont appartenus à sa grand-mère...

Flemming : Je comprends… C'est comme moi, le bijou qui a le plus de valeur à mes yeux, c'est ma petite Astrid…

Sophie : Pourtant, elle a été expertisée par des psychiatres qui en ont déduits que cette fille n'a pas une grande valeur…

Jean-Paul : C'est pour ça qu'on veut s'en débarrasser... Rassurez-vous, Flemming ! On plaisante…

Flemming : Je m'en doute… On ne peut qu'apprécier une jeune fille de grande valeur comme Astrid…

Astrid : Je suis hyper contente ! Félicitation ! Prononciation anglaise. Vous avez été géniaux ! Je suis gaie depuis que j'ai rencontré mon rayon de soleil. Et pourtant : longtemps j'ai vu ma vie comme une giboulée de mars…

Jean-Paul : Qu'est-ce que tu veux dire, ma chérie ?

Flemming : J'avoue que je n'ai pas compris sa subtilité…

Sophie : Que les hommes sont bêtes ! Astrid voulait dire qu'elle était triste et qu'elle n'arrêtait pas de pleurer, mais l’amour l’a changée...

Jean-Paul : Oh, la honte ! Je n’avais pas compris. En vingt ans de mariage, c'est bien la première fois qu'elle comprend quelque chose…

Flemming : Moi aussi. Je me sens humilié…

Astrid : Wahoooou ! Je suis super féministe et super contente ! J'ai la preuve qu'une simplette est bien plus intelligente à elle toute seule que deux hommes qui ont un intellect hyper développé. C'est toute la différence entre nous les girls et you les boys…

Jean-Paul : Toi, ça va ! On ne t'as rien demandé…

Sophie : Laisse ta fille parler. Pour une fois qu'elle a raison…

Jean-Paul : Toutes les mêmes ! Telle mère, telle fille ! Tu n'es qu'une andouille…

Sophie : Ça veut dire quoi ?

Jean-Paul : Tu n'as qu'à regarder dans le dico…

Astrid : Tu sais qu’il m'a coûté 50,32 euros ? Si tu t'en sers qu’une seule fois, il ne sera pas inutile à 100 %, mais à 99,99 % seulement…

Jean-Paul : Ta fille a raison ! Tu pourrais quand même faire un effort, surtout que tu commences à déchiffrer les syllabes…

Sophie : Je vais me servir du dictionnaire !

Astrid : T'es super génial ! Je suis drôlement fière de toi…

Jean-Paul : Elle est digne d'être ta mère…

Astrid : N'exagères pas ! Je suis une fille super, moi…

Sophie : J'ai un peu le trac…

Jean-Paul : N'ai pas d'appréhension. Je suis sûr que ça va bien se passer...

Sophie avance jusqu'à la bibliothèque, elle prend le dictionnaire et elle enfile une paire de lunettes.

Astrid : Je ne savais pas que t'étais miro ! T'as des problèmes aux yeux ?

Sophie : Ça n’a rien à voir, mais j’aime bien porter des lunettes. Ça me donne un petit air intello…

Jean-Paul : L'habit ne fait pas le moine…

Sophie : Taisez-vous, maintenant ! Laissez-moi me concentrer…

Sophie cherche dans le dictionnaire.

Astrid : Whaow ! On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie !

Jean-Paul : C'est seulement qu'une impression…

Sophie : Chut !

Flemming : Sophie ! Ne les laissez pas vous déconcentrer… (Il dit ça d'une façon ironique).

Sophie : Il n'a pas dû te coûter cher ce dictionnaire…

Astrid : Pourquoi tu dis ça ?

Sophie : Je te signale qu'il manque des pages…

Astrid : Tu m'étonnes ! Il m’a coûté hyper cher ! J'aurai mieux fait d'acheter de la coke, ça aurait été plus utile…

Flemming : Si tu tiens à moi, ne fume pas cette saloperie...

Astrid : Promis ! Ma nouvelle drogue, c'est toi…

Astrid s'approche de sa mère.

Astrid : C'est quel mot que tu recherches ?

Sophie : Le mot : "andouille".

Astrid : T'es gâteuse ou quoi ? Pourquoi tu regardes dans les E ?

Sophie : Parce qu’« andouille » commence par cette lettre.

Astrid : T'es complètement givrée ! C'est avec un A…

Jean-Paul : Oh, la honte ! Même ta fille le sait... Tu ferais mieux de chercher dans les S…

Sophie : Pourquoi ?

Jean-Paul : C'est l'initiale de ton prénom…

Astrid : T'as raison maman ! Avec les lunettes, t’as l’air plus intello...

Flemming : Elle est déguisée en intellectuel, il ne lui manque que… (Il montre du doigt son cerveau) pour avoir la panoplie complète !

Astrid : Ça devait être en option…

Jean-Paul : C'est sûr que ma femme et moi, nous sommes très différents…

Astrid : Je comprends pourquoi tu t’es mariée avec elle. C’est par orgueil…

Jean-Paul : Comment ça ? Par orgueil ?

Astrid : Le ouf ! Il s'est marié avec la seule fille qui à un intellect moins développé que le sien…

Flemming : Ils sont vraiment fait l'un pour l'autre…

Jean-Paul : Un peu comme vous deux… Ta mère et moi, on aimerait bien te donner quelques conseils sur les garçons, mais c’est personnel...

Flemming : J'espère que je vous ai fait bonne impression...

Sophie : Vous feriez le gendre idéal ! Mais Jean-Paul et moi, nous devons donner quelques conseils à notre fille. Nous n’avons pas l’intention d’être médisant...

Flemming : Je comprends… Il est normal qu'il y ait une certaine complicité dans votre famille…

Jean-Paul : Je suis content d'avoir affaire à un homme intelligent. Excusez-nous, Flemming ! Nous allons vous laisser quelques instants…

Flemming : Prenez votre temps…

Sophie : Viens, ma chérie ! Il faut que ton père et moi te parlions…

Astrid : Qu’elle est pénible, celle-là ! J’arrive…

Jean-Paul, Sophie et Astrid s’en vont.

Flemming : Ils sont partis. Il va falloir faire vite…

Flemming prend un fer et des lunettes de soudeur qu’il sort de sa poche. Il enlève ensuite le tableau et il commence à se servir de son fer à soudure pour s’occuper du coffre-fort où se trouvent les fameux bijoux.

Flemming : Il est coriace ce coffre ! J’éprouve beaucoup de difficultés à l’ouvrir…

Il continue à essayer de l’ouvrir.

Flemming : Je n’y arrive pas ! Comment pourrais-je faire ? Ah, si seulement j’avais la clé… Mais, oui ! C’est vrai ! D’après Sophie, elle se trouve dans le vase bleu !

Flemming éteint son fer à soudure, il avance jusqu’au vase, il prend la clé, il marche jusqu’au coffre-fort et il l’ouvre.

Flemming : Ah, c’est plus facile comme ça… Je ne pensais pas voler les bijoux aussi facilement ! Tant mieux ! Comme ça, je n’aurai pas besoin de coucher avec la petite illuminée… A moi, la fortune ! Non ! Ce n’est pas vrai ! Les bijoux ont disparus ! Au voleur ! Au voleur !

Jean-Paul, Sophie, Astrid et un gendarme arrivent sur la scène théâtrale, ils prennent ainsi Flemming la main dans le sac.

Le gendarme : Tu ne manques pas d’air ! Je suppose que tu vas porter plainte… Cette fois mon gaillard, tu es bon ! Depuis le temps que je voulais t’arrêter…

Flemming : Je me suis fait avoir comme un bleu…

Le gendarme lui enfile les menottes autour du poignet.

Astrid : Y’a t’il quelqu’un qui veut une glace ? Je vous préviens, elles sont hyper bonnes…

Jean-Paul : Ma chérie, ce n’est pas le moment... Prends-en une si tu veux, mais laisse-nous régler nos affaires entre adultes... Pour en revenir à toi, petit escroc de bas étage, je suis content que tu sois arrêter Flemming… Olsen !

Flemming : Comment ça ? Vous connaissez mon nom ?

Jean-Paul : Oh, que oui ! Ton père est mon pire ennemi et ce salopard a failli me ruiner avec le dépôt de bilan d’une grosse bijouterie. C’est pour ça que je ne possède que cette petite boutique et je me suis promis que tôt ou tard, je me vengerai…

Flemming : Mais, moi ! Je n’y suis pour rien…

Jean-Paul : Tu es son fils et j’ai l’impression que tu ne vaux pas mieux que lui…

Flemming : Peut être… mais… je ne vous ai rien fait !

Jean-Paul : Quand ton père apprendra que tu es en prison, je sais qu’il ne s’en remettra pas. Je reconnais que je me suis servi de ma fille comme appât, car elle aime beaucoup les Danois et tu étais le type d’homme qu’elle recherche. Il ne me restait plus qu’à te parler discrètement de ma fille et des bijoux pour que tu viennes les voler. Tout à bien fonctionner, sauf une chose… T’as quand même réussi à les subtiliser ! T’es très fort…

Flemming : Mais non ! Je vous jure ! Ce n’est pas moi…

Le gendarme : Ne fais pas le modeste… On réussira à te faire parler ! D’ailleurs, j’ai ma petite idée…

Jean-Paul : C’est quoi ?

Le gendarme : Il a sûrement un complice et il n’est pas difficile de faire passer les bijoux par la fenêtre. Je suis sûr que quelqu’un les as réceptionnés…

Jean-Paul : Vous en êtes vraiment certain ?

Le gendarme : J’en mettrais ma tête à couper…

Flemming : Monsieur n’est pas téméraire… Il n’y a rien dedans ! Vous ne risquez pas grand chose…

Le gendarme : Tu feras moins le fier, quand tu seras au poste... Allez viens, petit salopard !

Astrid revient en ayant deux glaces dans les mains.

Astrid : Papa, je sais que t’es pas du genre à pas aimer ça. Mais je t’apporte quand même une glace. Fais attention ! C’est gelé... Glaaaaah !

Jean-Paul : Merci, ma chérie ! Tu as raison ! La vengeance est un plat qui se mange froid…

Jean-Paul commence à déguster sa glace devant Flemming en le narguant.

Le gendarme : Allez, viens ! Tu es arrêté. La cellule a un nouveau locataire. Mais rassures-toi, le loyer n’est pas élevé…

Le gendarme s’en va avec Flemming qui a les menottes aux poignets.

Jean-Paul : Je suis fier d’avoir pris ma revanche sur les Olsen !

Sophie : N’empêche que l’on n’a pas retrouvé les bijoux…

Jean-Paul : Ce n’est rien. Ce n’est qu’une question de temps…

Sophie : Oui, je te crois. Tu as réussi à rouler tout le monde… y compris ta fille !

Astrid : Mais, heu… Qu’est-ce qu’elle raconte la mother ?

Jean-Paul : Désolé, ma chérie ! Je t’ai fait sortir de l’asile pour régler une vengeance personnelle, mais tu y retournes dès lundi…

Astrid : C’est nul ! T’es qu’un bâtard !

La sonnerie du téléphone retentit.

Jean-Paul : Ça doit être le docteur Herbert. Je vais répondre.

Jean-Paul avance jusqu’au téléphone et il décroche.

Jean-Paul : Allo ! Oui, bonjour. C’est incroyable ! On a retrouvé les bijoux ! On vient les chercher tout de suite…

Astrid : J’en ai marre ! C’est toujours les vieux monstres style Frankenstein qui gagnent !

Jean-Paul : Viens, ma chérie ! Allons chercher notre bien. Quand à toi, sois sage pendant notre absence…

Jean-Paul et Sophie s’en vont.

Astrid : Oh, les parents ! Ils vont le regretter. Je sais ce que je vais faire…

Astrid avance jusqu’à la porte d’un meuble, elle l’ouvre et elle en sort une boîte à pharmacie.

Astrid : Mon suicide va faire scandale dans cette famille de ouf. Je vais leur faire payer leur esprit pervers par mon côté kamikaze. Je vais prévenir tout le monde, surtout les journalistes people. A moins que… Ce serait bête, ils n’en valent pas la peine… surtout que… (Elle sort un petit sac de la boîte à pharmacie).

Astrid avance jusqu’au téléphone et elle compose un numéro.

Astrid : Allo ! Bonjour Bryan. Thank you pour avoir regardé ta boule de cristal et pour avoir appelé la mother et le father. Je suis sûr mon chou qu’il fait un temps des plus glamours en Australie. J’ai les bijoux, je te rejoins mon kangourou. Les vieux, je les ai roulés dans la cocaïne ! Ils me prenaient pour une illuminée et bien, c’est my qui les aient bien eu… Oh, les vieux connards ! Tu te rends compte qu’ils voulaient que je retourne à l’hosto chez les malades du cerveau ? Je me suis vengée de ces deux-là… Au fait, je mange une glace des plus délices. Je te rejoins mon petit cœur. Je t’embrasse mon amour, je prends mes bagages et bonjour les koalas ! Je n’ai pas beaucoup de valises, je n’ai que les bijoux de familles. Je t’aime et je suis ton trésor, ton saphir, ton rubis, ton émeraude…

La pièce de théâtre se termine et le rideau tombe.

Fin


The end




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et la saga des connexions continue...