Œuvres de l’auteur

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Attention

Comedie-FANTASTIQUE

N° DEPOT S.A.C.D. : 196197

Freddy le Baroudeur : Le chef des truands
Joe Lancaster : lAUTRE VOLEUR
LE GENDARME BRESSAC : Le 1er gendarme
Le gendarme menerol : LE 2ème gendarme


On aperçoit le salon d’une vieille demeure et on voit Freddy le Baroudeur qui arrive par l’extérieur aux abords d’une fenêtre, ensuite il finit par pénétrer dans le salon.

Freddy : C’est bon ! A toi de monter, Joe…

VOIX-OFF DE JOE : Je te rejoins…

Freddy : À l’époque médiévale, les châtelains mettaient de l’huile bouillante sur les échelles pour empêcher leurs ennemis de monter. Ça devait être drôle… Ah, ah, ah !

VOIX-OFF DE JOE : Ah, ah, ah ! Moi aussi, j’aurais bien aimé connaître cette époque…

Freddy : T’aimes bien rire. Sacré Joe !

VOIX-OFF DE JOE : Bah, ouais ! Tu me connais ?

Freddy : T’as de la chance… J’ai fait bouillir de l’huile !

Freddy le Baroudeur sort une petite bouteille de sa poche, il enlève ensuite le bouchon et il fait mine de la renverser. On entend juste après un énorme cri, suivit d’un énorme bruit.

Freddy : Ah, ah, ah ! Qu’il est bête ! C’est du cognac et du bon…

Freddy le Baroudeur en boit une gorgée.

Freddy : Avec celui-là, je n’ai jamais mal à la tête…

On aperçoit la porte de la vieille demeure s’ouvrir et on voit Joe arriver dans le salon en se tenant la tête.

Joe : Ouais, c’est possible ! Mais à condition de le boire…

Joe Lancaster continue à se tenir la tête, car il souffre beaucoup.

Freddy : Bah ! Comment t’as fait pour rentrer ?

Joe : La porte était ouverte, figure-toi ! C’est dommage que je ne m’en sois pas aperçu plus tôt…

Freddy : Rassures-toi, tu n’es pas tombé pour rien. Tu m’as bien fait rire…

Joe : Oh ! Je me suis fais mal ! J’espère que je ne suis pas défiguré…

Freddy : Tu n’as pas beaucoup changé…

Joe : J’ai des cicatrices ?

Freddy : Bah, ouais ! Ton nez a triplé de volume, tu as aussi une cicatrice qui sépare ton visage en deux et ta tête ressemble à une montgolfière.

Joe : Quoi ? T’appelles ça trois fois rien !

Freddy : Ouais ! Tu n’es pas le sosie de James Dean…

Joe : Merci ! Ça fait toujours plaisir…

Freddy : Prends ça, comme un compliment ! Dis-toi que tu n’as pas une tête de squelette…

Joe : Bah, ouais ! C’est vrai qu’il est mort !

Freddy : Quand je te dis que t’es susceptible…

Joe : Excuse-moi, Freddy ! J’avais mal compris…

Freddy : Tu comprends toujours tout à l’envers. J’espérais qu’en tombant, cela remettrait ta cervelle à l’endroit. Ne t’imagine pas que grâce à ta bosse, elle a doublé de volume…

Joe : Je n’ai pas la chance d’être un homme aussi intelligent que toi…

Freddy : Tout le monde ne peut pas être le P.D.G. d’une bande de malfrats…

Joe : C’est vrai ! Tu es à la tête d’une entreprise…

Freddy : Oui, mais… Elle est honnête ma société ! D’accord, on cambriole les banques et on fait aussi les particuliers. Mais tous mes gars sont payés à la date prévue et je respecte toujours mes cachets.

Joe : Tu m’y fais penser ! Tu n’aurais pas un cachet d’aspirine ?

Freddy : Pourquoi ? T’as mal à la tête ?

Joe : Bah, ouais !

Freddy : Il n’y a rien dedans ! Je commence à croire au surnaturel…

Joe : J’ai très mal en plus !

Freddy : C’est possible, après tout ! C’est peut-être comme les caries ?

Joe : Je ne comprends pas ?

Freddy : Une carie, c’est gros comme ça. (Il serre deux doigts l’un contre l’autre). C’est pourtant cette minuscule partie qui fait le plus souffrir…

Joe : J’aimerai bien être aussi intelligent que toi…

Freddy : Ouais ! Mais pour ça, il aurait fallu que tu fasses des études…

Joe : J’en ai fait figures-toi !

Freddy : Ah, ouais ! Je vais vérifier ça…

Joe : Comment tu vas faire ?

Freddy : J’ai pris ton curriculum vitae.

Freddy le Baroudeur sort le C.V. de sa poche.

Joe : C’est quoi un curricu… machin chose ?

Freddy : Tu ne sais pas ce que cela veut dire ?

Joe : Bah, non ! Je n’ai jamais fait de latin…

Freddy : Ah, ah, ah ! Qu’il est bête ! C’est un C.V.

Joe : Je comprends mieux quand tu parles en français.

Freddy : Je vais lire ton C.V. Expérience : attaques de sacs à main, dont deux avec violence. Attaque de la Société Mutuelle d’Aix en Provence. Attaque de la Banque de France à Paris. Trois ans de prison, dont un avec sursis. Tu as aussi fait un stage pratique à la petit bijouterie de la rue Lecourbe à Paris en tant que stagiaire.

Joe : N’oublie pas de lire mon diplôme…

Freddy : C’est flatteur ! Tu as eu ton Brevet des Collègues !

Joe : A toi, je peux le dire ! J’ai triché…

Freddy : Je m’en doutais un peu…

Joe : J’ai aussi été fonctionnaire.

Freddy : Tu as travaillé comme convoyeur de fonds. Il te faisait confiance ?

Joe : Bah, ouais ! Ils sont naïfs… Mais j’ai préféré travailler dans le privé.

Freddy : Ça te plaît de bosser pour moi ?

Joe : Oui mais, je n’ai plus la sécurité de l’emploi…

Freddy le Baroudeur range le C.V. dans sa poche.

Freddy : C’est vrai que je peux te virer. Commence à fouiner chez les proprios, si tu ne veux pas pointer à l’A.N.P.E…

Joe : Je n’aimerais pas être viré pour faute grave…

Freddy : Alors, vas-y ! Bosse…

Joe : A tes ordres, Freddy ! Je commence par là ?

Freddy : Si tu veux…

On aperçoit Joe Lancaster avancer et il finit par sortir du décor théâtral.

Freddy : C’est bien d’être chef…

Freddy le Baroudeur s’assoit sur un fauteuil.

Freddy : Tiens, un journal !

Freddy le Baroudeur se lève, il prend le journal et il s’assoit pour le lire tranquillement.

Freddy : Quoi ! Monaco a encore perdu trois à zéro contre Lyon ! Les Monégasques sont bêtes comme des oies ! Quand je pense que les Lyonnais nous avaient déjà foutu la pâtée le mois dernier… T’entends ça, Joe ?

VOIX-OFF DE JOE : Ouais ! Je t’écoute…

Freddy : Quoi ! Encore un alligator dans les égouts de Paris ! On va bientôt en avoir une colonie… Oh ! Ce n’est pas vrai ! Il n’a pas de chance, le pauvre…

VOIX-OFF DE JOE : Qu’est-ce qui s’est passé ?

Freddy : Tu te souviens de Marco Filonzi ?

VOIX-OFF DE JOE : Bien sûr. Je n’ai pas oublié Marco…

Freddy : Et bien ! Figures-toi qu’il vient encore de crever ! C’est la deuxième fois en l’espace d’un mois et tiens toi bien, c’est le même salopard de gardien de prison qui l’a encore descendu !

VOIX-OFF DE JOE : Quoi ? Toujours le même !

Freddy : Ouais, mais je connais bien Marco, il est rancunier. Je n’aimerais pas être à la place du surveillant. La prochaine fois, c’est lui qui va se faire flinguer…

Joe Lancaster revient sur la scène théâtrale avec un sac rempli d’objets.

Freddy : Ce salopard de gardien prend du plaisir à le tuer régulièrement !

Joe : Que t’es bête ! Ah, ah, ah !

Freddy le Baroudeur sort un couteau de sa poche.

Freddy : Ne te fous pas de moi ! T’es pas jouasse ?

Joe : Ecoute, Freddy ! Toi qui es si intelligent, tu devrais comprendre que les proprios sont partis en vacances depuis trois bonnes semaines. Le journal que tu lis est peut-être un peu périmé…

Freddy : Ah, bah ouais ! Je me disais bien que ça me paraissais bizarre…

Joe : Ah, ah, ah ! T’as l’air vexé !

Freddy : Fais voir le sac ! J’espère que tu n’as pas ramassé de la camelote…

Joe : Bah, non ! Je suis un pro ! Juge par toi-même…

Freddy le Baroudeur commence à fouiller dans le sac.

Freddy : T’as trouvé de l’étain ! C’est super ! Ça a de la valeur… Félicitations !

Joe : Merci, Freddy !

Freddy : T’as pris des petites statuettes romaines ! Pas mal ! Je pourrais refourguer cette marchandise…

Joe : Ouais !

Freddy le Baroudeur sort une assiette peinte de différentes couleurs.

Freddy : C’est quoi ça ?

Joe : C’est mon assiette.

Freddy : Ça ne vaut rien ! C’est de la camelote…

Joe : Je suis bien placé pour le savoir… J’ai offert les mêmes à ma femme pour la Saint-Valentin. Le lot de douze m’a coûté 5,38 € !

Freddy : Pour lui offrir une horreur pareille, t’aurais dû attendre Halloween…

Joe : Tu connais les goûts de ma femme…

Freddy : Elle aime ce qui est moche. Elle ne t’a pas épousé pour rien… Puisqu’elles sont aussi abordables, pourquoi t’en a volé une ?

Joe : Parce que j’ai cassé une assiette ! Elle aura de nouveau la douzaine…

Freddy : Comme elles sont de toutes les couleurs, elles me font penser à des assiettes de clown. Je les trouve drôles !

Joe : On voit bien que tu ne connais pas la cuisine de Germaine… Quand tu vois un poulet farci à la sauce de menthe ou l’un de ses écœurants mokas. Crois-moi, tu n’as pas envie de rire…

Freddy : C’est le repas traditionnel d’Halloween…

Joe : Je préfèrerais encore manger du crapaud farci à la bave de chauve-souris…

Freddy : Tu ne prends qu’une seule assiette ?

Joe : Bah, ouais ! Ça me suffit, j’ai la douzaine…

Freddy : Tu n’en as volé qu’une ? T’es un honnête voleur ! Crois-moi…

Joe : J’ai aussi volé une chaussette, comme ça, j’aurai la paire…

Freddy : Heureusement que tu as aussi volé des choses intéressantes… Si on se fait choper par les flics, j’aurai trop la haine de faire vingt ans de prison pour une assiette et une chaussette. Et encore… Même pas la paire !

Joe : Bah, ce n’est rien. C’est un plus…

Freddy : T’as ramené de la dynamite pour le coffre ?

Joe : Ouais ! Tu me prends pour qui ?

Freddy : Trouves-le et après, on le fait exploser.

Joe : Ce n’est pas la peine de le chercher. Je sais où est le coffre !

Freddy : Il se trouve où d’après toi ?

Joe : Je vais te le montrer ! Admire le pro…

Joe Lancaster avance jusqu’au tableau sur lequel se trouve l’inscription.

Joe : Il est écrit sous le tableau que le coffre est caché derrière.

Freddy : Qu’ils sont bêtes ! Ils aident les voleurs… J’ignorais que tu savais lire !

Joe : Bah, ouais ! J’ai fais des études, j’ai été jusqu’en C.E.2. J’ai même passé mon brevet des collèges en candidat libre, figures-toi…

Freddy : J’ignorais que t’avais été étudiant et que tu avais fait d’aussi longues études !

Joe : De longues études. De longues études. N’exagères pas…

Freddy : Si, par rapport à moi. J’ai arrêté mes études en maternelle…

Joe : Quoi ! Tu n’as jamais été en primaire ?

Freddy : Bah, ouais ! Et ce n’est déjà pas si mal ! Il m’a fallu plusieurs années pour rentrer en petite section, car j’ai mis du temps à être propre…

Joe : Tu as déjà redoublé ta crèche ?

Freddy : Ouais ! A plusieurs reprises…

Joe : J’ai l’impression d’être Einstein…

Freddy : Je vois que Monsieur fait le fier…

Joe : Je peux en profiter pour frimer ! Pour une fois que je tombe sur quelqu’un, dont le parcours scolaire est moins brillant que le mien…

Freddy : Ouais ! C’est vrai que je n’ai pas fait l’E.N.A…

Joe : Déjà que tu ne risquais pas d’aller à l’université…

Freddy : Ça veut dire quoi : « Université » ?

Joe : Tu le saurais, si tu avais fait des études…

Freddy : Toi qui es si malin, lis ce qui est marqué sous le tableau.

Joe : Je vais te lire l’inscription : « Nous sommes tellement pauvres que notre seule richesse, c’est de vous accueillir dans notre foyer et vous avez tellement de valeur à nos yeux que lorsque vous partirez, nous serons ruinés, car vous êtes notre seule fortune ».

Joe Lancaster bégaye et il hache les mots, car il lit très mal. Il suit du doigt l’inscription qui est marquée sous le tableau.

Freddy : Bravo pour la lecture ! Je sais qui a écrit ça…

Joe : C’est qui ?

Freddy : Nostradamus !

Joe et Freddy : Ah, ah, ah !

Joe : Elle est bonne, celle-là ! Je reviens…

Joe Lancaster avance jusqu’au tableau, ensuite il le décroche et on aperçoit la présence d’un coffre-fort.

Joe : Tu vois ? J’avais raison…

Freddy : Bravo, Joe ! T’es un pro…

Joe : Je n’ai peut-être pas le bac, mais il y en a là-dedans… (Il montre du doigt son crâne).

Freddy : Je suis d’accord avec toi... Bon, je reviens ! Je vais chercher la dynamite que j’ai laissée dans la bagnole…

On aperçoit Freddy le Baroudeur avancer et il finit par sortir du décor théâtral.

VOIX-OFF : Pourquoi votre ami est parti chercher de la dynamite ?

Joe : Pour faire exploser le coffre. Qu’elle est bête celle-là ! Aaaaah ! (Cri horrifié). Qui me parle ?

VOIX-OFF : C’est la voix d’une femme ! Vous me voyez ! Vous ne devinez pas qui je suis ?

Joe : Une femme ! Laissez-moi rire ! Je ne vois que la sale tronche de la vieille et rien d’autre… (Il s’approche du tableau qu’il montre du doigt).

VOIX-OFF : Vous voyez que vous pouvez être perspicace…

Joe : Whaouw !

Joe Lancaster fait un énorme bond en arrière.

Joe : C’est vous vous le ta-ta bleau qui a-a-vait parlé ? (Voix tremblante).

VOIX-OFF : Oui, c’est moi ! Je suis l’esprit qui hante cette maison…

Joe : Quoi ! La maison est han-han-té ! (Voix tremblante).

VOIX-OFF : Oui, mais je suis une amie ! Je ne protège pas cette demeure...

Joe : Pourquoi ?

VOIX-OFF : Cette vieille maison est revenue à mon gendre…

Joe : Vous étiez sa belle-mère ! C’est mon jour de chance…

VOIX-OFF : Non seulement, il a épousé ma fille, mais en plus, je lui avais vendu cette maison en viager. Je ne vous raconte pas la fiesta qu’il a fait le jour de mon décès… Il a dansé toute la nuit et il a bu davantage de champagne qu’un supporter de foot le soir d’une finale victorieuse…

Joe : Ah, le petit salopard ! Je vais vous venger…

VOIX-OFF : Vous voulez faire exploser le coffre-fort ?

Joe : Oui, cela va lui apprendre à vous manquer de respect…

VOIX-OFF : Ecoutez ! Je vais vous dire un secret… Vous voyez le vase bleu posé sur la commode ?

Joe : Bah, ouais !

VOIX-OFF : Il y a une surprise à l’intérieur…

Joe : Ah, bon ! Je vais aller voir…

Joe Lancaster s’approche du vase bleu, il met sa main à l’intérieur et il en ressort une clé.

Joe : Merci, madame !

VOIX-OFF : De rien. C’est tout naturel…

On revoit Freddy le Baroudeur qui revient sur la scène théâtrale avec de la dynamite plein les bras.

Freddy : Je vais faire exploser le coffre !

Joe : Non, Freddy ! J’ai quelque chose à te dire…

Freddy : Tu te dégonfles, Joe ? Pas moi ! Laisse faire le spécialiste…

Joe : Ecoutes-moi, Freddy !

Freddy : Toi ! Fermes-là…

Freddy le Baroudeur pose la dynamite à côté du coffre-fort.

Freddy : Caches-toi derrière le canapé ! Je te rejoins…

Joe : Bon, très bien ! J’y vais…

Freddy : Je l’allume ! Je te préviens, ça va exploser…

Freddy le Baroudeur sort un briquet de sa poche et il allume la mèche. On entend ensuite une énorme explosion, donc Freddy devient tout noir.

Joe : Mais ! C’est Freddy… l’Africain ! Tu es plus noir en quelques secondes que ceux qui bronzent tout l’été sur les plages… Tu leur donneras ta recette ?

Freddy : Ah, ah ! (Rire vexé). Très drôle… J’ai coupé une mèche trop petite !

Joe Lancaster s’approche du coffre-fort.

Joe : Je vais te montrer quelque chose…

Joe Lancaster sort la clé de sa poche et il ouvre le coffre.

Joe : On dira ce qu’on voudra, mais c’est quand même plus facile avec une clé…

Freddy : Ce n’est pas moi qui vais te contredire…Tu aurais pu me dire que tu possédais la clé, petit salopard !

Joe : J’ai essayé, mais tu n’as pas voulu m’écouter…

Freddy : Autant pour moi !

Joe : Tu devrais prendre une douche. Ça ne te ferait pas de mal…

Freddy : T’as raison ! J’en ai d’autant plus besoin que je n’ai jamais pu saquer les négros…

On aperçoit Freddy le Baroudeur qui avance et il sort du décor théâtral.

Joe : Tiens ! Il y a de la lecture…

Joe Lancaster se lève et il regarde les livres dans la bibliothèque les uns après les autres.

Joe : Aucun de ces bouquins ne m’intéressent. Ils sont trop intellos ! Les seuls que j’aime, ce sont les livres pornos. Comme je ne sais pas lire, j’aime bien regarder les images… Ce sont les seuls qui sont fait pour mon Q… I ! Hi, hi, hi ! Elle est bonne, celle-là ! Je vais plutôt faire une petite sieste…

Joe Lancaster avance dans le salon et il s’assoit ensuite dans un fauteuil.

Joe : Comme je suis crevé, je vais me reposer un peu.

Joe Lancaster ferme les yeux et on entend ensuite des ronflements.

Joe : Adrianna ! Vous êtes belle ! Mais belle ! Et sexy, en plus de ça…

Joe Lancaster se tait quelques instants.

Joe : Oh, oui ! Adrianna ! Je vous désire…

Joe Lancaster se tait de nouveau et il se met à bailler.

Joe : J’ai du m’endormir ! C’est dommage que ce ne soit qu’un rêve… Cette blondinette sexy et canon était beaucoup mieux que ma femme...

Joe Lancaster baille de nouveau.

Joe : Freddy ! Tu sais de quoi j’ai rêvé ?

Freddy le Baroudeur revient sur la scène théâtrale, il ne porte qu’un slip et il tient une serviette dans les mains.

Freddy : Non. Vas-y ! Raconte…

Joe : Ce n’est rien ! J’ai fais un rêve, mais je peux t’assurer qu’il n’était pas prémonitoire…

Freddy : Pourquoi tu dis ça ?

Joe : Ne t’occupes pas ! Je disais ça comme ça. Histoire de faire causette…

Freddy : La prochaine fois que tu me déranges pour rien, je vais jouer les Thénardier… C’est compris ?

Joe : Oui, j’ai capté le message…

Freddy : Je l’espère pour toi… Je vais me rhabiller.

Joe : Bonne idée…

Freddy le Baroudeur s’en va du décor théâtral. Ensuite, Joe Lancaster s’approche du tableau.

Joe : Cela ne vous ennuie pas, si nous passons la nuit ici ?

VOIX-OFF : Bien sûr que non. J’aime bien avoir de la compagnie…

Joe : Tant mieux ! Demain, on doit attaquer le Crédit du Sud, alors on aura besoin de dormir…

VOIX-OFF : Vous avez raison ! Il faudra être en forme pour demain…

Joe : Vous pouvez nous faire confiance…

Freddy le Baroudeur revient sur la scène théâtrale en étant habillé et il surprend son associé en train de parler au tableau.

Freddy : Tu parles au tableau, toi maintenant ? La bière, ça ne te réussit pas…

Joe : Moques-toi ! Tu vas être surpris…

Freddy : Je me demande par quoi ?

Joe : Madame. Vous pouvez dire quelques mots à Freddy ? Sinon, il va me prendre pour un fou…

Freddy : Ah, ah, ah ! Le tableau est moins bavard que toi…

Joe : Ouais, c’est incroyable !

Freddy : Ce n’est pas surprenant qu’un tableau soit muet. Ce qui est incroyable, c’est d’entendre les délires d’un pochetron…

Joe : Mais, je t’assure ! Tout à l’heure, le tableau parlait…

Freddy : Jeanne d’Arc disait la même chose avant d’être brûlée. J’espère que tu n’es pas superstitieux…

Joe : Pourquoi tu dis ça ?

Freddy : Parce que je suis fatigué d’entendre tes délires. Tu pourrais connaître la même chose…

Joe : Bon, très bien ! Excuses-moi…

Freddy : Ça va pour cette fois, mais que je ne t’y reprennes pas…

Joe : Promis…

Freddy : J’espère que tu seras en meilleure forme demain pour l’attaque de la Société du Sud…

Joe : T’inquiètes pas…

Freddy : Si ! Je m’inquiète, figures-toi ! On va dormir ici, cela te donnera le temps de dessaouler…

Joe : Ça m’arrange ! Je commence à être crevé.

Freddy : C’est sûrement à cause de l’alcool…

On entend l’horloge qui se met à sonner les douze coups de minuit.

Freddy : Il est déjà minuit ! On a intérêt à aller se coucher, si on veut être en forme pour demain…

Joe : T’as raison ! Mais il y a un problème, on n’a qu’un seul lit…

Freddy : Ce n’est pas un problème. Tu coucheras par terre…

Joe : C’est toujours le même…

Freddy : Arrêtes de ronchonner ! Le tapis m’a l’air bien épais et vraiment douillet. Veinard…

Joe : Heureusement qu’il y a un tapis…

Freddy : Ouais, sinon tu dormirais sur le contreplaqué…

Joe : J’ai de la chance dans mon malheur…

Freddy : Ce lit me paraît bien moelleux…

Freddy le Baroudeur s’allonge sur le lit.

Freddy : Je crois que je vais bien dormir ici…

Joe : Toi, sûrement… J’éteins la lumière. Bonne nuit, Freddy !

Freddy : A toi aussi, Joe !

Joe Lancaster éteint la lumière et il s’allonge ensuite sur le tapis.

Freddy : Grooon ! Grooon ! (Il ronfle).

VOIX-OFF : Hou-ou-hou !

Joe : Freddy ! Freddy !

VOIX-OFF : Hou-ou-hou !

Joe : Freddy ! J’ai peur ! (Il hurle).

Freddy : Qu’est-ce qu’il te prend à hurler comme un malade ?

Joe Lancaster se lève et il allume la lumière.

Joe : J’ai peur, Freddy ! J’entends des fantômes…

Freddy : Je t’assure que la maison n’est pas hantée. Enfin, pas encore…

Joe : Comment ça ? Pas encore ?

Freddy : Elle le sera quand je t’aurais flingué. Un conseil : dort !

Joe : Non, Freddy ! Je t’assure que je ne plaisante pas…

Freddy : Moi, non plus ! Alors, fait gaffe à toi…

Joe : Ouais, c’est compris…

Freddy : Tu me promets de ne plus me réveiller ?

Joe : Je vais essayer…

Freddy : Je l’espère pour toi ! Sinon,  je vais t’endormir à coups de revolver dans la tête…

Joe : Alors !!! C’est promis…

Freddy : Maintenant, on dort…

Joe : Bonne nuit, Freddy !

Freddy : C’est ça. Bonne nuit…

Joe Lancaster est à proximité de l’interrupteur et il éteint la lumière, donc les gangsters se retrouvent dans le noir. Quand tout-à-coup, on entend des coups de feu, on aperçoit Joe qui est debout près de l’interrupteur et la lumière s’allume.

Joe : Tires-pas, Freddy ! Je n’ai pas fait de bruit…

Freddy : Ce n’est pas toi que je visais ! J’ai vu une ombre blanche…

Joe : Quoi ! Un fantôme ?

Freddy : Ouais, un fantôme !

Joe : Tu crois que tu l’as tué ?

Freddy : Ouais, il a dû mourir une nouvelle fois…

Joe : Mourir deux fois ! Y’en a qu’on pas de chance…

Freddy : Il a intérêt à se tenir tranquille, sinon il va crever une troisième fois…

Joe : S’il peut mourir trois fois, cela veut dire qu’il ne peut pas mourir du tout…

Freddy : T’as raison ! Je peux te dire quelque chose, mais tu me promets de ne le répéter à personne ? C’est une question d’honneur…

Joe : Si tu veux ?

Freddy le Baroudeur se lève de son lit, il s’approche de Joe et une fois qu’il est arrivé à proximité de son associé, il met sa bouche près de son oreille.

Freddy : J’ai peeeeeur ! (Il hurle dans l’oreille de Joe).

Joe : Aïïïïïïïe ! En hurlant aussi fort, je suis sûr que tout le monde t’a entendu dans un rayon de cinq kilomètres…

Freddy : Excuses-moi, Joe !

Joe : Si ton secret est connu, tu ne pourras pas m’accuser d’avoir parlé…

Freddy : On risque d’avoir du mal à nous endormir…

Joe : Ouais, la nuit risque d’être longue…

Freddy : Surtout pour un peureux comme toi…

Joe : Tu peux parler, toi…

On entend un bruit dans la cheminée.

Joe : C’est quoi, ça ?

Freddy : On dirait que ça vient de la cheminée !

On aperçoit une paire de jambes rouges, ainsi que des bottes.

Freddy : Mais ! C’est le Père Noël !

Joe : Tu crois ?

On aperçoit le personnage tombé et on remarque que l’homme porte une tête de squelette.

Joe : Mais ! Il est mort !

Freddy : Je comprends maintenant pourquoi il ne passe plus depuis de longues années…

Le squelette : Grrrrrrr !

Joe : J’ai peeeeeeur !!!

On aperçoit un fantôme qui porte un drap blanc sortir du placard.

Joe : Quoooooi !!!

Freddy : Au secooooours !!!

On voit une voiture télécommandée se mettre à rouler toute seule, mais Freddy le Baroudeur l’attrape.

Joe : Qu’est-ce que tu fais ?

Freddy : J’enlève les piles.

Freddy le Baroudeur enlève les piles de la voiture télécommandée.

Freddy : Comme ça, elle ne pourra plus rouler…

Freddy le Baroudeur repose la voiture par terre, mais elle se remet à avancer toute seule.

Joe : Elle est peut-être branchée à une prise de courant ?

Freddy : Mais non, idiot ! Cette bagnole est possédée par le Diable…

Joe : Quelle horreur !!!

On aperçoit le porte-manteau avancer vers les voleurs et le chapeau se met à bouger.

Le chapeau : Ah, ah, ah ! (Rire diabolique).

Joe : Aaaaaaaaah !

Freddy : Aaaaaaaaah !

Joe Lancaster se retourne et il se regarde dans un miroir.

Joe : Encore un monstre ! On est attaqué de partout ! (Il montre du doigt le miroir).

Freddy : Ah, ah, ah !

Joe : Qu’est-ce qui te fait marrer ?

Freddy : Je plains ta femme…

Joe : Pourquoi ?

Freddy : Parce que tu as une sale gueule…

Joe : Ah ! Je ne m’étais pas reconnu…

Freddy : Je m’en doute…

On aperçoit pénétrer sur la scène théâtrale une énorme araignée qui mesure plus d’un mètre.

Joe : Haaaaaa ! Regarde ! C’est horrible ! (Il montre du doigt l’araignée).

Freddy : Pour qu’une araignée soit aussi grosse, c’est qu’elle est possédée par Satan…

Freddy le Baroudeur avance jusqu’à son blouson, il prend son portable et il commence à composer un numéro.

Joe : Qu’est-ce que tu fais ?

Freddy : Laisse-moi faire… Allo ! Allo ! Police secours ! Vous pouvez venir d’urgence au 13 rue du Maréchal Ferrand ? Nous sommes deux voleurs dans une maison hantée et on voudrait que vous nous sortiez de là…

Un blanc.

Freddy : Bien sûr. On préfère aller en prison ! Grouillez-vous, bande de faignants ! Vous devriez déjà être partis…

Un blanc.

Freddy : Mais, non ! Ce n’est pas une plaisanterie ! Ah, tout de suite ! Je compte sur vous…

Freddy le Baroudeur coupe son portable et il le range dans la poche de son blouson.

Joe : On va aller en prison…

Freddy : Ouais, mais ça vaut mieux que de crever ici…

On aperçoit les fantômes qui disparaissent de la scène théâtrale les uns après les autres. Quand tout-à-coup, on voit la porte s’ouvrir, on remarque la présence de deux policiers qui avancent vers les voleurs.

Joe : Voilà, nos sauveurs !

Freddy : Merci d’avoir fait aussi vite ! Il faut que je vous embrasse…

Freddy le Baroudeur se jette au coup du policier Bressac et il l’embrasse avec virulence.

Le policier Ménérol : Ça suffit maintenant !

Joe : Ne soyez pas jaloux…

Joe Lancaster se jette au coup du policier Ménérol et il l’embrasse également avec passion.

Le policier Bressac : Bon ça va ! Ça va ! Quel accueil !

Le policier Ménérol : On a jamais été aussi bien accueilli par des voleurs !

Les deux voleurs arrêtent de les embrasser, ensuite les policiers leurs mettent les menottes aux poignets.

Le policier Ménérol : Quand on va raconter ça aux collègues, ils ne voudront jamais nous croire…

Le policier Bressac : Ils risquent de nous faire passer l’alcootest…

Le policier Ménérol : Maintenant, on les emmène au gnouf …

Le policier Bressac : Toi, tu me suis…

Le policier Ménérol : Et toi, tu vas lui tenir compagnie…

Les policiers sortent du décor théâtral avec les deux voleurs qui ont les menottes aux poignets. On aperçoit la scène théâtrale qui est vide, ensuite les fantômes réapparaissent les uns après les autres.

Les fantômes : Nous sommes les fantômes de garde… Attention ! Fantômes méchants !!! Ah, ah, ah ! (Rires diaboliques).

Fin



The end



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