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Les bienfaits du dieu Heimdall


Dans les anciens contes, il est dit comment le dieu Heimdall partit un jour sur les chemins du vaste monde. Au bord de la mer il arriva à une maisonnette. La porte était entrouverte ; il pénétra à l'intérieur et vit un couple assis auprès du feu. L'homme s'appelait Arrière-Grand-Père et la femme Arrière-Grand-Mère. Ils avaient les cheveux gris et portaient de vieilles tuniques à capuchon. Leur demeure était très nue et pauvrement meublée, mais ils saluèrent cordialement le visiteur et le prièrent de s'asseoir près de la cheminée.
Il s'assit donc entre eux, leur raconta qu'il s'appelait Rig, et bavarda avec eux de choses et d'autres. Au bout d'un moment, la femme apporta un pain grossier, du veau bouilli, des noix, et ils mangèrent ensemble. Puis ils s'allongèrent pour dormir, Rig partageant le lit avec l'homme et sa femme. Il demeura trois jours avec eux et poursuivit ensuite son chemin.
Le temps passa et Arrière-Grand-Mère attendit un enfant. Ce fut un garçon et ils le nommèrent Thrall. Il avait les cheveux noirs et ne payait pas de mine. En grandissant, il devint très fort et très habile à lier et transporter les fagots et d'autres lourds fardeaux, mais il avait la peau toute ridée, de grands pieds et un visage fort laid.

Heimdall - Rig - continua son voyage sur les chemins du vaste monde et arriva à une maison grande, bien bâtie et entourée d'une palissade. Le maître de maison s'appelait Grand-Père et sa femme s'appelait Grand-Mère. L'homme portait une chemise bien taillée, sa barbe était soignée et ses cheveux coupés en frange sur le front. La femme portait un chaperon de lin et une blouse ; avec un fichu autour du cou et une agrafe à chaque épaule. Grand-Père était assis, en train de tailler une pièce de métier à tisser et, sur le plancher, à côté de lui, se trouvait un coffre sculpté. Grand-Mère, les bras étendus, était en train de filer du lin.
Ils souhaitèrent la bienvenue à Rig et le prièrent de rester un moment. Il s'assit à côté d'eux et leur parla de choses et d'autres. Puis Grand-Père mit des aliments devant eux et ils mangèrent bien, tout en buvant de la bière. Ensuite ils sortirent de table et allèrent au lit. Rig demeura trois jours avec eux puis poursuivit sa route.
Le temps passa et Grand-Mère attendit un enfant. Ce fut un garçon. Ils l'aspergèrent d'eau et l'appelèrent Carl. Il devint grand et robuste et apprit à conduire un attelage de bœufs, à construire une grange, à faire une charrette et à diriger une charrue.

Rig continua de voyager sur les chemins du vaste monde et arriva devant un palais. Ses portes fermées donnaient au sud ; il y avait une clochette au-dessus de l'entrée. Rig pénétra à l'intérieur et trouva le plancher jonché de paille. Sur des pièges, étaient installés le maître et la maîtresse de maison, qui se tenaient les mains et se regardaient les yeux dans les yeux. Leurs noms étaient Père et Mère. Père était habillé de beaux vêtements teints de vives couleurs. Il reprit l'ouvrage qui se trouvait devant lui et s'affaira à tordre une corde d'arc, à l'adapter sur une arbalète et à tailler des flèches bien pointues. Mère, pendant ce temps, cousait, pliait un drap, empesait des manches. Elle portait une résille et une chemise bleue avec une broche sur la poitrine. Ses cheveux et ses sourcils étaient blonds, sa peau très claire. Ils invitèrent Rig à s'asseoir entre eux et il se mit à les entretenir de choses et d'autres. Puis Mère appela une servante et fit servir à dîner. A côté d'assiettes de fer, furent posés des couteaux incrustés d'argent ; ils eurent du jambon et des oiseaux rôtis. Il y avait aussi un flacon plein de vin et des gobelets pour boire. Ils mangèrent, burent et bavardèrent et la soirée se passa ainsi, jusqu'à ce qu'il fût temps d'aller se coucher. Rig demeura trois jours et trois nuits avec eux puis poursuivit sa route.
Le temps passa et Mère attendit un enfant. Ce fut un garçon. Ils l'enveloppèrent dans de la soie, l'aspergèrent d'eau et le nommèrent Comte. Ses cheveux étaient blonds, ses joues roses et ses yeux brillants et perçants comme ceux d'un jeune serpent. Comte grandit. Il apprit à lancer le javelot, tendre l'arc, à façonner les flèches et à tirer droit au but. Il apprit aussi à s'occuper d'un cheval, à mener les chiens sur une piste, à manier l'épée et à nager.

Un jour qu'il se trouvait dans les bois, Rig se dirigea vers lui et lui enseigna la science des runes ou signes magiques, l'appela son fils et lui demanda d'aller prendre possession de vastes domaines.

Alors Comte partit à cheval
à travers les sombres forêts
et les froides vallées.
Il arriva à un palais.
Il brandit son javelot,
éperonna son coursier,
tira sa bonne épée
et affronta le combat.
Il inonda de sang la campagne
et massacra ses ennemis,
gagnant des terres par la force.
Dix-huit fermes en tout
il parvint à conquérir.
Avec ses hommes,
il partagea ses richesses ;
leur donna des trésors
et de beaux coursiers rapides ;
et répandit sur eux ses bienfaits.


Comte et ses hommes chevauchèrent fièrement par monts et par vaux, par plaines et marais, jusqu'au jour où ils arrivèrent à un palais, demeure d'un homme appelé Chef. Il avait une fille aux doigts déliés, à la peau blanche, à l'esprit avisé. Comte la demanda en mariage et la ramena chez lui ; il l'épousa et l'aima tendrement. Ils vécurent ensemble très heureux et eurent beaucoup d'enfants. Leur plus jeune fils fut appelé Roi.

Les enfants de Comte grandirent et apprirent à dresser les chevaux, à forger des boucliers, fabriquer des armes et manier des javelots. Mais Roi, lui, apprit les runes ; les runes éternelles et les runes de tous les jours. Il pouvait sauver les hommes, émousser les armes et apaiser la mer. Il connaissait le chant des oiseaux et savait éteindre les incendies, calmer les esprits et adoucir les chagrins. Et il avait la force et l'endurance de huit hommes.
C'est ainsi que Heimdall voyageait sur les chemins du vaste monde et récompensait ceux qui le recevaient, donnant à chacun le fils qui lui convenait.



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